N°79: Semaine du 19 au 26 octobre 2008
26 octobre 2008
Episode Semaine
Parce qu’elle le vaut bien, et que bientôt elle n’en aura plus trop l’occasion, la formidable CCH Pounder est à l’affiche cette semaine.
Claudette et les sept dingues
Tomemoria à la découverte de la Strike Team
Aujourd’hui, je viens de finir de découvrir la première saison de The Shield. Et comme je n’ai rien à dire sur l’actualité télévisée de la semaine, je vais vous faire un minuscule bilan.
A la base, je n’ai pas été très emballé par le pilote. Le personnage de Vic me semblait caricatural et pas vraiment attachant. J’étais surpris qu’on en fasse un véritable monstre dès le premier épisode en le faisant abattre de sang froid un collègue. J’ai trouvé cette entrée en matière maladroite. Je n’ai rien contre les anti-héros, mais le pilote en faisait réellement des tonnes pour aller à l’encontre des codes Walker-Texas-Rangerien. Et à mon sens, ce meurtre sordide commis par Vic reste une erreur, même 13 épisodes plus tard.

Au cours de cette saison, on découvre un Vic de plus en plus humain. On nous offre même la brute épaisse en pleurs dans son appartement dévasté et vide de toute famille. Du chemin est parcouru dans toute cette saison, c’est indéniable. J’ai appris à aimer Vic au cours de tout ces épisodes, je m’y suis attaché.
C’est pour ça que j’ai autant de mal avec cette histoire de meurtre. J’ai l’impression que le Vic que je connais en fin de saison ne pourrait pas refaire ce qu’il a fait dans le pilote. En somme, je trouve que le Vic présenté au début n’est pas le vrai Vic, mais un personnage que les scénaristes ne connaissaient pas encore très bien. Shawn Ryan l’a dépeint comme une ordure au début mais il attendrit Vic au cours de sa série et lui donne une âme. Il lui fait traverser toute sorte d’épreuves (la découverte de l’autisme de son fils, le passage à tabac de la prostitué) qui le transforment. Au final, j’ai été très satisfait du traitement du personnage.
Malgré le charisme de son interprète principal, The Shield ne néglige en rien ses personnages secondaires. Et à chaque fois, la série s’en sort enrichie. L’intrigue du tueur de prostitués a permis à Dutch d’être approfondi sans que le tout fasse forcé. Julien, sans doute un personnage un peu trop manichéen, a permis à la série de traiter de l’homosexualité et de son rapport à la religion avec beaucoup de justesse…
Il n’y a aucun boulet dans The Shield. Même Shane, quoique détestable, apporte quelque chose à l’ensemble, une sorte d’authenticité parfois pas inutile au milieu des intrigues pétaradantes de la série.
Mon seul regret est de ne pas avoir passé plus de temps avec Claudette. Le personnage n’est que survolé dans cette première saison et on ne la voit que mener des enquêtes sans apprendre grand chose de sa vie. Pourtant, c’est le personnage le plus stable de la série et l’un des plus attachants. Vivement qu’elle soit développée.
Esthétiquement, la série est superbe. Ces décors réalistes, sa caméra au poing nerveuse, sa lumière qu’on jurerait naturelle… Tout est parfaitement réglé pour nous immerger dans un univers violent et impitoyable. Par contre, en ce qui concerne sa bande son, si elle reflète bien l’ambiance de Farmington, elle n’a eu d’autres effets que de me casser les oreilles.
Pour finir, je trouve que The Shield témoigne justement du problème de la vente d’armes libre au USA. La série regorge de scène où le premier réflexe des policiers est de dégainer leurs flingues et de tirer un peu dans tous les sens pour s’assurer qu’ils sont en sécurité. Ceux qui maintiennent l’ordre hurlent sans arrêt, sont sur les nerfs, et à juste titre. Après tout, les suspects sont souvent armés et dangereux.
La série n’a pas encore abordé de front le débat de la vente d’armes. Peut-être n’en a-t-elle pas l’intention. Mais au sortir de cette saison 1 magistrale, la seule conclusion qui m’est venu à l’esprit, c’est que cette série ne serait pas la même si les citoyens américains n’avaient par un amendement à leur constitution qui leur permet de tirer sur tout ce qui bouge.
