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Ma Semaine à Nous - Critique de l'épisode Semaine de la saison Semaine

N°132: Sponsorisée par les Plages des Caraïbes

Par la Rédaction, le 2 mai 2010
Publié le
2 mai 2010
Saison Semaine
Episode Semaine
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On est en mai ! Même si on sent la fin de la saison télévisuelle approcher doucement, ça n’a pas empêché Blackie de se lancer dans une toute nouvelle série dont elle nous parle aujourd’hui. Conundrum, quant à lui, aborde le sujet délicat et controversé de l’influence des chromosomes Y sur la stratégie dans Survivor. De son côté, Ju ne résiste pas à l’appel des comédies musicales, même dans les endroits les plus inatendus. Et Tomemoria parle d’autre chose.
Parce qu’on l’aime vraiment beaucoup et qu’on attend toujours la moindre excuse pour la mettre à l’honneur, la chronique de cette semaine est dédiée à Amy Acker.

Nwot yppah
Blackie n’est pas influençable

Il est étrange et indéchiffrable mon titre, non ? C’est parce que cette semaine, ABC m’a fait entrer dans le monde très mystérieux d’une petite ville avec plein de mystères et qui sent bon le pain : Haplin, surnommée Happy Town. Parce que c’est hyper ironique !

Happy Town est la série que quasiment personne n’a vu mais que tout le monde s’accorde à dire qu’elle est nulle. Il suffit de voir sur notre forum, deux messages sur trois sont de l’ordre « Je ne l’ai pas vu mais les critiques disent que c’est naze ». Même Ju m’a répondu cela. Et je ne suis pas complètement certaine, mais j’ai l’impression qu’on m’a encré dans la tête ce sentiment négatif sur la série depuis des mois, avant que l’on ait vu la moindre image. Elle était vouée à l’échec commercial depuis longtemps. Ce qui ne m’a pas empêchée de vouloir me faire une opinion comme une grande, en particulier quand je vois que des séries comme l’insupportable Parenthood sont de gros succès d’audience.

Donc Happy Town… c’est pas très bon, ok. Mais je me suis faite cette opinion toute seule, au moins. Ce n’est pas nullissime non plus, c’est juste très mal écrit. Et assez mal joué. Et bourré de clichés. L’un des gros soucis de ce Pilote réside dans les dialogues ultra-explicatifs sur la situation des personnages et les mystères très mystérieux de la ville depuis plusieurs années, donc il y a de fortes chances que cela s’estompe. Par contre il va falloir que Sam Neill choisisse entre imiter Nicholson dans Eastwick ou retrouver son Damien l’antéchrist. Amy Acker est une grosse déception parce qu’on ne lui donne rien à faire à part la Barbie du shérif adjoint Ken et maman de la mignonne-à-en-vomir Skipper. Et Steven Weber est pas content.

Ben oui, les gens de Happy Town ne sont pas happy (l’ironie dont je vous parlais) parce qu’un « Magic Man » kidnappe des habitants depuis plusieurs années et personne ne sait ce qui leur ait arrivé. Apparemment, cela a un rapport avec des forains (comme dans Carnivale !). Il y aussi un hôtel très bizarre où il ne faut pas monter au dernier étage (comme dans The Shining, un peu !) et le shérif se met à dire des trucs sans s’en rendre compte (comme… les gens séniles !). Ces trucs ont un rapport avec la nouvelle arrivée en ville pile au moment où un mec se fait trouer le crâne, une fille mystérieuse et tatouée qui n’a pas peur de monter les escaliers et de souper avec des vieilles. C’est intriguant tout cela, vous ne trouvez pas ?

En tout cas il ne faut surtout pas avoir en tête cette publicité mensongère qui la compare à Twin Peaks. Prendre comme exemple une œuvre cultissime datant d’il y a 20 ans et qu’elle avait honteusement annulée, c’est déjà risible de la part d’ABC. Mais surtout ces deux séries n’ont rien à voir, à part plein de personnages et une petite ville avec des secrets. Je pourrais vous en citant dix autres avec ces critères dans la seconde. Puis on ne compare pas le mec qui a pondu cette daube d’October Road à celui à qui l’on doit ce chef d’oeuvre d’Eraserhead. PI.TIE. Mark Frost devait atténuer et rendre plus accessible au public télé ce qui sortait de la tête de Lynch (mais pas seulement), alors que Trucmuche essaie désespérément de rendre le moindre élément, la moindre seconde trèèèès étrange. Je rappelle quand même que le Pilote de Twin Peaks est constitué à 80% de gens qui pleurent, pas de nains qui dansent à l’envers, ce qui n’est pas du tout le même type d’approche qu’a Happy Town.
Bref, ta gueule ABC.

