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Ma Semaine à Nous - Critique de l'épisode Semaine de la saison Semaine

N°93: Semaine du 16 au 22 février 2008

Par la Rédaction, le 23 février 2009
Publié le
23 février 2009
Saison Semaine
Episode Semaine
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On a beau détester BSG cette semaine (mais qu’est-ce que c’était que cet épisode, hein Jane ?), on en finit plus de parler de cette série, que ce soit pour dire du bien (et du mal) de Ron Moore, pour se moquer ou pour parler de la meilleure chose que la série ait engendré, à savoir un super jeu de plateau. Il reste un peu de place pour Joss Whedon et sa dernière création, Dollhouse, et pour Big Love, notre série préférée du moment. D’ailleurs, en page d’accueil, dites bonjour à Chloe Sevigny, qui fait un boulot remarquable dans cette série.

I know what you did on your last TV Show
Tomemoria n’a rien oublié, M. Moore.

Du fait de sa générosité légendaire, Gizz m’a offert les deux premières saisons d’une petite série dont vous avez peut-être entendu parler. C’est loin d’être un chef d’œuvre, les personnages sont stéréotypés et le tout fait souvent bien sourire, mais elle mérite qu’on s’y attarde quelque peu. Son nom est Battlestar Galactica. Déjà, ça commence mal, c’est un nom à la con.

Si les enjeux de cette première saison, dont je n’ai découvert que le premier tiers, sont satisfaisants et le traitement de thèmes comme la chasse aux sorcières ou les libertés individuelles dans une démocratie en ruine intéressants, on remarque bien vite que le tout repose sur des dialogues pauvres et des situations plus cocasses que réellement sérieuses. La meilleure arrivant lors de la mobilisation générale de toute la flotte pour retrouver cette grosse conne de Starbuck alors qu’ils viennent d’abandonner 50 000 personnes deux épisodes plus tôt. Battlestar Galactica est, pour ce que j’en ai vu, une petite série sympa. C’est tout. Elle a de gros défauts de rythme, et l’envie d’arrêter un épisode en plein milieu parce qu’on se fait chier est fréquente.
Il y a peu encore, j’ignorais tout de cette série. Y compris le nom légendaire de son créateur : Ron Moore… Tiens, tiens, ce nom ne m’était pas inconnu pour autant.

Où avais-je bien pu l’entendre ? Lorsque je m’en suis souvenu, j’ai compris d’où venait mon sentiment mitigé quant à la série. Ron Moore est un ex-scénariste de Roswell. Un ex-scénariste talentueux de Roswell, mais un ex-scénariste de Roswell quand même. Et Battlestar Galactica, c’est juste Roswell dans l’espace. J’aurais d’ailleurs tendance à trouver Roswell plus intéressante. Oui, je sais, je vais loin.

Je pense que là où Battlestar Galactica est une série surestimée, Roswell est un show un peu trop méprisé. Son pitch ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Twilight. Tous deux sont adaptés d’une série de bouquins pour ados de douze ans. Tous deux reposent sur une romance fleur bleue. Ce qui les distingue, c’est que le film est une grosse bouse et la série (dans sa première saison) une petite perle agréable.

Roswell possédait un casting d’acteurs aujourd’hui célèbres (notamment Julie Benz, Katherine Heigl et plus tard Emilie De Ravin). Les acteurs arrivaient à faire passer beaucoup d’émotions devant la caméra et si la série n’était pas exempt de défauts, son showrunner, Jason Katims (celui à qui revient les honneurs pour Friday Night Lights), faisait du bon travail en mélangeant le style de My So-Called Life à de la SF.