La morale débile de la semaine
Tigrou n’aime vraiment pas les sales gamines riches
Je ne m’attendais pas à déclencher une telle tempête il y a deux semaines en traitant Privileged de série moralisatrice et coincée : Imaginez un peu, 3 messages au moins sur le forum ! Et sans avoir insulté BSG une seule fois en plus ! Un peu étonné par l’ampleur des réactions, et l’indignation des gens qui trouvent Megan « trop adorable même si elle passe son temps à juger les gens et à passer des coups de téléphone persos sur ses heures de travail pendant que sa patronne la regarde d’un air désapprobateur », j’ai décidé de donner une nouvelle chance à la série.
Je passe sur l’épisode assez pathétique du bracelet volé, où l’on apprend que « les vrais amis ne s’empoisonnent pas mutuellement » (Merci Megan), pour m’attarder sur celui de cette semaine qui, selon Ju et les autres amateurs, et un épisode « super sympa ».
J’avoue que j’ai failli me laisser prendre : l’intrigue de la grand-mère était plutôt bien menée, et assez subtile… Et j’aime toujours autant les actrices en plus…
Mais voilà, en parallèle de cette intrigue « pas mal », Megan s’aperçoit que son petit copain Mr Proviseur a couché, autrefois, avec une étudiante. Une étudiante de 19 ans qui n’était pas dans sa classe, mais une étudiante quand même. Megan trouve ça « maaaal » et, au fond, je suis plutôt d’accord avec elle, conservateur que je suis. Mais cette erreur de jugement est-elle une raison suffisante pour le quitter, lui qui a été un petit copain si parfait jusque-là et qui la rend heureuse ? Et d’un autre côté, si Megan passe outre les écarts passés de son copain pour ne pas rester célibataire, ne devra-t-elle pas renoncer pendant au moins un épisode à son insupportable supériorité morale ? Bref, cette intrigue me paraissait très intéressante, puisqu’elle confrontait Megan au prix de ses principes moraux (Bah oui, c’est facile d’être toujours super moral quand sa conduite est récompensée à la fin de l’épisode…).
Et juste au moment où je me disais « wow, en fait c’est vachement intelligent Privileged », les scénaristes ont tout gâché en nous révélant que, au moment où Megan prenait la décision de quitter Mr Proviseur pour garder sa morale intacte, celui-ci était justement en train de se taper une petite partie de jambe en l’air avec l’étudiante en question. Résultat : Megan est confortée dans ses préjugés (qui ne lui ont rien coûté du tout puisqu’elle quitte un salaud, et l’ont même empêché de faire une grave erreur) et la morale est sauve (un professeur qui couche avec une étudiante ne peut être qu’un horrible salaud infidèle qui ne mérite pas de seconde chance).
J’y ai presque cru le temps d’un épisode… Dommage !
There is a light that should never go out
Iris a peur
J’ai un léger problème, dernièrement. Outre les enfants enfermés dans ma cave qui semblent ne pas vouloir arrêter de crier.
Dollhouse. Et Joss Whedon.
J’aime énormément Joss -sisi, on s’appelle par nos prénoms. J’adore ses séries, pour ne pas dire que j’y suis totalement accro. Que ce soit un space western, ou une série fantastique, je suis toujours au rendez vous derrière mon écran, et il a comme qui dirait souillé pour toujours ma vision des séries, comme si personne d’autre ne pouvait m’apporter ces relations complexes, ces amours impossibles, ces combats grandioses, cette tristesse et cet humour entremêlés dont j’ai besoin pour complètement adhérer à une série et ne plus en décrocher.
Alors évidemment, il serait logique que je trépigne d’impatience en attendant sa prochaine création, d’autant plus que hey, Eliza Dushku.
Et pourtant, oui, j’attends de revoir du Joss Whedon, mais Dollhouse ne m’impatiente pas vraiment. Le postulat de base ne m’attire pas. J’ai peur de ne pas retrouver la magie que me faisait ressentir Buffy et Angel, de ne pas être emportée dans des contrées lointaines comme c’était le cas lorsque je montais à bord du Serenity.

Ouais, en gros, j’ai peur qu’il se foire dans les grandes largeurs.
