N°47: Semaine du 19 au 25 novembre 2007
25 novembre 2007
Episode Semaine
Après la chute, ou en plein dedans ?
Le comics Angel, par Blackie
Nous allons peut-être bientôt manquer de séries sur le petit écran, mais certaines connaissent déjà une seconde vie sur papier. Cette semaine, c’est au tour d’Angel de continuer ses aventures au crayon et à grosses bulles, suivant directement les traces de Buffy. Le résultat étant absolument différent, qu’il vous rende aussi satisfait que Ju (qui ne manquera pas de me dire à quel point j’ai tort dans tout ce qui suit parce que ma décoloration m’atteint le cerveau), ou vous fasse émettre de légères grimaces parce que quand même, c’est pas le top.
La saison 5 d’AtS, contrairement à la 7 de BtVS (oui c’est mieux les raccourcis), s’était terminée sur une fin bien plus ouverte et emplie de tension. Il serait donc plus logique d’attendre sa suite avec impatience, mais je me sentais étrangement plus en paix avec celle-ci, qui sentait la fin définitive pour sa poignée de personnages restants, qu’avec celle bourrée de promesses pour Buffy. Malgré cela, l’intérêt était présent.
Sauf que cette réintroduction dans l’univers n’a pas la bonne idée d’être menée par le créateur lui-même, qui ne fait que la superviser. Ce n’est pas non plus le travail d’un ancien scénariste de la série, ni même de son fils caché Brian K. Vaughn, et rien que cela évite de créer une familiarité nécessaire pour cette reprise. L’auteur, à qui je reproche trop de dialogues internes inintéressants et souvent mauvais, est Brian Lynch, le responsable de Spike : Shadow Puppet (que je n’ai pas lu, mais qui doit forcément être raté puisque centré sur Spike !). Et puisqu’il ne faut pas changer une équipe qui gagne, son collaborateur Franco Urru le rejoint afin de mettre son script en images.
Des dessins qui me posent également problème, non seulement pour une question de goût personnel (le style de Jeanty m’attire davantage), mais parce que chaque page est un chaos total. Certes, cette sensation traduit bien ce qu’est devenu Los Angeles et la confusion régnant chez les trois seuls personnages apparaissant, mais le manque de clarté rend le tout très difficile à suivre. Les visages des anciens interprètes ne sont eux-mêmes pas très ressemblants et, incrustés dans ces cases incompréhensibles, ne permettent pas d’apporter l’impact nécessaire à la révélation finale. Surtout si, comme moi, il vous a fallu quelques bonnes secondes à vous demander de qui il s’agissait.
Souffrir d’une anticipation agrandie par le succès de la saison 8 de BtVS, qui a largement eu le temps de faire ses preuves depuis des mois, a forcément eu du poids sur ma légère déception. J’espère être rassurée assez vite et ne pas voir disparaitre mes souvenirs admiratifs apportés par la saison 5 d’Angel, car il doit bien y avoir une raison valable pour que Lynch ait reçu l’aval de Joss.
Il n’y a pas que Survivor dans la vie
Conundrum n’est ni une femme, ni gay, et pourtant, il a une bonne raison de regarder Project Runway
J’aime Heidi Klum.
Et pas uniquement pour des raisons évidentes. J’aime son accent, j’aime sa froideur, j’aime son sourire, j’aime quand elle "auf’" ses candidats sans fausse tristesse et à chaque fois que je l’entends dire (ou hurler) "THIS IS PROJECT RUNWAY", ça me fait plein de petits guili guilis en bas du ventre.
Project Runway n’a pas déclenché une passion soudaine pour la mode en moi. Mais tout comme il ne faut pas nécessairement aimer le camping pour suivre Survivor, Project Runway est l’émission de télé réalité que j’attends le plus.

L’émission a tout les avantages d’une émission de télé réalité de compétition, mais remplace les machinations et la stratégie, par de la créativité. Dans Project Runway, il n’y a pas de sabotages possibles, le seul moyen d’assurer sa place en finale est d’être le plus créatif possible. Et cette créativité est cultivée par le meilleur atout de l’émission (après Heidi ) : Tim Gunn. Le mentor sérieux et impliqué qui donne des conseils sincères. Il n’est pas là pour enfoncer les candidats ou rire d’eux, il est juste là pour les aider. Les candidats sont libres de l’écouter ou pas.
La réussite de Project Runway est dans la motivation des candidats. Ici, il n’y a pas d’appât du gain, personne n’est là pour gagner le million de dollars "qui me permettra d’acheter une maison à ma mère et de donner un toit à ma fille". En gagnant (ou en participant) à Project Runway, les candidats espèrent faire de leur passion un métier qui leur donnera les moyens d’en vivre.
Project Runway est de la télé réalité intelligente qui arrive, avec la grève des scénaristes, au bon moment.
Little boxes on fire
Tigrou défend Weeds de l’autre côté de l’Atlantique
Ju n’a pas aimé le season finale de Weeds. Toujours aussi acide et redoutable dans ses critiques, il a décrété « C’était nul, comme la saison 3 ».