Ron Moore débarqua sur la seconde saison et avec lui, un style nouveau. L’ambiance d’Angela 15 ans disparut au profit d’un ton plus orienté vers la SF. Je n’accuse pas Ron Moore de ce changement : la WB en était responsable. Elle voulait une série moins introspective, plus musclée (un peu plus du style de Battlestar Galactica en somme). Moore apporta une mythologie fascinante à Roswell et une complexité quasi digne de la saison deux de Veronica Mars, à ceci près que la WB força les scénaristes à diviser la saison 2 en trois parties (concluant leurs intrigues au bout de sept épisodes à chaque fois, un peu comme cette même Veronica Mars en saison 3).

Je trouvais déjà à l’époque que Ron Moore était un gars intelligent. Ses commentaires audio dans les DVD de Roswell sont très intéressants, peut-être plus que ceux de Jason Katims. Moore avait des tas d’anecdotes pertinentes à partager et permettait au spectateur de se glisser littéralement dans les coulisses de la série, de comprendre pourquoi telles décisions avaient été prises.

Pourtant, Ron Moore a aussi été à l’origine de la pire horreur qu’est engendrée la série. Un épisode tellement abominable qu’on ne peut que revoir à la baisse le talent du monsieur. Au milieu d’une saison 3 déjà en perte de vitesse, alors que les intrigues ne mènent nulle part, que le couple de la série ne passionne plus et que Katherine Heigl est brune aux cheveux courts, Ron Moore commet l’irréparable : un épisode inspiré de Ma Sorcière Bien-Aimée.

Izzy (le personnage joué par Heigl… oui Shonda Rhimes n’a vraiment rien inventé) s’est marié avec un gros crétin joué par Adam Rodriguez (aujourd’hui Expert de son état). Dans cet épisode peuplé de séquences hommages à la série des années 60, Izzy est aux cœur de séquence « humoristique » où son pauvre mari se désespère d’être marié à une extraterrestre.

Si l’épisode est d’une pauvreté à toute épreuve, il se charge de démolir le piètre château de cartes que Katims essayait vainement de bâtir. Seul un fan de 14 ans comme je l’ai été pouvait, par la suite, encore s’intéresser aux destins de ces extraterrestres aux intrigues sans ambition.

Voilà pourquoi, malgré ses qualités, à chaque fois que je regarde Battlestar Galactica et que je lis : « And they have plan », une question me vient en tête.

Is that the plan Ron ?


Whedon Watch, Week 2
Ju garde un oeil ouvert

Deux semaines de Dollhouse, deux épisodes plus ou moins réussis, plus ou moins ratés, deux semaines d’Eliza Dushku qui veut nous faire croire qu’elle est une vraie actrice, pour une série qui essaye déjà de réparer les erreurs de son concept plutôt bancal.

J’ai vraiment du mal à comprendre comment un Joss Whedon ayant passé plusieurs mois à développer sa nouvelle série ne s’est pas rendu compte du défaut fondamental de son idée de base : il est impossible pour les gens qui regardent Dollhouse de s’investir dans son personnage principal. Même si on la découvre chaque semaine avec un nouveau rôle et dans un nouvel univers, Echo n’a aucune personnalité propre, rien à quoi on pourrait s’attacher d’un épisode à l’autre. Et comme si ce n’était déjà pas un problème suffisant, elle est jouée par Eliza Dushku, qui disons le franchement n’est pas l’actrice la plus charismatique qui soit.
Ni même l’actrice la plus charismatique de sa propre série.
L’épisode diffusé cette semaine fait tout pour compenser ce problème, de la seule façon possible, en développant au plus vite les autres personnages. Si la Patronne du Bordel, enfin, de la Maison de Poupées, se contente toujours malheureusement de nous rappeler le concept de la série avec un accent britannique, les autres employés du Bordel, enfin, si, du Bordel, prennent un peu d’épaisseur et nous dévoilent petit à petit leur principal intérêt : ils sont tous bien tordus. Topher est un geek froid et arrogant, le Dr. Saunders est psychologiquement instable (ses cicatrices en sont la preuve indiscutable !), et même le chef de la sécurité se décide à faire preuve d’un peu de personnalité en devenant ouvertement odieux avec ses « Actifs ». Il a sans doute manqué de jugeote dans son orientation professionnelle, mais au moins il gagne en intérêt. Au milieu de tout ça, seul Boyd, l’agent responsable de la protection d’Echo, apparait comme tout à fait sympathique, et conscient du côté terriblement malsain de l’endroit où il travaille. Les deux épisodes diffusés à ce jour le mettent au centre des intrigues, font tout pour qu’on s’y attache, et ça fonctionne. Boyd est notre point d’entrée dans la série. Le pari que semble faire Whedon parait plutôt raisonnable : si le personnage auquel les téléspectateurs s’identifient apprécie Echo, est-ce qu’il leur transmettra son attachement et leur permettra de s’investir dans ses aventures ? La réponse, dans les semaines à venir.

