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Ma Semaine à Nous - Critique de l'épisode Semaine de la saison Semaine

N°135: Sponsorisée par les Bisounours

Par la Rédaction, le 25 mai 2010
Publié le
25 mai 2010
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Saison Semaine
Episode Semaine
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Un jour férié de plus au mois de mai, une journée de plus pour écrire des textes pour cette chronique et se remettre du series finale de Lost. Il fallait bien ça ! Parce qu’on ne dit plus assez de mal de 24, Tom décide de sortir cette série du fond du puits de l’oubli où elle se trouvait pour nous rappeler à quel point elle est nulle. Iris, elle, aurait bien aimé adorer l’épisode de Glee réalisé par Joss, mais son amour n’est pas aveugle. Et Feyrtys, quant à elle, décide de faire l’effort d’avoir une opinion sur le series finale de Lost. Que les fans se rassurent, elle n’en dit même pas du mal. Enfin pas autant qu’elle aurait aimé. Neil Patrick Harris était peut-être en petite forme dans le dernier Glee, ça n’empêche qu’on l’aime beaucoup à pErDUSA.

24 : You went too far
Tomemoria a perdu son héros

Cela me peine de le dire, car j’espérais jusqu’au dernier moment être capable d’affirmer « Jack Bauer avait raison à chaque fois » et pouvoir ainsi rafler la palme du perdusien sans la moindre morale ni respect pour le genre humain (Iris m’a coiffé au poteau, damn her !). Mais ce n’est plus possible aujourd’hui.

J’ai suivi les aventures de Jack Bauer depuis le tout début. Et durant tout ce temps, j’ai accepté ses choix, même les plus amoraux. Oui, qu’il tire dans la jambe d’une femme innocente pour faire parler son mari était nécessaire : elle était chiante et avait une voix très agaçante. Oui, abattre Curtis pour sauver un terroriste gracié devait être fait : Curtis était un boulet sans charisme. Et oui, étrangler un bébé pour faire parler sa mère n’a rien de choquant : la surpopulation est un problème de nos jours.
Mais cette semaine, Jack est allé trop loin. Qu’il exécute sommairement Starbuck parce que c’est une vilaine qui n’a plus grand-chose à faire dans sa série, soit. Qu’il déverse les boyaux de l’assassin de Renée pour retrouver la carte SIM qu’il vient d’avaler passe encore. Mais se déguiser en batman pour kidnapper un ancien président des USA, c’en est trop !

What is wrong with you ?

Alors que la saison 8 avait réussi à me faire de nouveau apprécier la série, la mort de Renée a marqué la fin de toute once d’humanité chez Jack. Toute la cohérence de la saison, voire de la série, se voit annulée par cet événement qui transforme Jack en automate animé par la simple vengeance. Jadis, c’était un esprit patriotique gerbant qui motivait ses choix. Il avait toujours été prêt à sacrifier n’importe qui, y compris lui-même, pour le bien de son cher pays. Mais aujourd’hui, parce que sa copine a été exécutée pour préserver l’intégrité d’un pays et qu’un traité de paix au Moyen-Orient est sur le point d’être signé, Jack décide que ce n’est pas juste. Jack trouve qu’il faut se venger et punir les responsables, même si la Présidente des Etats-Unis d’Amérique (comme il aime à l’appeler) lui a formellement demandé d’abandonner. Où est le patriotisme sans limite ? Où est le sens du sacrifice ? Où est passé l’intérêt du plus grand nombre ?

Vraiment Jack, tu préfères sacrifier un traité de paix juste pour pouvoir exécuter une trentaine de gardes et embrocher un ministre russe avec un tisonnier ? Et maintenant que tu connais l’implication du président Russe, tu vas l’exécuter lui aussi devant les caméras ?
Je ne sais pas quelle conclusion la série peut apporter à un personnage auquel on ne s’attache plus du tout. Mais j’espère de tout mon cœur qu’il se fera tuer et de préférence par Freddie Prinze Jr. Parce qu’il n’y aurait rien de plus hilarant comme fin que « Jack Bauer s’est fait tuer par Freddie Prinze Jr. Sans déconner ! »

"Joss Whedon est un pleutre et un tueur de chiots"
Iris voit les choses en face

Attention whorisme et conséquences.

Je crois qu’on peut dire que je suis du genre à répéter des schémas comportementaux plutôt débiles de manière assez récurrente. Par exemple, à chaque fois que j’accepte d’aller au restaurant avec mon ex quinquagénaire, je suis toujours persuadée que notre repas ne sera pas interrompu par un appel de sa femme. Déception, Ô sweet déception, continue à lacérer ma peau s’il te plaît.
Mais ceci n’est rien en comparaison de ma pire erreur.

