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One Day At A Time - Rien que pour Rita

One Day At A Time (Présentation de la série) : Go and Have a Ball

Par Sebargio, le 10 mars
Publié le
10 mars
Saison 2
Episode 13
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Il y a quelques jours, j’ai vu passer sur Twitter un message de Gloria Calderón Kellett demandant à ses followers de regarder quatre épisodes de la saison 2 de sa série pour la sauver. J’ai pris conscience à ce moment là que One Day At A Time était victime d’un double scandale. Premièrement, elle n’était pas encore renouvelée par Netflix, deuxièmement, pErDUSA n’en a jamais parlé.

Je vais être franc, lorsque j’ai regardé son premier épisode, j’ai eu du mal à comprendre l’enthousiasme du reste de la redaction pour cette série. J’ai même trouvé ça franchement moyen.
Encore une "Sitcom Porte d’entrée/Canapé/Cuisine" [1] Et sans rien d’exceptionnel. Et puis comme souvent, il m’a fallu quelques épisodes pour que la sauce prenne. Quelques épisodes pour m’imprégner de l’atmosphère, de l’ambiance, de l’humour, des enjeux.
One Day At A Time, c’est une colle à prise lente. Plus vous allez attendre, plus vous allez voir d’épisodes et plus il va être compliqué pour vous de vous en détacher.

Qu’est-ce que c’est ?

One Day At A Time est le remake d’une série des années 70 initiée à l’époque par Norman Lear, producteur superstar de cette décennie, créateur, entre autres, de All in the Family et de Maude.
La série dont nous parlons aujourd’hui est elle diffusée exclusivement sur Netflix, sur une idée de Normal Lear, et créée par Gloria Calderón Kellett et Mike Royce (Men of a Certain Age)
Il y a deux saisons de 13 épisodes d’une vingtaine de minutes.

Et c’est avec qui ?

En tête d’affiche, nous avons la géniale Justina Machado que vous connaissez tous pour son rôle dans Six Feet Under. Si vous ne la connaissez pas, c’est que vous n’avez jamais vu Six Feet Under et que nous n’avons donc plus grand chose à nous dire.
Je suis navré mais au bout d’un moment il faut savoir être ferme. Elle a également, actuellement, un petit rôle dans Jane The Virgin.

one day at a time 3

C’est également avec l’exceptionnelle, la fabuleuse, la merveilleuse, la magnifique, la géniale, l’extraordinaire, l’éblouissante, la fantastique et formidable Rita Moreno qui interprète la grand-mère.

Nous avons également, Isabella Gomez et Marcel Ruiz qui incarnent les enfants ; Todd Grinnell, le gérant de l’immeuble mais qui s’invite à chaque épisode dans l’appartement des Alvarez et Stephen Tobolowsky, aperçu dans un nombre d’œuvres qui serait incalculable sans IMDb (citons rapidement Californication et Heroes pour des choses relativement récentes bien qu’il soit surtout célèbre pour l’inoubliable Ned Ryerson de Groundhog Day au cinéma).

De quoi ça parle ?

Du quotidien de la famille Alvarez, grand-mère, mère, fille et fils, cubains d’origine et qui vivent aux USA.
La série traite de beaucoup de sujets sérieux, la plupart du temps avec énormément d’humour mais n’hésite pas à nous faucher avec une émotion éprouvante assez régulièrement. C’est assez traitre d’ailleurs puisqu’on lance la série pour passer un bon moment et rire et on se laisse surprendre, on baisse sa garde et la série en profite.
C’est grand.
Et fort.
Très fort.
On rigole donc mais on parle aussi d’immigration, d’émigration, de stress post-traumatique, de dépression, d’homosexualité, de sexisme, de religion, de détention d’armes à feu et plein d’autres sujets potentiellement graves et d’actualité. Et tout ça est traité avec la plus grande finesse et souvent énormément d’humour.


Il y a un générique ?

Oh que oui ! Et il est génial. C’est une reprise de « This is it », chanson du générique de la série originelle. Et là, en plus d’une nouvelle orchestration plus moderne, rythmée et entrainante, on a en plus la chance d’avoir le générique interprété par la meilleure amie de Rogelio De La Vega, à savoir Gloria Estefan !
Et ce générique est tellement formidable qu’on rigole en voyant l’option « Skip Intro » de Netflix.
Franchement, qui voudrait se priver de cette minute de bonne humeur et pure joie concentrées ?
Qui ?