Autre chose, je voudrais rebondir sur le commentaire que Feyrtys a fait sur le forum à propos du deuxième épisode : « Cette manie de tout raconter par flashbacks pour faire monter le suspense… C’est insupportable. »
Ah, ces femmes, toujours à raconter n’importe quoi.

Du calme. Cette phrase sexiste, généralisatrice et imbécile avait pour seul but d’engendrer chez vous une réaction similaire à celle que j’ai eue en lisant le commentaire généralisateur et imbécile de ma rédactrice-en-chef préférée. Clairement, Feyrtys est passée à côté du sujet. Non, les flashbacks n’avaient pas pour but de faire monter le suspense. Ils étaient là uniquement pour donner un peu plus d’ampleur à la mythologie naissante de la série. Non, tout ne doit pas forcément être raconté « en direct », et leur présence, si tôt dans la série, n’a rien de honteuse. A mon avis, si ces flashbacks ont donné l’impression à Feyrtys qu’ils servaient à faire monter le suspense, c’est juste parce qu’ils étaient bien plus passionnants à suivre que l’Intrigue de la Semaine. Et parce qu’ils étaient quasiment dépourvus d’Eliza Dushku. Comme par hasard.
Mesquinerie mise à part, il y a quand même du mieux du côté de l’intrigue remplie d’Eliza Dushku. En gros, c’est mieux parce que ce n’est pas une histoire bidon de kidnapping, et parce qu’elle joue le personnage très ambitieux de « Eliza Dushku en randonnée » et n’a donc plus besoin de nous faire croire à ses supers talents de négociatrice à lunettes. Ou de bibliothécaire coquine. J’ai du mal à me rappeler de quoi parlait le premier épisode. Mais peu importe, le fait est qu’il y a du mieux, et Matt Keeslar en guest star, le Middleman de The Middleman lui-même. The Middleman, la meilleure série de l’été dernier, qui a été annulée cette semaine par ABC Family…

C’est toujours dur quand une série qu’on aime est annulée…

Un sentiment qu’on éprouvera tous dans quelques semaines quand la FOX annulera Dollhouse. Probablement. Peut-être. Sûrement pas. Quoi qu’il en soit, même si ça ne me fera rien quand la série disparaitra, je garderai toujours un souvenir ému de toute la promotion que Whedon aura fait autour de cette série sur laquelle il s’était lancé « sans savoir de quoi elle parlait », une série qui au bout de quelques semaines l’avait fait « grave déprimer », mais une série où « Eliza est bonne » et dont seuls les « six ou sept premiers épisodes sont nuls ». Ah, sacré Joss.


Big Love
Tigrou ne les déteste pas complètement, ces polygames

Peut-on aimer une série lorsqu’on est en désaccord avec son propos ?

C’est la question que je me pose chaque semaine devant Big Love. Et la réponse est « oui », évidemment !
Big Love me dérange souvent par son côté réac’ et paternaliste. Car, même si la série s’est montrée de plus en plus critique envers la polygamie au fil des épisodes (les saisons 2 et 3 ont installé pas mal de contrepoids au modèle familial Henrickson, alors qu’en saison 1 tous les personnages critiquant ce mode de vie nous étaient présentés comme d’horribles extrémistes intolérants qui ne valaient pas mieux), elle ne l’a pour l’instant jamais vraiment remis ce mode de vie en cause, se contentant d’en dénoncer les excès les plus évidents.