Je fais toujours confiance à Joss Whedon.

Quel que soit le contexte, je me dis que si son nom figure au générique, ce ne sera forcément pas un échec, qu’il y aura forcément quelque chose à sauver.

Et malheureusement, depuis quelques temps (je ne pense pas avoir à citer de noms, ceux qui ont regardé des programmes de la Fox ces deux dernières années comprendront), j’ai tort.
Très très tort.

Prenez l’épisode de Glee de cette semaine, par exemple.

A priori, malgré que ce soit un épisode de Glee, et que Glee est Fondamentalement Mauvais, on pouvait espérer quelque chose de sympa.
Beaucoup de potentiel (bon d’accord, en réalité juste singing Neil Patrick Harris et Joss Whedon, mais c’est le genre d’associations de noms qui pourraient me faire écrire une variation de Jizz In My Pants) m’avait décidée à faire une exception et à ne pas voir ce drama de 40 minutes en un quart d’heure.
Pourtant je me suis ennuyée. Et comme toujours devant cette série, l’ennui était mêlé d’un léger embarras pour les acteurs - et quand je dis léger embarras, il faut en réalité lire que j’ai sérieusement essayé de calculer la quantité d’anti dépresseurs que le cast devait avaler pour arriver à supporter de tourner le genre de scènes qu’on leur écrit, et les probabilités pour qu’on leur pointe vraiment un flingue sur la tempe lorsqu’ils le font.
Je sais que j’aurais dû aimer, au moins un tantinet, mais les faits sont là et toute personne prétendant le contraire deviendra à mes yeux quelqu’un d’influençable, et de probablement à la solde d’un gouvernement financé par la scientologie et le viol de chatons : C’était aussi atroce que d’habitude.

Même si apparemment il est particulièrement hype de se masturber devant une pseudo Whedon Touch (mais si, vous savez, ce truc que les fans du Monsieur brandissent comme excuse à chaque fois qu’ils sont surpris par leur boss ou leur mère, un paquet de Kleenex sur leur bureau, et une douzaine de captures d’écran des seins d’Eliza Dushku devant eux) et que critiquer cet homme n’est pas vraiment dans mes habitudes, il faut parfois savoir accepter de voir la vérité en face, même si elle craint grave (Phrase Cliché De La Semaine n°135, sponsorisée par Meredith Grey).

La réalisation de cet épisode n’avait rien d’incroyable (à moins que vos références en la matière se limitent à Gossip Girl et Smallville) et vos orbites méritent un récurage Calebien si vous avez osé le penser.
Contrairement à ce que beaucoup ont affirmé, les chansons n’étaient pas meilleures, ni mieux choisies, ni mieux interprétées ; on a même atteint des sommets de ridicule pendant la séquence fantasmée dans le centre commercial.

L’autre Evènement Prétendument Awesome Of The Week était la présence de Neil Patrick Harris, le mec qui a échangé une notoriété contre sa possibilité de jouer d’autres personnages que le dragueur obviously-kinda-gay qui l’a rendu si populaire.
J’ai beau adorer NPH, je ne vois que deux interprétations possibles à son jeu à mourir d’ennui du dernier épisode. L’une d’entre elles implique la paresse de l’acteur ; l’autre provoquerait probablement mon assassinat si j’osais vous la retranscrire.

On peut donc dire qu’en un épisode, la médiocrité de Glee a réussi à contaminer deux de mes figures de la télévision américaine préférées, deux dieux que je pensais pourtant intouchables.
A ce stade-là, je serais presque moins contrariée si le show se révélait être la cause réelle de la famine et de la guerre en Irak. Et sûrement moins surprise.

La semaine prochaine dans Glee, une spéciale Lady Gaga, et comme ceci n’y sera probablement pas, on sait déjà que Spoiler Alert l’épisode n’aura aucun intérêt !

Lost, the end.
Feyrtys sort les mouchoirs et les reproches

ATTENTION SPOILERS SUR LA FIN DE LOST.
JE VOUS AURAIS PREVENUS.
VENEZ PAS RALER APRES.

Ah ça, on ne peut pas dire qu’ils manquent de courage, Damon Lindelof et Carlton Cuse. Après avoir passé 6 saisons à poser des questions et à éveiller avec plus ou moins de succès l’intérêt de leurs spectateurs, ils ont décidé de ne pas conclure leur série avec des réponses, mais avec un seul et unique thème : celui de l’amour universel. Aimons-nous les uns les autres ! La vie qui nous attend après la mort est trop chouette !

Alors oui, je ne vais pas mentir, je ne vais pas faire preuve de mauvaise foi, ce series finale ne m’a pas laissé de marbre. D’un point de vue émotionnel, je le trouve réussi. Deux scènes m’ont beaucoup émue : Sun et Jin, Sawyer et Juliette (j’ai toujours eu un faible pour ces deux-là). Ces retrouvailles étaient vraiment réussies.

