Some Kind of Miracle: Some kind of debacle
Alors, Shonda, Marti, un petit conseil pour l’avenir :
Faire coucher vos personnages entre eux sans trop vous prendre au sérieux, et en mettant les mecs torses nus le plus souvent possible : pas de problème, vous savez faire.
Réaliser un épisode profond et métaphysique sur la mort et l’amitié : ça, par contre, vous en êtes incapables. Laissez ça à ceux qui savent écrire des dialogues réalistes et développer une psychologie cohérente pour leurs personnages, ça nous évitera de souffrir 126 minutes d’affilée la prochaine fois que vous étalerez une mauvaise idée sur trois épisodes !
D’ailleurs, au point où on en est, abstenez vous tout court et annulez la série. Et le spin-off. Et cette daube de Lost aussi, si vous y arrivez.
Je pense que vous l’avez compris grâce à cette magnifique intro hargneuse et spoiler free, je n’ai pas du tout aimé cet épisode.
Et pour une fois, c’est pas moi qui suis difficile : tout le monde reconnaît qu’il était pitoyable... Même Marti Noxon, la co-scénariste, qui s’est sentie obliger de nier avoir écrit les catastrophique scènes où Meredith hallucine dans son coma. Ne lui jetons pas la pierre pour sa « bessonade » : vu le pathétique résultat final, on aurait tous fait pareil à sa place !
Pour résumer ces scènes : Meredith est « morte ». Je met « morte » entre guillemet parce que (surprise !) : elle n’est pas vraiment décédée ! Pas comme les gens de la vraie vie en tous cas ! Contrairement à Anna Nicole Smith, Lady Di et plein d’autres gens biens qui n’ont pas la chance d’être des héros de série télé, Meredith est juste morte sur le plan physique, pendant que son esprit se ballade tranquillement dans l’entre deux monde en attendant qu’on la ressuscite.
Et, étonnement, l’entre deux monde ressemble furieusement aux décors habituels de la série. En plus éclairés. A la limite j’aurais préféré que ça ressemble aux décors d’Urgences, pour faire un clin d’oeil, mais j’imagine que ça aurait posé des problèmes de copyright...
Pour autant, on est pas dans un épisode « normal » cette semaine ! Même si les décors sont familiers, Meredith y fait un truc très très différent de d’habitude : elle parle d’elle. A des gens. Des gens qui, à priori, n’en ont rien à foutre puisqu’ils la connaissent à peine. Hum, oui, c’est très original ça ! Bravo Shonda !
Et puis bon, vu qu’elle est morte que, quand même, la mort, c’est sérieux quand c’est la sienne et pas celle du patient de la semaine, Meredith et ses « amis imaginaires » ne sont pas trop d’humeur à plaisanter dans cet épisode. Ce qui oblige (enfin, « oblige », elle s’est foutue dans la merde toute seule) Shonda Rimes à écrire des dialogues qui se veulent sérieux...
Pour que vous mesuriez bien l’étendue de la catastrophe, voici un extrait :
Coach Taylor : Tu n’as pas nagé Meredith.
Meredith : Mais si !
Coach Taylor : Mais non !
Meredith : Mais si je te dis !
Coach Talor : Mais non idiote !
Fille de Dawson qu’on est paraît-il censés connaître : Ah je saigne. C’est un symbôôôôôleuh.
Vous êtes convaincus ? Au cas où, j’en ajoute une couche :
Meredith : Mais laissez moi mourir tranquille, merde !
Denny : Tu ne peux pas mourir Meredith. La mort, c’est triste. N’oublie pas.
Voilà. Ca vous donne une idée du niveau. Mais après tout, qu’importe si les dialogues sont creux, l’image mal éclairée et le jeu des acteurs approximatifs ? De toutes façons, les fans sont contents parce que dans cet épisode, il y a Denny !
Aaaaaah, Denny. Ce personnage que les fans adulent de manière totalement incompréhensible depuis sa première apparition. Dans le genre escroquerie télévisuelle, je crois qu’on ne fait pas mieux !
Je veux dire, quel intérêt, quel charme peut-on trouver à cet espèce de morse lubrique et mal rasé qui draguait l’an dernier Izzy à coup de « Ah la la, je pense que je n’en ai plus pour très longtemps... Je peux te peloter les fesses au fait ? » et de « Ah, mon cœur malade me rend nauséeux, je suis en train de renoncer à la vie... Tu me montre tes seins dis ? » ?