Pour ne prendre qu’un exemple, parlons de l’épisode de cette semaine. Anna, la quatrième femme courtisée par Bill depuis la saison 2, accepte d’y épouser la famille Henrickson, mais demande finalement le divorce 40 minutes plus tard. Mais attention, pas parce qu’il lui apparaît soudain dérangeant que quatre femmes se partagent un homme tout en lui confiant toutes les décisions importante et en lui restant fidèle. Même si cet aspect profondément sexiste et déséquilibré de la polygamie prônée par Bill est évoqué, Anna demande le divorce avant tout parce qu’elle pense que sa présence va « ruiner » l’équilibre parfait atteint par Bill et ses trois femmes.

Dans n’importe quelle autre série, et surtout dans Battlestar Galactica, j’aurais crié au scandale ! Mais pas ici. Parce que, quoi qu’on pense de la polygamie, de la religion et de la façon dont elles sont traitées dans la série, Big Love reste une série remarquablement bien écrite et interprétée, pleine d’excellents personnages (mention spéciale pour les personnages secondaires, tous excellents) et qui se bonifie à chaque épisode. C’est la seule série qui puisse tour à tour me faire rire, me faire « presque-pleurer » et me terrifier dans un même épisode. Et c’est probablement la série la plus intelligente qui passe en ce moment à la télévision. Même quand elle a tort.


Les cylons de la table du salon
Feyrtys retourne au jeu de plateau

Vous avez aimé BSG à une époque ? Vous trouviez que la saison 1 possédait énormément de qualités, en particulier ce sentiment de paranoïa généralisé et cette ambiance de survie envers et contre tout ? Vous avez au moins 2 autres amis pour jouer avec vous un soir ? Achetez BSG, le jeu de plateau !

Vous ne serez pas déçu. Ce jeu est au moins dix fois mieux foutu que les deux dernières saisons de la série du même nom !
Au début de la partie, personne ne sait qui est le cylon dans l’équipage du Galactica (ça change à chaque fois, selon le tirage de cartes), et tout le monde doit se serrer les coudes (ou saboter discrètement) pour jouer contre le jeu lui-même, à savoir des cartes de crises qu’il faut résoudre à chaque tour.
Le but du jeu, pour les humains, est d’atteindre la Terre (après un certains nombre de sauts). Croyez-moi, ça n’a rien de facile. Entre le traître cylon à bord, qui peut rendre la vie très difficile pour tout le monde (s’il est suffisamment discret et malin), et le "destin" qui vous fait apparaître des basestars, qui vous fait perdre de la nourriture, du fuel, du moral ou de la population, la Terre n’a jamais été aussi lointaine et aussi précieuse. Les joueurs doivent donc d’abord coopérer, tout en gardant un oeil sur un traître éventuel. Bonjour la paranoïa. Une fois que les cylons se sont révélés (en général, au milieu de partie), la vie des humains est encore plus compliquée. La dernière ligne droite est souvent la plus périlleuse. Je n’y ai joué qu’une seule fois (Boomer, et j’ai tiré une carte de cylon dès le départ, et j’ai envoyé Tigh, alors amiral, à l’infirmerie), mais d’après mes amis qui ont déjà joué à plusieurs parties, les humains n’ont jamais gagné. Ils ont toujours fini par se faire annihiler, exterminer, réduire en cendres. Donc j’espère bien que la série suivra cet exemple, ça ne serait que justice.

Et suivez mes conseils : si quelqu’un veut absolument jouer Roslin (son pouvoir est plutôt bourrin), attention, il ne faut pas la garder comme Présidente et élire quelqu’un d’autre très vite. Elle est vraiment trop nulle quand elle est Présidente des Colonies... Un peu comme dans la série quoi !

la Rédaction