Et c’est bien ?

Alors je sais, on est souvent à court de vocabulaire quand on parle en bien des séries. D’ailleurs, on sait tous que les mots viennent beaucoup plus simplement quand on veut dire du mal que lorsqu’on essaye de dire du bien, on est toujours dans le même champ lexical et retrouve souvent des mots comme « maîtrisés » pour parler de l’écriture d’une série ou d’une saison ou encore de « attachants » quand on parle des personnages. Mais là, croyez-moi, le mot « attachants » ne suffit pas à rendre justice à cette famille et ne commence pas une seconde à décrire ce qu’on ressent pour eux.
C’est bien plus que de l’attachement. C’est de l’amour, du vrai.

Et donc la série est formidable, malgré la première impression assez mitigée que j’ai pu avoir. On navigue entre les rires francs (j’insiste, on rit énormément et ce ne sont pas de simples sourires) et des émotions réelles et on vit au rythme de cette géniale famille cubaine empêtrée dans les États-Unis d’aujourd’hui. On nous montre, par exemple, comment la famille Alvarez aime à la fois sincèrement son pays d’accueil mais aussi à quel point elle est fière de son Cuba d’origine ou encore, toujours par exemple, comment une mère célibataire réussit à faire vivre sa famille tout en apprenant à ne pas sacrifier sa vie personnelle.
C’est bien écrit, c’est intelligent, c’est drôle. Je pense sincèrement qu’on a besoin de voir ce genre de séries. Humour mis à part, le message véhiculé fait qu’on se sent forcément un peu mieux après qu’avant.

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Un petit paragraphe sur Rita Moreno qui joue la grand-mère de la famille. Les superlatifs me manquent (je crois les avoir tous épuisés dans le paragraphe sur la présentation des interprètes) pour dire à quel point elle est parfaite. Elle et son interprétation. Et son potentiel comique est infini. À mes yeux elle est LA raison principale de regarder la série. Elle est même d’ailleurs, à elle toute seule, les 5 bonnes raisons de regarder One Day At A Time et c’est bien pour ça que j’ai opté une présentation classique de la série plutôt que le traditionnel « 5 bonnes raisons » de pErDUSA. Elle est tellement rayonnante qu’elle pourrait éclipser toutes les autres qualités de la série, pourtant nombreuses.

Parmi ces innombrables qualités de la série, il y en a une qui fait plaisir : c’est une série. Une vraie série avec un potentiel infini d’épisodes.
Pas ce genre de séries modernes avec une intrigue sur la première saison et advienne que pourra ensuite. Pas ce genre de série qui va s’arrêter une fois le mystère résolu. Pas un film de 18 heures. D’ailleurs, il n’y a pas réellement d’arcs, les épisodes peuvent pour la plupart se voir et se revoir et être appréciés de façon totalement indépendante.

C’est tellement bien qu’il est remarquablement difficile de ne pas enchainer tous les épisodes de la saison dans la journée.
Au final, 13 épisodes de vingt minutes, ça pèse pas lourd… Et le manque se ressent immédiatement. Avoir à attendre 364 pour une nouvelle fournée est déjà peu alors imaginez la détresse dans laquelle on peut être en ne sachant toujours pas si cette série sera renouvelée. Son sort est entre nos mains [2].

Et pour finir, je ne dirai qu’une chose : ¡ Dale Papito, Dale !

Sebargio
P.S. Il est assez facile de lire le nom des épisodes sur Netflix mais vraiment, évitez de lire le titre du dernier épisode de la saison 2. Deux mots simples qui peuvent vous gâcher purement et simplement cet épisode parfait et extrêmement émouvant.
Notes

[1Drum et Jéjé envisagent de saisir le conseil de discipline de pErDUSA pour cette phrase, dont l’utilisation par un membre de la rédaction est contraire à l’article 1305.1922 de la charte du site : "Il ne devra jamais être sous-entendu que la sitcom avec des rires enregistrés peut être autre chose que le plus grand genre de séries de tous les temps.".

[2Enfin, c’est ce que voudrait nous faire croire Netflix !