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Fringe - Critique de l'épisode 12 de la saison 3

Concentrate and Ask Again: Pacey et le Cas de l’Homme Méduse

Par Conundrum, le 5 février 2011
Publié le
5 février 2011
Saison 3
Episode 12
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Alors que les Bishop avaient pris les devants de la scène, Olivia semblait être un peu reléguée au second plan. Cette semaine, l’équilibre de la série est restauré grâce à épisode qui donne la part belle à Miss Dunham. Malheureusement, il n’est pas aussi réussi qu’on pouvait l’espérer. Mais il aura quand même le mérite de nous montrer qu’Anna Torv devrait s’habiller en fille un peu plus souvent.

What the Fringe ?

Lors d’une fête d’anniversaire, un scientifique reçoit une petite poupée de la part d’une certaine Madison en guise de cadeau. Lorsqu’il tire la ficelle qui se trouve au dos de la poupée, elle se met à rire et envoie une petite poudre bleue. Instantanément, les os de l’homme se brise à un à un.

What the Fringe ?!?
Mais aussi, Joyeux Anniversaire !!!

Sur le forum, Rorschach se plaignait de ma petite lubie d’avoir un What the Fringe ?!? réussi. Pour moi, un What The Fringe ?!? ne doit pas avoir d’acteurs réguliers et doit mettre en avant un évènement bien gore qui sera le thème de l’enquête de la semaine. C’est une marque de fabrique de la série. Si l’ouverture ne répond pas à ses deux règles, c’est comme si un épisode de Law & Order commençait par Briscoe qui lit son journal ou Rubirosa à la gym : faut que je demande confirmation à mon imam lors de la prière du vendredi, mais je suis quasiment persuadé que ce n’est pas hallal.

Dites moi que c’est Ed et pas le gars de la saison 2 ! Dites moi que c’est Ed et pas le gars de la saison 2 !

C’est bien dommage que Concentrate and Ask Again soit si bancal parce que, mis en parallèle avec Reciprocity, l’épisode n’est pas dénué d’intérêt. Il n’en reste pas moins un peu faible.

En effet, l’intrigue de la semaine n’est qu’un prétexte pour mettre en avant un homme, prénommé Simon, sur lequel Walter et William ont expérimenté dans son enfance. Comme Olivia, capable de voyager entre les mondes, Simon a une abilité hors du commun : celle de lire dans les esprits. Incapable de contrôler son don, il s’est isolé du monde. En revanche, Simon est incapable de lire Olivia. Walter l’explique par le fait qu’Olivia était aussi un sujet traité au Cortexiphan et qu’elle est immunisée contre les pouvoirs de Simon.

L’intrigue de la semaine n’est pas très intéressante. En revanche, contrairement aux épisodes faibles des saisons passées, Fringe a maintenant le luxe de pouvoir se reposer sur la mythologie et surtout sur la psychologie des personnages quand l’enquête de la semaine laisse à désirer. En effet, l’attrait de l’épisode vient de la crainte d’Olivia que Peter soit tombé amoureux de l’autre Olivia. En premier lieu, il est plutôt bien trouvé qu’Olivia se confie à Nina. Un peu comme la scène entre Broyles et Astrid la semaine dernière, il est agréable de voir deux acteurs qu’on voit rarement ensemble partager une scène. De plus, on revient à une dimension un peu oubliée entre les deux femmes lors de la première saison. Et c’est bien vu, car c’était probablement l’un des rares bons éléments de la saison 1. Mais surtout, cela permet de revenir sur un élément mis de côté depuis le retour d’Olivia au profit de sa relation avec Peter : PasOlivia a-t-elle mieux réussi sa vie qu’Olivia ?

Et a-t-elle mieux réussi sa vie que Sydney Bristow ?

La vie d’Olivia n’est pas si différente de celle de Simon. C’est une femme qui ne s’ouvre que très peu au monde. Il a fallu un évènement traumatisant, son kidnapping par Walternate et le vol de sa vie, pour la voir montrer ce qu’elle ressent. En revanche, PasOlivia a des amis, des collègues avec qui elle est proche, un copain, une mère et un sourire. Olivia, pour avoir vécu la vie de son alter ego, voit ce qu’elle n’est pas pu ou su avoir dans sa propre vie. Toutes ces choses qui permettent à PasOlivia d’être plus enjouée que notre Olivia. Pire encore, elle comprendrait que Peter soit tombé amoureux d’elle. Malgré ce que dit Peter, Simon, notre télépathe, confirme la crainte d’Olivia.
Et c’est plutôt mal barré car Sam, le gérant de bowling/mentor d’Olivia en saison 2, explique à Nina que la Machine Qui n’Est Activée Que Par Peter détruira un des deux mondes et que Peter devra choisir lequel.

Et je dois avouer adorer cette révélation.

D’un côté, elle me fait craindre que l’allusion de l’Observateur sur la difficulté d’être père, fût un indice sur la possibilité que Peter ait mis l’autre Olivia enceinte. Si c’est le cas, cela ajoute une dimension un peu superficielle sur le choix de Peter. En effet, Peter est tombé amoureux d’Olivia mais il a construit quelque chose avec PasOlivia. Certes, elle s’est jouée de lui, mais pas par méchanceté, elle était motivée par le désir de sauver son monde et par les mensonges de Walternate. Même notre Olivia peut comprendre les motivations de son alter ego. Et malgré tout, Peter et PasOlivia paraissaient heureux, il est normal que cette partie de sa vie, même si c’était en partie un mensonge, lui manque.

Mettre Peter, l’homme né dans un monde, élevé dans un autre, au centre de ce choix est aussi une excellente idée. Il y a une bonté chez Peter qui côtoie une noirceur chez lui. Il y a une frustration grandissante chez l’homme qui me fait croire que s’il doit vraiment choisir entre deux mondes, comme Nina, je pense qu’il sauvera son monde d’adoption, comme Sam, je n’en suis pas persuadé.

Mais bon, je ne suis pas assez naïf pour penser que les scénaristes de Fringe iront jusque là.

Conundrum
P.S. Et pendant ce temps, Astrid ne met pas de robe de soirée, ne met pas de rouge à lèvres, ne va pas dans des soirées mondaines et ne se prend pas pour Sydney Bristow.