Non, contrairement à Abed, j’avais deux mots qui m’empêchait de céder aux crises d’angoisses à répétition jusqu’au retour des Amis de la Grappe.
Happy.
Endings.
Je l’ai dit et redit, et je continue à le dire, Happy Endings est la meilleure nouvelle série de la saison passée. C’est une comédie à la distribution bigrement sympathique où le talent de quatre acteurs ne nous font même accepter que les deux autres membres de la distribution ne sont pas à leur place.
D’ailleurs lors de sa première saison, la série reposait beaucoup sur son capital sympathie de son casting lorsque le matériel qu’on leur donnait n’était pas à leur hauteur. Damon Wayans Jr n’a pas réussir à faire de même avec le pilote de New Girl. Il est doué, mais ce n’est pas un faiseur de miracles non plus, quand même.
Du coup, après avoir convaincu nos millions de lecteurs de regarder la série, j’ai été pris d’un doute. Et si la première saison était juste une anomalie ? Une série sympathique qui, en étant annulée après 13 épisodes, n’aurait jamais eu l’occasion de nous décevoir. Elle aurait rejoint Out of Practice, Back To You, Modern Family [1] ou Hot Properties. Une inquiétude grandissante se mêlait donc à mon impatience à l’approche du premier épisode de la saison.
Puis l’épisode est arrivé, et la première scène a levé tous mes doutes.
Eliza, Damon, Casey, Adam et les deux autres là

Non seulement, je l’ai trouvée drôle, je l’ai même trouvée un peu touchante, mais surtout l’alchimie entre les six acteurs se confirme comme le moteur principal de la série.
C’est assez rare pour une comédie de trouver ses marques aussi rapidement, et cet épisode met en avant les forces de la série. Avec une distribution aussi douée, toutes les combinaisons sont possibles et il est agréable de voir que personnages ne sont pas cantonnés à l’intrigue qui leur est assignée.
Il aura fallu attendre 8 saisons avant de découvrir que Joey était un personnage qui pouvait être utilisé sans Chandler. Si cette révélation tardive a été bénéfique pour Friends, dix ans est une longévité difficile à atteindre pour une comédie de nos jours. Surtout pour une sitcom qui ne semblait même pas être destiné à connaître une seconde saison, alors pourquoi ne pas expérimenter et s’amuser avec son casting ? Brad et Jane, ayant chacun leur propre intrigues, apparaissent dans celle de Penny, avant que toute la distribution se retrouve dans l’épilogue.
Casey Wilson m’a toujours fait de la peine dans Saturday Night Live. Passer derrière Maya Rudolph n’est pas une mince affaire, et face à Amy Poehler et Kirsten Wiig avant qu’elle ne devienne insupportable, la pauvre Casey n’a jamais su trouver sa place. Et au final, ce n’est pas plus mal. Wilson n’est pas aussi versatile que Poehler et originale que Wiig, mais dans son registre, elle est très douée. Il apparaît évident qu’une sitcom était le lieu idéal pour elle.
Dans ce premier opus, Penny emménage seule. Le coup de la trentenaire célibataire aisée qui cherche l’amour est un cliché tellement usé tant dans les séries que dans les comédies romantiques qu’il est validé par Mindy Kalling dans son article récemment paru dans le New Yorker. Mais, sans révolutionner le genre, Wilson excelle dans son rôle. Elle est drôle sans être pénible, elle est touchante sans être cruche.
Eliza Coupé, on l’aime à pErDUSA. On l’aime depuis un petit rôle dans un épisode de Flight of the Conchords, et depuis, la belle ne pourra jamais renverser la tendance, même si elle le voulait. Cette semaine, elle babysitte les deux boulets de la série, Alex et Dave. Et même s’ils ne nous dérangent pas trop, les voir avec Eliza font mieux passer leurs scènes. En effet, même si leur non mariage est un axe important de la série, leur relation est n’est pas l’aspect le plus intéressant de la série alors lorsqu’ils ont une intrigue dans un épisode, elle nous donne rarement les scènes les plus drôles. Heureusement, Dave vit avec Max et maintenant, Alex et Penny devient colocataires. Cela permet aux scénaristes d’aller plus naturellement vers des intrigues où ils sont éloignés.
La dernière intrigue de la série, met une combinaison classique en avant, Brad et Max. Il n’y a rien de plus pénible et périmé qu’une bromance, cette relation amicale enfantine et obsessionnelle entre deux adultes. Cet épisode montre la qualité de leur relation : Wayans et Pally propose une version plus virile et moins fusionnelle qui la rend plus réaliste. J’aime beaucoup les deux acteurs qui semblent prendre un vrai plaisir à jouer dans la série. Si on connaissait déjà Wilson et Coupé, Wayans et Pally sont les véritables révélations de la série.
Pas de gimmicks, pas de faux documentaires, pas d’humour absurde : Happy Endings est une comédie traditionnelle et classique que sa distribution rend extrêmement agréable.
Au final, ABC peut prendre son temps avec Cougar Town tant qu’Happy Endings est à l’antenne.
[1] Quoi ça ? Il y a une saison 2 ? Ha, c’est toujours à l’antenne ?!?