Out of Time: Out of Ideas
Et c’est une idée super originale, hein, Tim Kring.
Pourtant, ce n’est pas le moment de se plaindre. Non. Les Sweeps de novembre sont arrivées, et avec elles, leur débauche d’événements télévisuels exceptionnels et de retournements de situation incroyables. Ou, dans le cas présent, un « Previously on Heroes » énoncé en japonais, et une lueur verte pour le logo. Après ça, tout de suite, on est dans l’ambiance. Une chose était certaine, l’épisode ne pouvait être que trop formidable !
Ou pas.
Mais l’important est ailleurs. Pour la première fois de la saison, je me suis quand même bien marré.
ON SE MARRE BIEN… DANS LE PASSÉ
Yeah ! Youhou ! C’est top ! Trop bien !
L’intrigue à la con du triangle amoureux en costume d’époque retransmise par SMS en direct du passé est enfin terminée ! Kensei le lâche blondinet alcoolique a été vaincu par Hiro, Chevalier du Temps et son Baiser Fougueux !
Pour résumé l’intrigue médiévale de ce début de saison, quatre petits mots me viennent à l’esprit : Tout ça pour ça ? Comme prévu depuis, oh, toujours, Hiro est plus ou moins le Takezo Kensei de la légende. Comme craint depuis, oh, toujours, ça n’a pas beaucoup de sens d’un point de vu temporel. Et comme on s’en était bien vite rendu compte, ça n’avait pas grand intérêt.
Je vois bien, cachée dans cet épisode, une volonté scénaristique de terminer cette intrigue sur un final explosif où deux anciens amis se déchirent dans un duel à l’épée majestueux où seule la tristesse de leur amitié brisée est plus violente que les coups qu’ils s’assènent. Sauf que c’est loupé. La scène d’action sous la tente est moche et mal foutue (on commence à en avoir l’habitude avec la série), et étant donné que la grande majorité de la relation entre Hiro et Kensei ne nous a pas été montrée, ou alors sous forme d’ellipses et de SMS… on s’en tape.
Et je le répète, le combat est un tout petit peu naze.
Heureusement, Hiro revient dans le présent. Et par « présent », je parle bien de celui de la série et non pas de celui d’Hiro, de l’époque qu’il a quittée et qu’il aurait été tout à fait logique qu’il rejoigne…
Peut-être trop logique, en fait. Ouais…
ON SE MARRE BIEN… DANS LE FUTUR
Hiro n’est pas le seul à se balader dans le temps au gré de l’humeur des scénaristes. Peter est lui-même, depuis le cliffhanger de l’épisode précédent, coincé dans un futur apocalyptique où 93% de la population mondiale a été décimée à cause de ce con de Mohinder le Loser.
Un mauvais point pour les scénaristes sur ce coup qui non seulement ne nous apprennent quasiment rien d’intéressant sur ce Terrible Futur, mais qui, en plus, ne font que réutiliser exactement le même procédé narratif que l’an dernier pour exposer leurs enjeux, plutôt que de... je ne sais pas… se sortir un peu les doigts du cul et bosser sur leur série. Là ils en profitent juste pour mettre Milo Ventimiglia et sa copine nus sous la douche, et c’est un peu facile, même pour eux.
Une copine qui se retrouve, d’ailleurs, abandonnée par Peter le futur.
Et c’est très rigolo.
Un bon point, donc, pour les mêmes scénaristes qu’au dessus qui pour une fois se sont débarrassés de leur plus récent personnage inutile d’une façon originale et imaginative.
Incroyable, les gars, c’est trop la classe !
ON SE MARRE BIEN… AVEC MOHINDER LE LOSER ET LE GROS GREG GRUNBERG
Pendant ce temps, dans le présent, l’avenir du monde est entre les mains du couple Mohinder/Parkman. Ce qui me fait dire que finalement, avec seulement 93% de la population mondiale décimée, on s’en sort plutôt bien.
Mohinder le Loser est une fois de plus fidèle à sa réputation, et dépasse encore une fois avec brio les limites de sa propre connerie. Après avoir tenté pendant plusieurs mois d’infiltrer la Compagnie pour mieux détruire cette organisation néfaste de l’intérieur… il change d’avis, comme ça, et dévoile son plan tout entier à son nouvel employeur, le très bien nommé Bob.
En même temps, Bob lui laisse le choix entre sauver une Super Stripper Girl qui s’est foutue dans la merde toute seule et un ancien acteur de soap qui porte des lunettes ringardes. Il n’y avait pas de quoi réfléchir bien longtemps.
Au même moment, Parkman est quand même super trop fort.
D’habitude, quand une série annonce avec fracas l’arrivée prochaine de son nouveau Grand Méchant, un mec qui fait quand même passer Syler - Sylar ! - pour un guignol qui joue mal, en bref, quand on nous dresse un portrait très impression de l’Homme Cauchemar… Brrr… on peut quand même s’attendre à un truc un peu épique pour le remettre à sa place.
Juste un peu épique, Tim, rien qu’un tout petit peu !
Mais non. C’était sans compter sur le Gros Greg Grunberg et ses pouvoirs mentaux. Vous savez, les pouvoirs qu’il ignorait avoir il y a encore deux épisodes, et qu’il apprend à maîtriser en deux minutes parce qu’il est temps de battre son père à son propre jeu.
Son père, le Méchant Super Puissant qui contrôle les cauchemars, l’Homme Cauchemar… Brrr… lui-même, et mis au « tapis mental » quand son fils lui hurle qu’il est un meilleur père que lui ! Son fils, il est bon de le rappeler, qui a récemment abandonné sa femme enceinte… Le choc psychologique est tellement important, l’attaque tellement personnelle, que l’Homme Cauchemar… Bof… est piégé à tout jamais dans sa propre tête.
Wow, c’est hyper ironique comme situation, Heroes !
Heroes, la série qui joue à fond sur la psychologie hyper travaillée de ses personnages.
Encore une fois, les sweeps, la classe…
LES GENS AVEC QUI ON SE MARRE MOINS
Claire est toujours nulle.
Nikki voit toujours des gens qui ne sont pas là.
Sark est comme prévu vivant dans le présent, et le Big Bad de la saison.
Bennett ne sait pas compter : 2 tableaux + 5 tableaux, ça n’a jamais fait une série de 8 tableaux.
En bref, et malgré ces points, un épisode divertissant.
Malheureusement, il arrive après six épisodes introductifs ratés qui ont confirmé toutes les déceptions apportées par le final de la première saison, et qui ont détruit j’en ai peur l’image de la série à tout jamais. Six épisodes introductifs foireux, facilement quatre de trop, pour une conclusion qui pointe enfin le bout de son nez. Non, il n’y a pas de quoi se réjouir. Non, il n’y a vraiment pas de quoi crier au génie.