Great Expectations: Get up, Get on up
Parce qu’elle le mérite bien, commençons par ses personnages les plus pitoyables (ai-je vraiment besoin de les nommer ?), qui ne se parlent toujours pas.
Parce que lorsque l’un dénonce les mensonges de l’autre par culpabilité, ils ne rompent pas, ils ne se hurlent pas dessus ni n’en discutent à cœur ouvert. Non, comme tous gosses de quatre ans ils se font la boude. « Je te cause plus et je serai pas preums à te recauser parce que je veux gagner ! » Génial...
Encore une fois, si l’épisode est bon, ce n’est pas grâce à leur numéro de gamins qu’ils nous jouent depuis trois ans, sans aucune variation. C’est juste pathétique.
Avec cerise sur l’amas de boue : une demande en mariage, balancée par Burke dans son ton le plus monocorde et appuyé par son expression faciale « envie de vomir » si célèbre.
Pitié, noooon, ne les collez pas encore plus l’un à l’autre. Non seulement c’est la pire idée que pouvaient avoir deux personnages dans une relation pitoyable qui fonctionne mal, mais il faut surtout éloigner Cristina de ce boulet qui ne fait que la traîner vers le fond. Je sais déjà que ce sera pour le pire, jusqu’à ce que la mort (imminente si possible) de Burke les sépare.
C’est forcément bien plus intéressant du côté de George (O’Malley’s Anatomy, ça sonnerait tout de suite mieux), qui passe par le premier stage du deuil, la négation, puisqu’il ne s’apitoie pas sur la mort de son père et préfère oublier en se procurant plein de bonheur entre les cui.. bras de Callie. On a assez pleuré la semaine dernière, maintenant rions-en. C’est simple, il suffit de trois mots : George Sex Machine. Et cela passe parfaitement bien, comme à chaque fois que Shonda arrête de se prendre pour une dramaturge.
Izzie est la seule à se préoccuper de son état, bien qu’il soit regrettable qu’on nous ait fourni une scène « Moi moi moi écoutez-moi raconter mes problèmes » pour l’énoncer. On est des spectateurs de la série, on l’a comprit depuis longtemps que c’est une bande d’égoïstes, il n’y avait pas besoin d’en rajouter ni de nous faire un résumé des cinquante épisodes précédents par-dessus le marché. En plus cela donne de la matière aux critiques acerbes de Drum, et ça, c’est vraiment pas cool.
Heureusement la jeune patiente mourante d’un cancer vient, ô surprise, résonner chez George comme un coup de gong. Ce qui l’amène à deux choses : sa déclaration d’amour à Callie, attendue depuis longtemps, suivie d’une soudaine demande en mariage (huh ?). Si la première est mignonne comme tout, la deuxième me laisse quelque peu perplexe. Genre comme une actrice de soap opéra coréen. Il ne manquait que le panneau « Danger ! Précipitation ! » sur l’écran.
Alors, deux demandes pour deux couples bien différents. Qui va se passer la corde au cou ?
Réponse plus tard, on essaie de nous vendre des cliffhangers là, s’il vous plaît...
Dernier couple en revue : Addisex, où l’ego de notre rouquine se retrouve plutôt bien écrasé par son interne. Le « Je t’ai laissée m’embrasser pour pas te vexer parce que j’avais pitié » fait un peu mal. Je pourrais avoir de la peine pour Addie, mais elle s’en remettra qu’un seul mec sur un milliard se fiche de sauter sur son corps de top model. Par contre, Alex gagne encore plus mon respect par la mâturité dont il fait preuve. Il a eu beau être Mr Syphilis, il est bien le seul à ne pas être cinglé au point de coucher avec sa boss.
C’est peut-être aussi qu’il fallait trouver une excuse pour avorter leur couple, Alex ne la rejoignant pas dans son spin-off...
Allez, adieu Addisex. Tu étais fun le temps que tu as duré.
A part cela, les gestes romantico-stupides c’est bien joli, mais il n’y a rien de tel que de bonnes batailles sanguinolentes faites de coups viles et mesquins dignes de Tigroma, notre guerre perdusienne. La délégation du poste de Chef du Département Chirurgie est l’occasion parfaite. Voir une bande d’adultes se battre comme des chihuahas pour un bout de sucre, c’est tout bêtement jouissif.
Passons donc en revue les Pours et les Contres des candidats :
Burke est une vedette chez les chirurgiens ayant fidèlement léché les pieds du Chief pendant des années. Mais c’est un gros con menteur avec une main possédée par Michael J. Fox et son chapeau a les mêmes couleurs que l’omelette de Starbuck, signe ultime du mal. Et surtout c’est un gros con.
Derek est le seul à qui on a fait miroiter le poste pour qu’il vienne au SGH. Mais il ne semble pas avoir les épaules assez solides pour le job. En plus il couche avec Meredith, signe de déficience mentale.
Addison serait parfaite en tous points, avec à la fois le talent, la maturité et le caractère de cheftaine. Mais c’est une femme. Belle et intelligente de surcroît. Et elle aime le sexe. Elle a donc peu de chances d’être choisie.
Mark... non mais sérieusement ? Ce mec est une blague vivante !
Son annonce de départ ne m’a d’ailleurs fait aucun effet, vu l’inutilité du personnage. Mais lorsque Mark décide de rester afin de briguer le poste, mon intérêt est soudainement remonté de plusieurs crans, tant l’idée est ridicule. Et les scénaristes ont très bien exploité ce côté-là. McSteamy est là pour être nu et/ou être largement moqué. J’espère que ce post-it restera bien collé sur le tableau de travail de la série.
Au-dessus de cette bande de nouilles, il y a Miranda. La grande, la géniale Miranda Bailey, celle qui n’a malheureusement pas encore assez gravit les échelons de la médecine pour avoir le poste, mais expulsera ces abrutis du siège dès que cela lui sera possible. Le Chief le voit en elle, nous le voyons en elle, mais bizarrement l’intéressée semble surprise.
Huh ? Elle est modeste maintenant ?
Pas grave, cette bonne vieille Nazie nous revient avec sa campagne menée à sa façon pour ouvrir une clinique gratuite, faite de déceptions justifiées et de moqueries sur leur vie privée à l’encontre de la bande d’intendants. Merci Bailey.
Cette clinique est la conclusion parfaite au cheminement de Bailey vers l’acceptation qu’un bon chirurgien n’a pas nécessairement besoin de refouler toute implication personnelle.
Bien sûr, la question de l’investisseur pour la clinique ne se pose même pas. C’est là que le don à la gamine tordue devait amener Izzie. Et ce partenariat ne sonne absolument pas forcé tant les deux femmes se sont rapprochées depuis l’affaire Denny (oui, encore lui. Qu’on ne me sorte pas après que cette storyline était nulle et inutile).