Mais je ne mentirai pas non plus en disant que cette histoire d’atmosphère d’apéro géant avant d’aller au paradis me gâche un peu ce series finale. Je ne faisais pas partie des gens qui attendait des réponses à tout, mais j’attendais qu’on me raconte quelque chose d’un peu plus passionnant que "peu importe la nature de cette île, ce qui compte ce sont les relations que les gens ont entretenues les uns avec les autres, ce qui compte c’est l’Amour".

Parce que si je réfléchis au message de cette scène finale, si j’écoute le bon Christian Shepard, j’en conclu que rien n’a d’importance, puisqu’on finit tous par mourir et qu’on se retrouve entre potes avant de passer "à autre chose".

Donc quand on nous expliquait à grands renforts de répliques mélodramatiques que si le MIB quittait l’île, ce serait la fin du monde, en fait, c’était des conneries. Toute la guerre entre Jacob et son frangin, finalement, ce n’était qu’un détail dans l’Histoire : le successeur de Jacob (Hurley, bien entendu, et heureusement) va lui aussi protéger l’île, mais comme il l’entend, avec ses propres règles, c’est Benny qui le dit. Soit. Si vous voulez. Mais la protéger de quoi, cette foutue île ? Le MIB a disparu (dans une chute que je préfère oublier), Dharma ne reviendra sûrement plus, les Autres sont partis, Windmore et sa fortune ont disparu (je ne suis pas sûre d’avoir compris ce qu’ils étaient venus faire exactement, à part offrir Desmond sur un plateau à Locke), et à part attendre le prochain crash d’avion accidentel causé parce qu’un type aura oublié de rentrer des numéros qui ne correspondent à rien, je ne vois pas trop de quoi il faudra la protéger. Peut-être du prochain Dr Ducon qui prendra toutes les pires décisions de la création les unes après les autres.

M’enfin si ça fait plaisir à Hurley de rester sur une île avec son pote Ben le génocideur, why not. Après tout chacun son truc. Mais j’ai un léger goût amer qui me reste en travers de la gorge. Tout ça est bien mignon, mais ça tient pas la route. La force de Lost, ce n’était pas les relations entre les personnages. Même celle, cruciale, entre Locke et Dr Ducon. Les auteurs n’ont jamais réussi à me convaincre d’une quelconque amitié entre les personnages, tout juste arrivaient-ils à me convaincre de leur amour (ils ont réussi avec Sun et Jin, Penny et Desmond, Sawyer et Juliet, mais c’est bien tout). Ils étaient surtout forts pour créer des antagonismes, pour poser des questions et pour créer une atmosphère mystérieuse. Alors oui, l’idée de pardon, de rédemption, d’être prêt à aller dans l’au-delà, c’est joli, ça fait une fin satisfaisante si on croit à ces conneries de vie après la mort, mais quand on prend la série dans son ensemble, quand on pense à ces 6 saisons pendant lesquelles on a dû se taper des flashbacks souvent mous en attendant qu’il se passe quelque chose sur l’île, ça fait un peu mal.

Il faut quand même reconnaître une chose importante, dans toute cette déception relative mêlée de satisfaction émotionnelle : ils ont ENFIN donné une importance à Kate. Elle tire la balle qui sonne le glas du méchant Locke. Elle sert enfin à quelque chose et elle le fait avec une certaine classe. C’est pas comme si j’attendais qu’elle fasse un truc cool depuis 6 saisons.

Pour compenser ça, bien entendu, Lindelof et Cuse ont décidé de lui donner le pire "flash de conscience" qui soit. Quand Sawyer et Juliet réalisent où ils sont, c’est après s’être touchés la main. Quand Sun et Jin se souviennent de ce qu’ils ont vécu sur l’île, c’est après avoir vu l’échographie de leur bébé. Mais quand Kate se rappelle de toutes les conneries qu’elle a faite sur l’île, c’est en aidant Claire à mettre au monde son bébé. Ca a l’air mignon sur le papier, mais quand on y pense, c’est vraiment dégueulasse pour Kate.

Euh, ce vagin déformé par la tête d’un bébé me rappelle quelque chose...

J’aurais préféré détester ce series finale de bout en bout, j’avoue, ça m’aurait facilité la tâche. Le fait est qu’il a fonctionné à un certain niveau, l’émotion, même si je préfère oublier cette église. Est-ce que ça suffira à me laisser un bon souvenir des 6 saisons de Lost, 6 saisons plus ou moins réussies ? Seul le temps me le dira. Et l’envie ou non de me refaire une intégrale.

la Rédaction