D’ailleurs, comment peut-on imaginer une seconde qu’entre Alex et un mec mourant, moche, lourd et libidineux, Izzy ait choisi le mec mourant, moche, lourd et libidineux ? Je sais que le réalisme n’a jamais été le fort de la série, mais là, faut quand même pas pousser !
Bref, qu’on le veuille ou non, Denny est là. Et il est toujours aussi mal rasé. Et si vous trouviez déjà agaçant en Saison 2, quand il avait une vraie « intrigue » (peut-on vraiment parler d’intrigue dans Grey’s Anatomy ?), attendez un peu de le voir en Ange Moralisateur dans un rêve métaphysique : il est tout bonnement à claquer !
Extrait :
Denny : Pense un peu à Izzy avant de mourir, vilaine !
Meredith : Bah en fait je préférerai penser juste à moi, j’ai plus l’habitude !
Denny : Et George ? Et Christina ? Et Alex ? Et Bob le barman ? Tu as pensé à ce qu’il leur arriverait si tu mourrais, hein ???
Meredith : Ah, mais tu as raison. Je ne dois pas mourir, parce que j’ai des amis qui comptent sur moi !
Maman de Meredith : Et en plus moi je vais mourir à ta place, ma fille, car tu n’es pas du tout ordinaire, tout comme ce rebondissement n’est pas du tout cliché !
Et là, Meredith a une épiphanie et ressuscite... Consternant.
Notez d’ailleurs que, bien qu’on soit dans une série médicale, le fait que Meredith soit toute bleue et que son cœur et son cerveau (sic) soient arrêtés ne semble avoir aucune influence sur sa survie. Non. Il faut juste qu’elle COMPRENNE pourquoi elle doit vivre, et elle est d’attaque pour reprendre le boulot. Je me demande si ça marche aussi pour les autres patients de l’hôpital ça, tiens ?
Mais le pire dans tous ça... c’est que les scènes de rêve de Meredith sont finalement les moins mauvaises de l’épisode !
Certes, elles sont nulles et énervantes, et elles sentent le Shonda Noxon à plein nez. Mais sur le long termes, elles sont assez inoffensives comparées au reste, à ces horribles scènes qui m’ont donné envie de voir mourir un à un tous les autres personnages de la série.
Je vous détaillerai bien sur plusieurs paragraphes les raisons de ma colère, mais, comme le dit un proverbe bien connu : une ligne de dialogue de Shonda Rimes vaut mieux qu’un long discours. Passons donc directement aux extraits !
Meredith : Aaaagh... Je sors de mon coma... Je suis encore tout bleue et épuisée... Aaaaagh...
Cristina : Meredith ! T’es vivante ! Ca tombe bien, fallait que je te parle de ma vie ! Je vais me marier avec Burke. Cool non ? Quand je pense que t’as failli mourir avant que je te le dise, t’as trop abusé !
Meredith : Aaaaaaaaaaaaaaaagh...
Cristina ? Faite la poignarder par un psychopathe et mourir d’une embolie pulmonaire ! Et tuez Burke avec !
Callie : Salut Izzy. Quel drame ce qui arrive à Meredith. Je suis toute triste.
Izzy : D’où t’es triste toi d’abord ? C’est pas ton amie Meredith ! T’es arrivée après nous dans la série ! Meredith elle est à moi, George et Cristina, y a que nous qui pouvons être tristes alors tu te calmes tout de suite !
George : Euh...
Callie : Comment tu me parle connasse ? D’abord je suis contente que ton fiancé Denny il soit mort, c’est bien fait pour ta gueule !
George : Mais...
Izzy : Aaaah ! Méchante ! Comment tu peux te moquer de ma relation avec Denny 17 épisodes seulement après sa mort ???
George : ... faut pas vous disputer pour si peu les filles...
Callie et Izzy ? Ecrasez les sous un hélicoptère !
George ? Laissez le tranquille, Isaiah Washington s’en occupe de toutes façons.
Voilà. J’ai encore beaucoup de choses à dire sur cet épisode, mais elles vont toutes dans le même sens et si, à ce stade, vous n’avez pas compris que cet épisode était n-u-l, je ne peux plus grand chose pour vous. A défaut d’avoir tué Meredith, ces 146 minutes auront peut-être bien tué Grey’s Anatomy ! Qui s’en plaindra ?