Où j’en étais ? Ah oui, je voulais écrire quelque chose d’un peu sympa sur Happy Town, je crois… bah, tant pis. C’est pas terrible, mais je vais continuer à regarder au cas improbable où cela s’améliore. Ou pas. J’ai bien suivi Harper’s Island jusqu’au bout, alors.

I didn’t see what happened, I was watching ’Treasure Island’
Conundrum ne fait jamais confiance aux hommes

Heroes, nom d’une série prometteuse qui s’est révélée foireuse, dans ce sens, est la dénomination parfaite de la tribu de Survivor. Encore une fois, elle s’est faite lamentablement battre par les Parvati, Sandra et les autres, nom plus long à écrire mais qui leur va tellement mieux que Villains.

Je dois avouer que j’étais plutôt content de voir Amanda participer à cette saison. La fille n’est pas futée, sait très mal se vendre au conseil, mais elle est remarquable lors des épreuves, et garde encore un peu de capital sympathie depuis son conseil tribal où elle a utilisé l’idole d’immunité contre son alliance. En plus, elle imite super bien le cocker.

Malgré tout cela, je suis content de la voir partir. Elle a essayé de lutter en se battant contre Daniele dans une scène mémorable, mais elle a fait l’erreur de compter sur Colby. Evidemment, la suite logique d’un tel acte est l’élimination. Colby est la preuve qu’il n’y a rien à sauver de cette alliance. Surtout maintenant que Candice a, non seulement rejoint Parvati, mais surtout empêché Sandra d’aider les Heroes. Et j’espère enfin voir naitre cette All Female Alliance que les Heroes redoutaient tant.

D’ailleurs, je n’ai toujours pas compris le ‘Ne faites jamais confiance aux femmes’ de JT de la semaine dernière, ce type, comme Tyson, s’est auto-eliminé. Et je ne comprend toujours pas cette crainte d’une alliance garanti 0% en chromosome Y. Ce qui rend la saison Fans vs Favorites remarquable est qu’on avait à faire à des candidates aussi capables et douée en stratégie que des Boston Rob, Yul ou Rob C. qui se sont alliées. Rien à voir avec le fait que ce soit des femmes.

Mais le plus important est que, avec cette alliance, il y a eu une redéfinition du terme ‘floaters’. A la base, ils désignaient des candidats peu doués lors des épreuves que l’on gardait juste des raisons numériques. Avec Fans vs Favorites, et encore une fois avec Heroes vs Villains, les floaters sont devenus les candidats qui n’apportent rien en stratégie. On craint une Parvati nettement plus qu’un Rupert ou un Colby, car ces types n’apportent rien sur la table. Ils brillent de temps à autre dans une épreuve, mais une Sandra ou une Candice peut faire beaucoup plus de dégâts et peut plus facilement retourner le jeu.

Cela n’a rien à voir avec leur sexe, leur physique ou leur habilité à faire des bébés. Elles ont tout simplement un cerveau et n’ont pas peur de l’utiliser. Et pendant qu’elles changent le jeu, mettent au point de nouvelles stratégies, réfléchissent sur le long terme, Colby, lui, regarde ‘Treasure Island’.

Pacey et le Cas des Cadavres Chantant
Ju, toujours à l’affut d’une bonne histoire

J’ai arrêté Fringe vers le milieu de la saison 2. Je ne saurais pas vous dire exactement quand, j’ai en effet un peu de mal à m’en rappeler après avoir passé la majorité de mes derniers épisodes à somnoler.

Aujourd’hui, j’ai lu à droite à gauche que la série s’était nettement améliorée. Malheureusement, ce n’est pas suffisant pour me donner envie de revenir assister aux enquêtes surnaturelles de Pacey et de ses amis. Par contre, j’ai lu aussi que l’épisode de cette semaine, Brown Betty, était une histoire sombre dans le style Années 50 où les acteurs poussaient la chansonnette. Et qu’il était nullissime.
Là, vous comprendrez bien que je n’ai pas pu résister.

