Spy in the House of Love: Back in Black
En même temps je me suis porté volontaire pour parler de la série donc autant y aller.
Blanc
L’annulation plus que probable de la série devra apporter au moins une bonne nouvelle, il faut absolument que Dichen Lachman se trouve une série d’action parce que son segment était sans aucun doute le plus fun de l’épisode, même si le moins réaliste. Mais dans une série de SF, est-ce que "réaliste" est vraiment ce que l’on veut ? Pas nécessairement, du moins de mon point de vue. Vous, vous pensez ce que vous voulez, j’influence personne.
Dans une autre catégorie, l’écriture de l’épisode et sa forme étaient intéressantes. Le "x temps plus tôt" est un artifice un peu trop employé ces temps-ci, mais utiliser le point de vue des différentes poupées pour montrer la progression de l’histoire, sans être une révolution, atténuait un peu un procédé avec lequel je commence à avoir un peu de mal.
Et surtout c’est bien de voir la série changer de formule aussi souvent, dommage qu’au niveau audience cela ne suive pas. Mais il faut croire que les gens préfèrent regarder 24 ou Ghost machinchose, ça demande moins d’efforts.
Gris
Que ce soit Echo qui se porte volontaire pour trouver l’espion qui se cache dans la dollhouse est assez ironique. Même si Dominic n’a jamais eu l’intention de détruire la boite où il bosse, il était là pour la protéger malgré elle, c’est assez drôle que ce soit justement la personne dont la motivation profonde est de mettre fin à la dollhouse, et retirer Dominic de l’équation va sans doute aider à abattre la dollhouse, qui en est responsable.
Dominic a donc toujours eu raison de se méfier d’Echo, non pas parce qu’elle pouvait potentiellement devenir un nouvel Alpha et mettre en danger l’organisation, mais bien parce qu’elle pouvait lui faire du mal. Dominic travaillait donc pour la NSA. Ce qui rend encore plus marrant le fait que Topher ait programmé Victor pour être un agent de la NSA dans Echoes et Dominic un simple agent de la sécurité. Ce qui me fait me demander si Topher n’était pas au courant pour Dominic ou si c’était juste une coïncidence. Et si ce n’est pas une coïncidence, est-ce que ça voudrait dire que Topher serait la taupe - la vraie celle qui change les poupées - qui veut détruire les dollhouses et la Rossum Corporation derrière tout ça ?
Noir
Tant que Ballard ne savait pas qui était vraiment Millie, il était difficile de le juger. Dans un sens, même s’il couchait avec une poupée, il était aussi manipulé que November. Maintenant qu’il sait qui est vraiment la femme avec laquelle il couche, s’il continue sa relation sans rien changer, il ne vaudra pas mieux que Joel Mynor de Man on The Street. D’ailleurs au vu de son regard lorsqu’il embrasse Millie, Paul est bien conscient de ce que cela implique.
Quelque soit le choix moral derrière l’utilisation d’une poupée, vouloir revivre le dernier jour de sa femme ou vouloir abattre la dollhouse elle-même, le résultat est le même, on participe à quelque chose de moralement répréhensible. La question est donc de savoir jusqu’à quel point Ballard est prêt à aller, à perdre son âme, pour sauver Caroline et détruire la dollhouse. Et surtout, est-ce que la fin justifie les moyens ?
Noirceur
On a beau nous montrer DeWitt avec un côté humain, même si perverti par l’utilisation d’une poupée, la manière dont elle gère le problème Dominic nous montre une autre facette de la dirigeante de la dollhouse, et pas des plus sympathiques. DeWitt a beau croire que son travail peut améliorer l’humanité, elle n’en reste pas moins quelqu’un dont les méthodes et les buts de travail sont plus que condamnable.
J’en viens à détester Boyd, un des derniers membres du staff de la dollhouse pour qui j’avais vraiment de la compassion.
Le grenier, là où on envoie les échecs de la dollhouse, est un endroit terrifiant. Sa conscience stockée sur un disque dur, son corps stocké dans un tiroir, la mort elle-même semble être préférable à cela. Et pourtant, personne ne défend Dominic, personne semble choquer du sort qui attend ceux qui déçoivent la Rossum Corporation. Et Boyd, celui qui semblait le plus humain, pas plus que les autres et c’est assez dérangeant. D’ailleurs le voilà nommé nouveau chef de la sécurité en remplacement de Dominic et Echo hérite d’un nouvel handler.
Plus je regarde Dollhouse, plus je pense à Profit. Comme la série de McNamara et Greenwalt, celle de Whedon est emprunte d’une noirceur qui affecte tous les personnages et empêche vraiment d’établir un lien entre eux et le commun des mortels. Alors oui, les thèmes ne sont pas les mêmes, mais le monde que décrivent les deux séries est sans concession, loin des canons imposés par les autres séries, de même, le ton et les idées ne sont pas faciles d’accès et rebutent facilement. Même si bien évidemment, on peut aimer un personnage détestable ou moralement ambigüe, là n’est pas la question.
Je fais sans doute cette comparaison parce que je suis un énorme fan de Profit mais je ne crois pas que je me plante en beauté en disant ça, et d’un côté je rend un sacré hommage à la série de Whedon, mais que voulez vous, je suis comme ça.