N°107: Sponsorisée par les publicitaires de Madison Avenue
11 octobre 2009
Episode Semaine
Die, Jerk ! : Will Schuster
Il y a comme une fausse note dans la chorale de Conundrum
J’avais du mal à comprendre pourquoi Glee m’énervait de plus en plus. Et je me suis dit que l’épisode avec Glinda se devait de me réconcilier avec une série que j’attendais avec impatience.
Et non.
Ma déception, devenue mépris avec le pitoyable moment Single Ladies de Béyoncé, s’est transformé en haine avec cet épisode. Et j’ai enfin compris pourquoi. Plus que l’utilisation et l’insertion de plus en plus artificielle des chansons, plus que Jessalyn Gilsig, plus que Jane Lynch, j’ai réalisé que je détestais le personnage central de la série : Will.
Ce type, en pleine crise de la trentaine, décide de prendre en charge une chorale pour retrouver un peu de la gloire de sa jeunesse… mais n’hésite pas une seconde à la quitter dès qu’il se trouve un projet qui le met un peu plus devant les projecteurs (son groupe a capella). Le gentil Will utilise aussi les sentiments d’une de ses collègues à son égard sans trop de scrupules apparents. Et dans l’épisode avec Kristin Chenoweth, il met son ambition avant le bien être de ses élèves tout en utilisant les rêves d’une ancienne camarade.
Et les scénaristes en rajoutent une couche en ajoutant une femme détestable et manipulatrice et une ennemie caricaturale pour attirer de la sympathie sur ce pauvre Will. Et ne parlons même pas du triangle amoureux lourd qui plombe la série entre le Will-Le-Vaillant, la brave conseillère d’orientation un peu loufoque, et sa vilaine et méchante femme.
Le problème est que Will est censé représenter l’âme de la série, il est le mentor des élèves et, si Glee réussit à dépasser le cap des deux ou trois premières saisons, alors que les élèvent seront diplômés et qu’ils seront surement remplacés, Will sera toujours là.
Glee ne peut pas uniquement compter sur des morceaux musicaux plus ou moins réussis, et je ne crois pas absolument pas qu’il s’agisse d’une série sans grande prétention qui se laisse regarder. Il y a un minimum d’investissement à avoir en les héros de la série, il y a un minimum de profondeur à donner aux intrigues, il y a un minimum de complexité à donner aux antagonistes. Et Glee n’arrive toujours pas à fournir le minimum, avec 92 acteurs principaux, la série part dans tous les sens, et au final, donne un résultat très brouillon.
Si la série continue dans cette voix, le meilleur moyen de l’apprécier sera de regarder les morceaux musicaux sur YouTube. Plus besoin de se prendre la tête avec ses moments très pénibles où les acteurs parlent entre les chansons.
Interlude Jolies Lumières


Faces I Remember
Blackie a arrêté la verveine
Lire la critique de The Vampire Diaries par Blackie.
Interlude Publicité Mensongère


Where have you been all my life ?
Feyrtys défriche Grey Gardens
Ça alors, un téléfilm d’HBO récompensé aux Emmys ? Ça pourrait être surprenant si ce n’était pas tous les ans pareil. Mais pour une fois, j’ai envie d’en parler. Parce que ce téléfilm, intitulé Grey Gardens, m’a fait découvrir le documentaire du même nom, et qu’il va probablement me hanter pour le restant de mes jours.
En 1972, Albert et David Mayles, deux frères réalisateurs de documentaires, sont contactés par Lee Radziwill, la sœur de Jacqueline Bouvier Kennedy, pour réaliser un film sur son enfance et sa famille. Parmi la liste des lieux de tournage possibles indiqués par Lee se trouve la demeure de Grey Gardens, dans le East Hampton. Jackie et sa sœur y ont passé leurs étés lorsqu’elles étaient enfants. Y habitent à présent la tante et la cousine de Jacqueline, toutes deux nommées Edith Bouvier Beale et âgées respectivement de 77 et 55 ans à l’époque. La demeure est décrépite, et les deux femmes vivent dans la pauvreté la plus absolue, entourées de chats et de ratons laveurs.
Quand Al et David présentent une première ébauche de film à Lee, cette dernière annule le projet, probablement embarrassée à l’idée que le public puisse découvrir les conditions de vie épouvantables de ces deux parentes.
Mais les deux femmes fascinent tant Al et David que ces derniers décident de leur consacrer un documentaire. Le résultat est 1h30 de pur bonheur cinématographique. Les deux femmes se détestent autant qu’elles s’aiment, ne peuvent vivre l’une sans l’autre ni l’une avec l’autre. Elles sont le reflet l’une de l’autre : deux femmes désenchantées qui n’ont connu ni l’amour ni la gloire tant désirée, mais qui ont toujours été fidèles à elles-mêmes, jusque dans la folie. "Little Edie" et "Big Edie" se montrent à la caméra sans aucun fard, sans aucun mensonge, elles sont exactement les personnes qu’elles veulent être, et ne laissent personne leur dicter leur comportement, et surtout pas les hommes.
Elles sont également un exemple incroyable de relation abusive entre une mère et sa fille : la guerre psychologique qu’elles se mènent ne connaît quasiment aucune trêve. Et pourtant, elles s’aiment, elles comptent l’une sur l’autre et elles sont là l’une pour l’autre, jusqu’à la mort. Grey Gardens est un hommage à cet amour sincère mais destructeur, qui mène doucement mais sûrement à la folie.