Au final, et contre toute attente, c’était vraiment plutôt pas mal.

Hein ?

Très vite, l’épisode gagne des points en se plaçant dans un schéma emprunté à un des meilleurs films du Monde, The Princess Bride. Walter Bishop, encore un peu fracassé par l’herbe expérimentale qu’il vient de fumer, se retrouve en train de raconter une histoire à la jeune nièce d’Olivia. L’histoire en question reprend plein d’éléments de la série dans une époque un peu indéfinie où les personnages se parlent comme dans de vieux films et mélangent costumes classiques de gangsters et téléphones portables.

Et en plus de ça, oui, ils chantent.

Plus d’une fois, et bien naturellement, l’épisode tombe un peu dans le ridicule. Impossible de faire autrement, et il y a de toute façon quelque chose de profondément improbable à regarder Lance Reddick chanter. Pourtant, malgré ça, entre la chorale des cadavres, la gamine qui nourrit la vache, et les discussions sur le Grand Amour (merci The Princess Bride), ça fonctionne, c’est amusant, c’est absolument inconséquent mais plus d’une fois touchant.

À conseiller à tous ceux qui veulent voir John Noble raconter à une petite fille une histoire tout à fait adéquate où sa mère meure le cœur arraché.

Blame it on the actors
Tomemoria, intermittent solidaire

Dernièrement, j’ai remarqué combien la présence de certains acteurs influait la qualité d’une série. Je ne parle pas des réguliers ici mais de ces guest-stars qui, par leur simple présence, rendent un épisode dix fois plus passionnant qu’il n’aurait dû l’être. On pourrait croire qu’il s’agit d’une illusion, que de retrouver des têtes connues dans un programme médiocre aiderait à faire passer la pilule, ou au contraire à la rendre encore plus difficile à avaler. Mais les faits sont là :

It’s all because of you

Prenez Mark Pellegrino. Sans aller jusqu’à dire que c’est un mauvais acteur, il faut néanmoins admettre que dès son apparition dans Lost et Supernatural, les deux séries se sont lamentablement cassées la gueule.

Supernatural n’en finit plus de s’enfoncer dans la mélasse, à grands coups de misogynie, de surplace et de choix scénaristiques douteux. Blackie avait déjà évoqué les principaux problèmes la semaine dernière, mais je vais enfoncer le clou. Supernatural est vraiment décevante cette année. Chaque semaine, les Winchesters n’ont cessé de s’engueuler, de douter l’un de l’autre, et de pleurer chacun dans leur coin, sans qu’aucune évolution ne vienne modifier la donne. Dean semble un peu plus déprimé à chaque fin d’épisode, mais il passe le reste de son temps à faire des blagues graveleuses et à prétendre qu’il prend tout à la légère. C’est comme si les scénaristes avaient trop peur de véritablement briser le personnage (comme Whedon avait pu briser Buffy en saison 6). Quant à Sam, cela fait plusieurs saisons qu’ils ont abandonné tout développement du personnage. Il sert souvent de bouc-émissaire aux actions stupides des autres protagonistes. Et Castiel, l’ange gonflant introduit l’an dernier, c’est la béquille scénaristique par excellence, qui apparait au gré de l’humeur des scénaristes, mais qui n’a rien fait d’autre que foutre en l’air la dynamique des deux frères.