S’il te plait, Joss, ne me déçoit pas.
Il n’est jamais trop tard pour se réveiller
Blackie aime les comédies pour vieux
Cette semaine vient de me confirmer ce que je considère comme un gros soulagement : j’ai enfin trouvé une sitcom qui me fasse rire aux éclats. Il est vrai que je ris déjà beaucoup devant certains dramas comme Mad Men (les moments sont rares mais d’autant plus puissants), Supernatural excelle toujours à ce niveau grâce à Jensen Ackles, et dans une moindre mesure il y a le décorticage des conneries d’Heroes façon pErDUSA. Côté sitcoms, ces séries sensées être drôles exprès et tout le temps, je suis un peu à sec.
It’s Always Sunny in Philadelphia est devenue de plus en plus décevante et retrouve rarement le génie qui était le sien, How I Met Your Mother ne me fait sourire que la moitié du temps…dans ses bons épisodes (merci NPH), les nouveautés comme Worst Week et Gary Unmarried ne méritent même pas ces mentions et tout le reste, en fait, je m’en fous. Rien ne m’inspire. Seule My Name is Earl fonctionne encore, mais elle ne me satisfait pas complètement.
C’est dans un de ces moments de ras-le-bol total que je me suis prise à regarder le season premiere des New Adventures of Old Christine, parce qu’il me fallait autre chose que toutes ces séries que je me mets peu à peu à lâcher, et cela me donnerait matière à me plaindre auprès de Jéjé, Tys et Drum sur ses scripts complètement réchauffés de vieille comédie banale où il n’y a aucun beau mec. Ce qui est vrai. Pourtant, je me suis surprise depuis à suivre la série chaque semaine, jusqu’à même rattraper mon "petit" retard depuis le Pilote. Si objectivement je ne lui trouve rien de terrible, elle me fait tout de même mourir de rire. Je n’arrive pas à me rappeler pourquoi j’étais persuadée de ne pas supporter Julia Louis-Dreyfus, que j’aimais pourtant dans Seinfeld et Arrested Development, alors qu’elle est simplement géniale. Parce que son héroïne est chiante et égocentrique, que les autres personnages sont loin d’être parfaits et adorables, qu’on se fout du politiquement correct, que Barb est ma râleuse préférée au monde et surtout parce que j’ai l’impression d’être replongée dans ce que les années 90 faisaient de mieux après le grunge, je fais maintenant partie des amateurs de la Vieille Christine.
Et si je répète ce qui a déjà été dit dans cette chronique, ce n’est pas juste par manque total d’inspiration, mais bien parce que je suis sincèrement contente d’être revenue sur ma décision stupide de ne pas m’intéresser à une série sur laquelle on ne me disait que du bien (oui Ju, sens-toi visé !). La seule excuse que je me suis trouvée est qu’il me fallait bien attendre de redevenir brunette pour mieux m’identifier à cette petite névrosée qui déteste la propreté. Julia tombe vraiment à point en cette période toujours morose où mon planning séries se fait encore bien maigrichon. Je ne le dis plus souvent, donc "Vivement le prochain épisode".
La maison des poupées
Joma n’a pas peur
Ce qu’il y a de bien quand on n’est pas de semaine, c’est qu’on a aucune pression à écrire un truc et que l’on peut réagir à plein de choses.
Voir les péripéties de Dollhouse m’a rappelé le film The TV Set. J’en avais déjà parlé l’an dernier mais en voyant le dernier post de Whedon sur Whedonesque, j’ai eu l’impression de voir David Duchovny affronter Sigourney Weaver et dénaturer complètement l’idée du pilote. Sauf que là, ça me fait moins rire.
Bien sur, ce qui arrive à Dollhouse n’a rien d’extraordinaire. Les dirigeant de la Fox ne ce sont pas réveillés un matin en se disant : Bon quelle futur série va-t-on saboter aujourd’hui ? Le processus de création est forcément compliqué, et les interactions entre le créateur et l’exécutif forcément conflictuels. Mais l’histoire du network n’aide pas à voir ça sous un jour normal.