Malgré ses nombreuses qualités, le téléfilm n’apporte rien à la perfection du documentaire, que ce soit dit. Il ne nous propose que quelques images d’un passé qu’on avait déjà imaginé en voyant le documentaire. Les flashbacks sont parfois maladroits, et souvent inutiles de mon point de vue. Quand on a vu le documentaire, on a tout vu de la vie des Beales. On n’a pas besoin de mise en scène pour mieux comprendre. Comme le dit Big Edie, "tout est dans le film".
Le téléfilm excelle surtout grâce à ses trois actrices. Drew Barrymore joue Little Edie, Jessica Lange joue Big Edie et la merveilleuse Jane Tripplehorn interprète Jackie O’, pendant quelques minutes seulement, mais quelles minutes… Pour avoir vu le documentaire et le téléfilm en l’espace de 24h, je peux vous dire que le travail de Drew Barrymore et de Jessica Lange est tout simplement extraordinaire. Jusque dans la voix et dans la façon de parler, ces deux actrices ne se contentent pas d’imiter les femmes Beale, mais de les incarner. De leur redonner vie. Le travail de maquillage et de perruque est par ailleurs phénoménal. On est loin des pastiches assez grossiers du series finale de Six Feet Under. On sent toute l’attention apportée aux détails, et tout l’amour que ces actrices ont pour leurs personnages. Elles m’ont vraiment impressionnée. Si leur talent peut permettre de faire découvrir le documentaire à des personnes qui ne l’avait jamais vu, comme moi, alors elles méritent toutes les récompenses de la terre.
La première fois que j’ai entendu parler de Grey Gardens, c’était lors d’un épisode de Gilmore Girls ; Rory et Lorelaï se disaient qu’elles risquaient bien de finir comme elles. Ce à quoi je peux maintenant répondre : oh oui, et pas qu’un peu. Mais ça aurait été sûrement mieux que de nous faire subir ces horribles saisons 6 et 7.
Interlude Transport Public


In a world of monotonous horror there could be no salvation in wild dreaming
Iris affûte Mr Pointy
Même si vous devez tous penser que les vies des rédacteurs Perdusiens ne sont particulièrement compliquées qu’aux périodes des tableaux de notes ; qu’il n’y a qu’à ces moments-là qu’on se déchire et qu’on se scinde en groupuscules ; que ces époques de l’année sont les seules où des virus sont envoyés sous prétextes de « Tiens, voilà le dernier épisode de Saturday Night Live, tu vas adorer =) » alors que l’on est en plein milieu de semaine ; que le reste du temps nous ne sommes qu’amour entre nous, laissez-moi remplir mon rôle de mère en réduisant à néant toutes vos illusions, tous vos rêves, et toutes les vagues chance de bonheur insouciant auxquelles vous pouvez prétendre.
Non, ce n’est pas le cas, on n’arrête pas de s’engueuler.
Et sur des sujets vachement profonds, en plus.
Par exemple, scoop, l’an dernier, le débat qui faisait rage portait sur True Blood. L’attrait ressenti ici pour cette série est connu de tous, mais ce que personne ne sait, c’est que celle-ci a brisé plus d’une fragile amitié. Il faut nous comprendre, avec nos tempéraments, notre propension à la vanne méchante, et un sujet aussi brûlant que « Anna Paquin est-elle plus canon en blonde ou en brune ? », les possibilités de dérapages étaient légion, et suffisantes à justifier les sutures sur l’intérieur de mes poignets.
En brune. Evidemment, en brune.
De même, on avait beaucoup opposé The Big Bang Theory à How I Met Your Mother, et encore une fois je m’étais retrouvée pratiquement seule du côté de la Team Barney.
Mais malgré tout, je gardais une certaine foi en mes collègues. Je mettais nos différences sur le compte de ma nationalité et de l’intelligence supérieure inhérente à celle-ci, mais continuais néanmoins à estimer leur opinion.
Pourtant, dernièrement, je me suis mise à sérieusement douter d’eux.
Un peu comme Robert Dubouquinetpasdufilm Neville, j’ai pris conscience brutalement que j’étais piégée, entourée par des gens aux pratiques étranges.
Je les ai regardés faire, horrifiée de constater mon décalage. J’ai essayé de les comprendre, mais j’ai échoué.
Alors, tout comme le dernier homme sur terre, j’ai décidé de les combattre, même si cela signifiait ma mort.
C’est Feyrtys qui est tombée la première, devenant fan de la série sur Facebook. Un signe qui ne trompe jamais, même un samedi fleurant bon le gin et la vodka, aux alentours des 4 heures du matin.
Tomemoria a aussi exprimé son affection pour la série... Puis ce fut au tour de Blackie de montrer des symptômes, plus violents cette fois.
Et j’ai su que bientôt, la maladie atteindrait tous les autres.
Attention, ce n’est pas que je déteste fondamentalement Vampire Diaries, mais quand même, consacrer tout un texte à en faire l’apologie me parait exagérer.
Même si depuis le pilote, elle ne m’a plus provoqué de nausées, elle n’en reste pas moins assez mauvaise.
Les raisons en sont multiples, et mériteraient presque un Top 10, mais vu le mépris que je continue à ressentir à son égard, un peu comme celui qu’on ressentirait vis-à-vis d’un amant génial mais bien trop laid pour qu’on le présente à nos amis, je me contenterai d’une vague liste.
Le jeu de Ian est toujours dushkuesquement déplorable, sans les seins/fesses/jambes qui vont avec pour le faire oublier. Le maquillage des vampires est ridicule, tout comme la moue torturée de Stefan dès qu’il ressent une envie de sang. L’héroïne et toute sa famille sont agaçants, au point de concurrencer les Brown, et pourtant du côté d’Everwood, il y avait Delia.
Et je pourrais continuer comme ça longtemps. Vraiment. Du genre, suffisamment longtemps pour que Ju ne nous crie dessus parcequ’on bouffe quasiment toute Notre Semaine à Nous pour parler d’une bouse, et qu’on décrédibilise le site. Du coup, dans un acte de pure bonté, absolument pas symptôme de ma paresse, et dénué de toute mauvaise foi, je vais m’arrêter sur une note positive qui apportera à mon jugement une nuance, prouvant que je reste objective.
Dans Vampire Diaries, il y a une chose que j’adore. Quelque part, dans cet océan de mauvais goût et de facilité, flottent des répliques délicieuses.
“I’m not some drunk sorority chick. You can’t roofy me.”, c’était Grand, et ce n’est qu’un exemple de citation parmis d’autres.
Alors oui, je vais continuer à regarder, mais c’est uniquement dans un but culturel, uniquement pour pouvoir dire que jusqu’au dernier épisode je l’ai détest… Oh.
Et, quelque part sur le chemin qui devait m’amener au bout du bout de mon texte, j’ai réalisé ce qui m’arrivait. J’avais commencé à aimer Vampire Diaries. Alors, d’un geste théâtral, je sortis un pieu de la poche arrière de mon jeans, et l’enfonçai dans ma poitrine.
Aie.
Interlude C’est Beau la Nuit


