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Grey’s Anatomy - Critique de l'épisode 3 de la saison 3

Sometimes a Fantasy: Party of 3

Par Blackie, le 13 octobre 2006
Publié le
13 octobre 2006
Saison 3
Episode 3
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Manque de bol, McSteamy s’est rhabillé. Mais cet épisode n’en renferme pas moins sa petite dose de miracle. Attention, tenez-vous bien : Meredith est drôle. Je vous jure, ce n’est pas une blague, je vais dire du bien sur son compte !

C’est la saison du bonheur, moi je vous le dis. Après la réconciliation de Lyssa avec Rory Gilmore, voici la mienne avec Meredith Grey.

Les raisons sont bien simples : Meredith ne fait plus sa malheureuse et s’amuse, cela même sans faire dans ses habituels comportements extrêmes (aucun pénis n’a été cassé dans cet épisode). L’humour est présent dès la première minute grâce à des acteurs ne se prenant visiblement pas au sérieux, notamment Meredith affichant un délicieux sourire coquin. Il s’agit d’une séquence de fantasme que je considère bien meilleure que celle de l’an dernier avec les filles sous la douche, qui sentait plus l’envie d’attirer les spectateurs du superbowl que de divertir.

La compétition puérile entre McDreamy et McVet parsème l’épisode de moments légers, le trio formé faisant des merveilles lorsqu’on leur permet de se lâcher un peu. La prise de tête n’est pas leur point fort, en revanche les rendre conscients qu’ils sont ridicules leur apporte une dimension bien plus sympathique. Les paris de la bande à la cafétéria sont un régal et la cassure finale du fantasme n’en devient que plus drôle lorsque l’objet du désir fait remarquer que les deux hommes ne sont pas censés s’intéresser l’un à l’autre.
Finalement, lorsqu’elle aborde une attitude plus banale et arrête de geindre, Meredith peut créer une atmosphère légère très agréable. Quant à Pompeo, son jeu n’a cessé de m’étonner tout du long, de ses grimaces à son expression médusée devant une Callie nue. Si au prochain épisode elle se mouche enfin le nez, je fais d’elle ma nouvelle BFF.

Face à elle, il y a toujours Addison, cette pauvre femme délaissée et trompée au profit d’un squelette ambulant, que je n’arrive même plus à plaindre. Comme si être un sosie de Katharine Hepburn ne lui suffisait pas, madame a droit à l’amour inconditionnel d’un dieu grec prêt à traverser le pays en un éclair rien que pour la faire grimper au septième ciel.
Trop dur.
Qui plus est, le MacSteamy s’incruste à Seattle pour ses beaux yeux et ce n’est pas la libido de 90% des spectateurs qui s’en plaindra. Aura-t-on droit également à quelques revers de gants entre l’Appollon et Derek ? C’est tout ce que je souhaite.

En tout cas, Dempsey semble attirer la bagarre même off caméra, puisqu’il s’est parait-il fortement disputé avec Isaiah Washington sur le plateau. Ce dernier l’aurait étranglé après que Dempsey ait pris la défense d’un T.R. Knight insulté. Dempsey gagne d’un coup ma sympathie éternelle, à l’inverse de Washington, dont les ronflements récents engendrés par son personnage n’aidaient déjà pas son cas. Au moins il réussit à me rappeler qu’il existe, parce que j’ai déjà oublié ce qui arrive à Burke et Cristina dans cet épisode.

Du côté de George et Callie, rien de transcendant à l’horizon si ce n’est une petite mésentente professionnelle apportant un peu de relief à leur relation. Un peu.

Celui qui y gagne véritablement cette semaine est Alex, qui contrebalance une vie personnelle au point mort par une bonne histoire sur le plan médical. Sa tentative de comprendre ce qui arrive à une petite fille ne ressentant pas la douleur apporte plus qu’un « cas bizarroïde de la semaine » et une petite leçon finale qu’il peut ressortir à Izzie (on a compris depuis des lustres que ces braves médecins apprennent la vie grâce à leurs patients). Son cas est touchant sans être pathétiquement dramatique (pas de mort, pas d’abandon parental, pas de petite moue « pleurez pour moi, pauvre fillette malade ») et les caractères bien trempés d’Alex et sa patiente fonctionnent à merveille face à face.

Si l’intrigue se laisse suivre avec plaisir parce qu’elle fait dans la mesure, une grande partie de sa réussite est due au choix d’Abigail Breslin, dont les cinéphiles se souviennent comme du bout de chou de Sixth Sense et Little Miss Sunshine. Non seulement son talent permet à toutes ses scènes avec Chambers de se décoller du lot, mais il me donne un argument de plus pour convaincre Feyrtys que si, c’est trop bien Grey’s Anatomy.

Au final, les scénaristes dosent plutôt bien le temps consacré à chaque petit groupe, alternant par épisode l’accent porté sur chacun. Seuls Callie et George semblent naviguer au milieu des autres en parsemant quelques petites scènes sans force aussi grande qu’à leurs débuts.

J’avoue tout de même que pour une fois, je coince un peu au sujet d’Izzie. Vous vous rappelez de mon beau discours sur l’illégalité de son acte ? Oubliez le. Apparemment, dans le monde magique du SGH, il n’y a que des problèmes de « discipline » et de « réhabilitation », parce qu’elle « n’a commis aucun crime ». Ce sont en tout cas les mots du Chief et de Bailey.

Alors je veux bien qu’on soit dans un univers soapesque, mais quand on fait faire des actions aux personnages qui engendrent de lourdes conséquences, il faut être capable de les gérer correctement. On nous prend un peu pour des idiots sur ce coup, si on veut nous faire croire qu’un hôpital est régit comme un lycée. Heureusement qu’en contrepartie, la difficulté d’Izzie à faire un pas à l’intérieur permet de ne pas trop précipiter le retour à la normale.

Mais dorénavant je me méfie de la façon dont cela va se régler.

Blackie