Pour rester dans l’équipe Whedon (parce qu’on aurait aussi pu choisir Chris Carter en exemple), c’était arrivé au Drive de Minear qui s’est vu largement modifié et on a vu le résultat. En même temps j’aime bien Minear mais c’est pas non plus un script doctor comme peut l’être Whedon.
Ce qu’il y a de bien c’est que l’équipe dirigeante de Fox a changé depuis Firefly ou Drive (voir même Tru Calling puisque Jane Espenson semble être à bord du navire Whedon sur ce nouveau coup... Aie... Fox+Jaaaane+Eliza=Aaaarrgghh ! La série commençait à être pas mal, fallait pas l’annuler !) mais à la fin on se retrouve toujours avec les mêmes problèmes. C’est là qu’on se dit que la politique d’un studio reste la même quels que soient les gens à sa tête.
Peut-être que si Dollhouse était un dessin animé on en serait pas là. Je suis toujours étonné de voir que la chaîne qui a repris la diffusion de Family Guy après l’avoir annulée ne donne pas plus de chance à une série en live. J’ai l’impression (mais je me goure peut-être) que Seth MacFarlane, Mike Judge et Greg Daniels ou Matt Groening (ben quoi Futurama a bien ses films non ?) ont plus de liberté, ou de chance, que les autres showrunners. Enfin, au moins, FOX a filé à Friedman du boulot en plus sur The Sarah Connor Chronicles. La série, sans être géniale, le vaut quand même. Comme quoi tout est possible.
En tout cas, contrairement à Iris, j’ai une totale confiance en Whedon. Il sait s’entourer de gens qu’il connait et qui ont la même idée de la télé que lui. Et, s’ils ont réussi, brièvement, à rendre Firefly intéressante malgré les difficultés, je ne vois pas pourquoi ils n’y arriveraient pas avec Dollhouse... Même aussi brièvement.
Neilocaine for the soul
Iris aime les comédies gnan-gnan
Dès le moment où j’ai commencé à suivre des séries, j’ai eu une relation d’amour/haine avec un instant très précis : le générique de fin.
Non, je ne fais pas allusion aux musiques minables et images ridicules, si ce ne sont pas des fonds noirs, qui défilent après la dernière réplique. Je parle de ce qui suit. De la semaine d’attente entre deux épisodes.
Je dois être un peu masochiste, mais j’adore ce sentiment d’impatience, cette légère souffrance après un bon épisode que provoque la simple idée de devoir attendre sept longues journées pour voir la suite, cette appréhension quant au questionnement qui taraude tout téléspectateur : le prochain sera-t-il aussi bon ?
Seulement, depuis quelques semaines, je l’ai perdu. Les séries cette rentrée ont eu cette merveilleuse tendance à me décevoir encore et encore. Même si elles n’étaient pas mauvaises, elles ne provoquaient aucun trépignement d’impatience en moi comme c’était le cas autrefois. Mes plus sûres alliées m’ont laissée tomber.
Enfin non, pour être tout à fait honnête, presque toutes les séries l’ont fait. Et étrangement, c’est de là où je l’attendais le moins qu’est venu le secours dont j’avais tant besoin : How I Met Your Mother.
Quand je me rends compte que l’an passé j’ai failli abandonner la série, je serais presque prête à m’envoyer des baffes. L’épisode de la semaine dernière, tournant autour du mariage de Ted, n’a été que le point culminant d’une rentrée qui, sans être exceptionnelle, a pourtant eu le mérite de me faire accourir chaque semaine devant ma télévision, incapable d’attendre plus que de raison la suite.
Cobie Smulders est plus délicieuse que jamais, Neil Patrick Harris je ne le mentionne même pas, et Ted devient supportable. Les blagues sont drôles, il n’y a plus les lourdeurs de la 3ème saison, les épisodes sont truffés de moments touchants qui vous mettent la larme à l’œil (moquez vous de moi et je vous arrache les gonades), et on retrouve peu à peu le climat qui avait séduit durant les deux premières saisons du show.
Alors, quand tous mes amis s’extasient devant The Big Bang Theory et les pitreries de Sheldon, disant que cette série est la comédie de la rentrée, et qu’ils meurent d’impatience de voir le prochain épisode, je hoche tristement la tête, ne pouvant m’empêcher de penser au fond de moi que Barney et sa bande de Freaks valent mieux que les Geeks.