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Grey’s Anatomy - Critique de l'épisode 14 de la saison 3

Wishin’ and Hopin’: Don’t you know that you’re toxic ?

Par Blackie, le 19 avril 2007
Publié le
19 avril 2007
Saison 3
Episode 14
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Sam Raimi regarde Grey’s Anatomy ! C’est obligé, sinon pourquoi aurait-il engagé Snow Patrol pour la BO de son dernier Spider-man ? C’est bien connu, Snow Patrol est à Grey’s Anatomy ce qu’Explosions in the Sky est à Friday Night Lights, à savoir qu’il devient impossible de les en dissocier tant leurs albums y passent en boucle. Mon résonnement est donc parfaitement logique.
Sam, si tu me lis, je veux bien des places pour une avant-première, merci beaucoup bien.

Dans cet épisode qui manque bizarrement de Snow Patrol, Ellis Grey est à l’honneur, recouvrant temporairement toutes ses facultés mentales. Aussi pathétique qu’elle est pesante sur la vie de sa fille, la voici qui passe le stade supérieur du personnage détestable.
Le rôle n’étant pas évident à aborder, avoir Kate Burton pour l’interpréter est une chance formidable. Non seulement elle nous fait parfaitement saisir la complexité d’Ellis mais elle embarque aussi Ellen Pompeo plus haut à chaque confrontation.

Je ne connais pas la filmographie complète de Pompeo mais je suis prête à parier qu’elle a trouvé ici les meilleures scènes de toute sa carrière. Ses coups de gueule sont si intenses qu’elle en perd provisoirement son éternel nez bouché pour mieux faire parler ses tripes, quand ce n’est pas son simple regard qui exprime mille mots en s’emplissant de larmes lors de la dernière scène mère/fille.
J’en demande peut-être beaucoup, mais pourrait-on lui donner matière à continuer ainsi un peu plus souvent ?

L’attitude d’Ellis est assez immonde, bien que l’on comprenne durant deux importantes conversations avec Cristina et le Chief que ses reproches sont en réalité de l’envie.
Ce dernier est par ailleurs difficile à cerner, bien qu’il paraisse évident qu’il prend son ancienne maîtresse en pitié en lui disant ce qu’elle aimerait entendre. Mais un doute persiste, étant donné sa situation récente. Car malgré ses efforts, son mariage avec Adele a échoué et les choix qu’il a effectués n’ont aboutit à rien.
Il est en tout cas certain que la voie choisie par le plus ancien couple parmi les chirugiens du SGH a joué un rôle déterminant dans la vie de leurs cadets. S’ils étaient restés ensemble, peut-être Meredith n’aurait-elle pas eu besoin de faire médecine pour satisfaire sa mère, ne recontrant ainsi jamais Derek, qui n’aurait peut-être pas divorcé, etc. Les hypothèses sont tristement nombreuses.

Une chose est sûre, les Greys sont particulièrement impressionnantes et prouvent que le bon drame dans GA, c’est possible. Rare, mais possible.

Côté comédie par contre il n’y a toujours aucun soucis. Cela éclate de partout, des grimaces ridicules d’Heigl et Knight aux expressions de Walsh à donner envie de s’éponger le front. Son regard derrière les lunettes, son mordillement des lèvres, ses doigts qui glissent le long de son décolleté... des moments pareils résument à eux seuls la notion de guilty pleasure que procure la série. Pourrait-on m’expliquer pourquoi elle s’en va, au fait ? Ah oui, elle est trop au-dessus des autres.

Les réponses aux demandes en mariage ne se font pas désirer très longtemps, Callie et George ayant même franchit directement le pas à Las Vegas. Les vannes à ce sujet abondent jusqu’à une mise au point de George que je trouve un peu déplacée. Alex et Cristina semblent se fiche éperdument de ce qu’il fait et avec qui, et Meredith est bien la seule à l’avoir félicité de manière sincère. A mon avis, il aurait donc dû ne s’adresser qu’à Izzie, qui malgré un questionnement tout à fait compréhensible sur la rapidité de son geste, n’en a pas moins accumulé les réflexions désobligeantes envers sa chère et tendre Calliope Iphigenia. Par respect, elle pourrait faire l’effort de se la boucler. Les vrais amis disent ce genre de saloperies dans le dos, voyons.

Je comprends un peu les aversions envers Izzie qui ont suivies à partir de ce moment, mais il faut tout de même l’avouer : les réflexions de p... balancées en pleine figure, cela a quelque chose de jouissif (quand ce n’est pas Ellis Grey qui les balance).

Concernant le malaise de George, je suis tombée dans le panneau des doutes sur son mariage en raison de sa pause tendresse (sans café ! Et là, si vous avez compris ma référence nullissime c’est que, selon les critères de notre rédac, vous êtes vieux) avec Meredith. Leur embrassade est d’ailleurs particulièrement émouvante, de part leur passé commun désastreux et leurs situations familiales présentes. Que l’un d’eux ait trouvé le bonheur et créé sa propre famille est une excellente raison de se réjouir.
Je suis donc assez rassurée qu’on ne nous ait pas déterré son vieux béguin, George étant définitivement passé à autre chose. Mon soucis ne réside donc plus que là : Callie était son moyen de rebondir et j’ai toujours du mal à la voir comme son Grand Amour ou peu importe le terme.

Cristina décide également d’épouser Burke, histoire de rehausser eux aussi le taux de divorces dans moins de cinq ans. Mais elle ne dit oui qu’après avoir rendu sa bague pour me donner une fausse joie et eu une conversation avec Ellis Grey peu surprenante tant les deux femmes sont semblables.
Cris, ne fais pas d’enfant, merci.

Chez les intendants, la bataille des nouilles continue pour obtenir le poste de chef du service, trouvant une épreuve de bravoure idéale grâce à une patiente au sang toxique, qui rend malade tous ceux non occupés par la vilaine maman Grey. Le plus étonant là-dedans, c’est à quelle point je suis blasée quand je parle de « patiente toxique ».
Les séquences pseudo-héroïques s’avèrent très efficaces, chacun se relayant dans la salle d’opération avant de tomber dans les vapes. Sauf cette poule mouillée de Mark, évidemment. Survivor pourrait facilement s’en inspirer pour ses épreuves d’immunité, sans compter que c’est plus dangereux que les serpents de mer (hmmm, des serpents à l’hôpital. C’est une idée à creuser...).

Parallèlement, on assiste à la naissance de la nouvelle clinique, qui devrait normalement conclure définitivement et à jamais le cycle Duquette... dans une autre série. L’établissement présente du potentiel, puisqu’il met en lumière le problème des soins médicaux aux Etats-Unis, qui coûtent une fortune aux malades comme à ceux qui essaient de les aider. Mais il va falloir qu’on nous offre de meilleurs soucis que le sexe pré-pubère pour aller dans ce sens, au risque de s’y ennuyer autant que les internes.

Blackie
P.S. Du si bon drame (écrit évidemment par quelqu’un d’autre) que Shonda s’est dit « Chouette, je ne vais faire que cela pour la suite. Sur trois épisodes. Avec Marti Noxon. Et une chanson de Snow Patrol. Ce sera forcément trop du ballon ! »