Pour Lost, Ju explique assez clairement toutes les semaines les gros problèmes de cette saison. A quelques épisodes de la fin, j’ai perdu espoir de voir la série redresser la barre, même si j’ai passé un très agréable moment devant le dernier épisode.
En parallèle, sous les conseils de notre ami Jacob, je me suis fait une intégrale de la série en occultant tous les flash-back des trois premières saisons, excepté ceux qui se déroulent sur l’île. J’affirme aujourd’hui que c’est le moyen le plus agréable de découvrir la série. Le passé des personnages se révèlent alors à travers leurs conversations et le regard qu’on porte sur eux n’est pas altéré par leur passé qui, dixit Jacob, n’a aucune importance sur l’île.
Cela m’a également permis de découvrir l’épisode exact où Locke est passé de Grand Sage à Idiot Complet Sans La Moindre Réflexion. Il s’agit de l’épisode 19 de la première saison Deus ex Machina. Avant cet épisode, Locke était calme, réfléchi. Il faisait de longues allégories sur les papillons de nuit et les chiens qui dormaient sur les lits des morts. Il aidait tous les personnages à démarrer leur nouvelle vie sur l’île, car lui-même l’avait débutée le jour où ses jambes avaient fonctionné de nouveau. A partir de l’épisode 19, écrit par Lindelof et Cuse, le Locke du passé, pathétique et hystérique, a contaminé le Locke du présent. Progressivement, le personnage n’a été qu’un pantin guidé par sa foi aveugle, stupide, qu’il a fini par remettre en cause en fin de saison 2. C’est au début de la saison 3 que Locke a été complètement détruit par une écriture simplifiée du personnage, dont l’égoïsme, la brutalité et les motivations n’avaient plus le moindre sens. Actuellement au début de la saison 5, j’en ai conclus que les showrunners de Lost ont toujours secrètement détesté Locke. Probablement parce qu’ils n’étaient pas suffisamment talentueux pour maintenir un tel personnage dans toute sa complexité sur autant de saisons. Au début de la 5, Locke est plus pathétique que jamais, et quand il meurt étranglé par Ben, on peut y voir une façon des plus méprisantes de sortir leur personnage mythologique. Cela se confirme par les paroles de Smockey sur Locke en début de saison 6. En plus de cette dernière saison, le plus gros gâchis de la série sera surement ce personnage au grand potentiel, sacrifié par une écriture à la truelle.
Et tout ça, c’est la faute de Mark Pellegrino.

Pam Grier, elle, est tout l’inverse. Alors que cette saison neuf de Smallville est globalement décevante, Grier amène avec elle les meilleurs épisodes et les meilleures intrigues. Lors du téléfilm Absolute Justice, elle apportait les seules bonnes scènes, malgré un jeu approximatif. Lors de son retour dans l’épisode Checkmate, elle était plus à l’aise dans le rôle d’Amanda Waller et tout l’épisode avait un scénario solide ainsi qu’une réalisation léchée (si on aime les ralentis et les hommages aux comics), ce qui est assez rare dans cette série. Sa seule présence suffit à rendre les scénaristes beaucoup plus inspirés pour écrire de bonnes scènes entre leurs personnages, qui n’ont fait que se menacer et se taper dessus sans grandes convictions cette année.
Cette semaine, Pam Grier était de retour et évidemment, l’épisode surpassait les précédents. Les scénaristes (dont l’acteur qui joue Green Arrow, sans déconner) savaient exactement quoi faire de leurs personnages, notamment de Chloé dont le développement cette année semblait très superficiel. On a vu le personnage s’enfermer dans un monde virtuel, devenir calculatrice et menteuse pour le « bien de ses amis ». Dans l’épisode de cette semaine, au cours d’une conversation avec Tess, on finit par comprendre que toutes ses actions de cette année sont liées à la perte de Jimmy. Chloé admet qu’elle ne s’investit pas dans sa relation avec Oliver, par peur de souffrir, et qu’elle n’accorde plus sa confiance à personne, pas même à Clark.
L’an dernier, elle avait cru en Davis et celui-ci avait fini par assassiner l’homme qu’elle aimait. Chloé est toujours en deuil, et j’ai trouvé cette révélation amenée avec beaucoup de subtilité, une chose dont Smallville a toujours cruellement manqué. Le reste de l’épisode tenait la route. Stuart, la taupe de Chloé qu’avait tenté de tuer Tess, revient pour se venger. C’était dommage qu’il n’ait aucune interaction directe avec elle ou Chloé.
La fin de l’épisode m’a surpris : si Checkmate est hors jeu, je vois mal pourquoi ils ont introduit la reine rouge (qui n’est autre que Martha Kent, comme tout le monde l’a surement deviné), mais maintenant que Zob et les Kandoriens ont des pouvoirs et qu’ils sont tous ligués contre l’Humanité, on a un véritable enjeu pour cette fin de saison. J’espère qu’ils ne rateront pas leur final cette fois, car ils ont là l’occasion de rattraper une saison soporifique au méchant sans grand charisme.

la Rédaction