Tout est dans le sous-texte...
Ju prépare déjà ses adieux à Eliza
Je vais aller droit au but. Dollhouse n’aura pas de troisième saison. Dollhouse ne se verra pas commander les neuf épisodes qui compléteraient sa deuxième saison. Dollhouse ne sera certainement plus à l’antenne dans un mois.
Selon l’expression consacrée, les audiences de la série ont touché le fond et creusent encore. Ce qui, entre nous, ne sera pas forcément une grosse perte. Je n’arrive toujours pas à m’investir dans la série, même en ayant globalement apprécié les trois premiers épisodes de la saison 2. En particulier, celui de cette semaine était réussi, ne serait-ce que parce qu’il prouvait une bonne fois pour toute qu’Enver Gjokaj est l’acteur le plus polyvalent du cast.
Mais si je vous parle de Dollhouse aujourd’hui, ce n’est pas pour Victor, ni pour le scénario de Tim Minear, mais juste à cause de la promotion faite par la FOX en fin d’épisode. En effet, avant même l’habituelle bande-annonce du prochain épisode, l’annonceur nous déclamait fièrement la chose suivante : « Dans trois semaines, Summer Glau rejoint l’équipe de Dollhouse ! ».
Ils sont rigolos sur la FOX. Déjà d’oser annoncer quelque chose qui n’arrivera que dans trois semaines (soit, disons-le franchement, deux semaines après l’annulation officielle de la série), mais surtout d’annoncer l’arrivée de l’adorable Summer comme s’il s’agissait d’une bonne chose. Une bande-annonce plus honnête aurait donné : « Dans trois semaines, sous réserve que nous diffusions encore la série, Summer Glau rejoint Dollhouse ! Oui, oui, vous avez bien entendu, la Summer Glau de Firefly (que nous diffusions le vendredi soir il y a sept ans avant de l’annuler) et de Terminator (que nous diffusions le vendredi soir il y a un an avant de l’annuler) rejoint Dollhouse ! Le vendredi soir ! Dans trois semaines ! * »
Et puis bon, soyons sérieux deux minutes, elle est bien gentille Summer, mais elle est tellement 2009 ! Tout le monde sait que pour cette nouvelle saison, côté adorabilité totale, c’est Alison Brie de Mad Men et Community qui décroche la palme. Alors ouste, Summer et ta future série annulée, et bienvenue Alison !
* Avertissement : Bande-annonce non contractuelle, aucune poursuite ne pourra être intentée envers la FOX s’il elle se décidait à diffuser une rediffusion de House en lieu et place de Dollhouse. On fait de notre mieux. Et puis bon, le titre est presque le même, alors arrêtez de pleurnicher.