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Fringe - Critique de l'épisode 2 de la saison 3

The Box: Pacey et le Cas de la Série Réinventée

Par Ju, le 3 octobre 2010
Par Ju
Publié le
3 octobre 2010
Saison 3
Episode 2
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Certains mystères ne seront jamais élucidés. Par exemple, prenez un truc (trop louche) comme le Triangle des Bermudes. Ou le Monstre du Loch Ness. Ou encore la disparition de la quasi-totalité des rédacteurs de pErDUSA pendant l’été 2010. Autant de mystères (bien louches) qui n’auront jamais de résolution vraiment satisfaisante.

Mais, après tout, ces petites bizarreries demeurent assez futiles. Moi, ce qui m’intéresse vraiment, c’est de savoir comment les scénaristes de Fringe ont finalement réussi à donner une vraie identité à leur série après deux laborieuses années de tâtonnement.

Je suis content pour eux. Mais c’est louche !

What the Fringe ?

Cette semaine, dans l’Univers où Manhattan est bien orthographiée (mais ressemble quand même à Vancouver), les Bishop et PasOlivia sont à la recherche d’une Boîte Tueuse qui, malheureusement pour toute personne disposant d’un sens de l’humour bien particulier, ne possède pas sa propre paire de jambes.

Sur leur chemin, ils croisent des gens qui meurent debout, un cerveau à extraire à mains nues, d’autres gens qui meurent debout, et une tête de qui explose sans prévenir. What the Fringe ?

Dire du bien (et le penser), c’est pas facile !

Quelle bonne surprise, ce début de saison 3.

Pendant très longtemps, Fringe s’est cherchée. Le problème principal était de maintenir un équilibre satisfaisant entre la mythologie de la série (trop peu développée mais bien foutue) et ses pires travers (du X-Files en nettement moins bien). Ce n’était pas un exercice facile, et durant la deuxième saison il m’est devenu tellement difficile de m’intéresser aux « Monstres de la Semaine » que j’ai arrêté de regarder régulièrement la série, ne revenant que périodiquement lorsqu’un épisode avait l’air intéressant. Le final faisait partie de ces épisodes. Et si sur le coup il m’avait plu, j’étais loin de m’imaginer à quel point l’idée de remplacer Olivia par son double allait être payante.

Le season premiere de la semaine dernière nous donnait déjà une bonne idée de ce à quoi on pouvait s’attendre, en plaçant Olivia de l’Autre Côté. C’était un épisode atypique, dépourvu d’enquête paranormale, plutôt audacieux, et il offrait une introduction sans détour à la nouvelle dynamique de la saison. Avec The Box, on continue sur cette lancée avec une intrigue bien plus classique pour la série, mais rendue infiniment plus intéressante grâce à l’infiltration de l’autre Olivia dans ce qui aurait pu être une enquête banale.
À partir de là, l’équilibre entre mythologie et épisode indépendant est atteint de façon beaucoup plus naturelle. Tous les épisodes font maintenant partie de la mythologie, d’une façon ou d’une autre, qu’on suive une enquête classique avec l’autre Olivia ou, je l’espère, une affaire du même genre de l’Autre Côté avec leur propre équipe. Non seulement c’est une solution élégante à l’un des plus gros problèmes de la série, mais en plus, ça a pour avantage de remettre Olivia au centre de l’action.

Ça ne fait aucun doute pour qui que ce soit, le cœur de Fringe se trouve dans la relation entre Peter et Walter. Pour cette raison, les scénaristes ont toujours eu beaucoup de mal à donner une place à Olivia dans cette équation... jusqu’à maintenant. J’ai en effet l’impression qu’ils sont enfin sur la bonne voie grâce à cette nouvelle mécanique.
D’un côté il est beaucoup plus facile de s’investir dans ce qu’il arrive à Olivia, coincée de l’Autre Côté (même si je suis curieux de voir comment sa permutation de personnalité va être traitée). De l’autre, Anna Torv est immédiatement plus intéressante maintenant qu’elle joue une version d’Olivia un peu plus énergique et dangereuse.

Je ne sais pas combien de temps la série va continuer à alterner entre les deux mondes (et à se la jouer Farscape saison 3), mais je ne vois aucune raison de ne pas exploiter le filon au maximum. Et s’il ne fallait garder qu’une seule Olivia, je vote pour celle qui sait s’amuser (et assassiner des innocents au milieu de son salon).

À côté de ça, et pour aborder le passage inévitable de toute critique de Fringe, je me dois de dire tout de suite, là, maintenant, que John Noble continue d’être un des meilleurs acteurs actuels à la télévision. Comme s’il avait besoin de ça, Walter est en plus au centre d’une nouvelle intrigue avec beaucoup de potentiel, lorsqu’il se retrouve à la tête de Massive Dynamic.
Mais quand même, John Noble est aussi bon dans ses scènes très sérieuses (et il en a des belles cette semaines, avec Nina, Peter et Astrid) que dans celles plus légères, utilisées pour mettre en valeur les autres de façon très efficace.

Quelle classe !

Ju
P.S. Et pendant ce temps, Aspirine nettoie des cravates.