Eh bien non !
Ce season finale est certes moins explosif et maîtrisé que celui de la seconde saison… Mais il est loin d’être raté pour autant.
La saison 3 aura été plus fouillie que la précédente. En ce sens là, elle m’a rappelé le coté un peu bordelique et brouillon des intrigues de la première saison : Certains personnages n’auront pas été exploité (Andy notamment), certaines intrigues n’auront en apparence pas mené à grand chose (Valery par exemple, mais j’ai beaucoup aimé cette intrigue à vrai dire)…
Et pourtant j’ai passé un excellent moment devant cette saison. Pourquoi ? Parce que même si certaines intrigues étaient mal maîtrisées, la série aura réussi à m’émouvoir et à me faire éclater de rire à chaque épisode cette année…
Je l’ai dit, redit, et reredit, mais Mary Louise Parker est probablement la meilleure actrice de tous les temps. Le nombre d’émotions qu’elle arrive a exprimer simultanément à l’écran m’impressionne chaque semaine un peu plus et, si Weeds est l’une des seules séries qui peut me donner envie de pleurer dans une scène et me faire éclater de rire dix secondes plus tard, elle y est probablement pour beaucoup.
Dans ce dernier épisode, elle est tout simplement grandiose : Ce finale aura été moins mouvementé que le précédent, et le cliffhanger pourrait faire pale figure par rapport à celui de l’an dernier… Et pourtant, la scène où Nancy incendie sa propre maison, celle qu’elle se bat à tous prix pour garder depuis trois ans, restera pour moi l’une des images les plus violentes et marquantes de cette année télévisuelle…
Comme toujours, la série est un peu brouillonne dans sa critique (quoi que, après la scène où Nancy n’arrive pas à reconnaître sa propre maison du haut de la colline, on comprend quand même assez bien), et pourtant, comme toujours, Mary Louise Parker joue la scène avec suffisamment d’ambiguïté pour que le message passe sans être lourd.
Une belle conclusion, pour une chouette saison.
Ah, et “I forgot… that we… buried him…” : Funniest line of the season !
Nouvelles d’une série coincée entre le Nul et le Génial
Blackie doit être la seule personne au monde (ou au moins à pErDUSA) à regarder Bones
Pour rester dans ma thématique David Boreanaz, Bones a largement entamé sa troisième saison sans éveiller le moindre soupçon d’intérêt parmi le reste de cette rédac. J’avoue toujours prendre un grand plaisir devant les enquêtes menées avec sarcasme au Jeffersonian, malgré leur résolution en général évidente au bout de dix minutes, qui en font ma seule série policière régulière. Malgré cela et quelques changements appréciables, ce début de saison n’est pas une réussite totale.
Le premier mauvais point est le départ de Zach, qui bouleversa quelque peu tout ce petit monde et nous offrit un remplaçant temporaire…vraiment très temporaire. En un épisode, Zach reprit sa place et une attitude habituelle, malgré ses déclarations de vétéran transformé par la guerre, la tension générale retomba et le nouveau fut viré. A part créer un cliffhanger pour la fin de saison 2, cette intrigue pleine de promesses ne servit malheureusement absolument à rien.
Le soucis d’Angela et Hodgins s’étale beaucoup plus, malheureusement le traitement n’en est pas plus passionnant. Abordé au compte-goutte et sans grande conviction, le mariage qu’Angela voudrait annuler plombe son couple autrefois adorable et risque fort de le ranger dans la catégorie des geignards se plaignant de ne pas pouvoir faire tout ce qu’ils veulent, ces pauvres jeunes beaux multi-millionaires. Qu’on la fasse divorcer au plus vite, sans nous créer de triangle amoureux avec le mari disparu, merci.
La dernière déception réside dans la disparition du psy de Boone, tout bonnement kelleyrisé, un personnage absolument génial interprété par le non moins excellent Stephen Frye. A ce sujet, on n’y perd heureusement pas complètement. Son remplacement Sweets, en plus d’avoir l’intelligence d’être joué par un ex de Freaks and Geeks, est un post-ado excité à l’idée de pouvoir apporter des conseils sur des enquêtes et s’occupe autant de Brennan que de Boone. Le personnage est donc bien différent et plus qu’un simple remplaçant, rappelant parfois la naïveté du Zach de la première saison.
Son travail se trouve par ailleurs mêlé au meilleur apport de cette nouvelle saison : l’affaire des cannibales. Sans être abordée en permanence, cette intrigue servant de fil rouge s’est vue très étoffée cette semaine, dans un épisode assez dense par sa reprise également des soucis familiaux de Brennan. Une belle réussite qui rassure et efface d’un coup les faux pas précédents. Le seul autre changement vraiment bienvenu résidant dans les introductions empruntant parfois celles de Law&Order, qui évitent ainsi l’éternelle arrivée de Brennan et Boone devant le cadavre du jour. Ça, et de voir Emily Deschanel déguisée en Wonder Woman, parce que c’est quand même la classe.