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Ma Semaine à Nous - Critique de l'épisode Semaine de la saison Semaine

N°14: Nos Séries à Nous de la Rentrée

Par la Rédaction, le 3 janvier 2007
Publié le
3 janvier 2007
Saison Semaine
Episode Semaine
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Avec un tout petit peu de retard, mais c’est pas grave parce que notre résolution pour 2007 est d’avoir encore plus de retard que d’habitude, la rédaction de pErDUSA vous propose de mettre en lumière les séries de la rentrée 2006 qui l’ont marquée. Au programme : The Office, Heroes, South Park, Brothers & Sisters, The Wire, Ugly Betty, Friday Night Lights et The O.C. Si après ça, vous vous demandez encore quoi regarder, c’est à désespérer !

The O.C. - The Office - The Wire - Brothers and Sisters - South Park - Heroes- Ugly Betty - Friday Night Lights


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The O.C. - Saison 4
Vous n’êtes pas sans savoir que The O.C. était la série chouchoute de la rédaction pendant sa première saison. Tout le monde était sous le charme de cette série rigolote et sans prétention, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes... jusqu’à la très mauvaise saison 2. Résultat : voilà deux ans qu’on ne disait que du mal de la série, et honnêtement, on n’en attendait plus grand-chose.
J’ai le bonheur de déclarer aujourd’hui que la quatrième saison de The O.C. est encore meilleure que la première. Non seulement la série est redevenue (très) drôle, mais en plus les intrigues dramatiques n’ont jamais était aussi bien traitées. Et pour ce renouveau inattendu, une seule responsable : Mischa Barton. En effet, c’est parce que Mischa a été virée, c’est parce que ce boulet de Marissa n’est plus là, que The O.C. est meilleure que jamais. La mort de Marissa a été l’outil idéal pour recentrer les intrigues sur les meilleurs personnages de la série, à savoir Ryan, Julie et Summer. Et quelles intrigues ! Chacun a la chance de faire son deuil, chacun subit un traitement remarquable et... ô combien surprenant, pour une série qui s’est longtemps embourbé dans des triangles amoureux foireux et du soap de mauvais goût.
L’autre avantage majeur de cette saison, c’est bien sûr le personnage de Taylor. Introduite l’an dernier, elle prend vraiment de l’ampleur cette année et nous offre les meilleurs moments de la série. Complètement folle, complètement attachante, complètement... l’opposée de Marissa. Taylor est parfaite, Taylor est la touche de folie qu’il manquait à la série, et Taylor rend tous les personnages beaucoup plus drôles et humains.
En bref, une saison remarquable qui mélange habilement l’humour et le dramatique, une saison à voir à tout prix, même par ceux qui ont abandonné la série depuis longtemps.

Meilleur moment
Difficile de choisir entre toutes les scènes de Taylor, mais si je ne retenais qu’une chose ce serait certainement les fantasmes à répétitions de Ryan, très années 80, et très drôles.

Meilleur épisode
Chacun des 7 premiers épisodes est meilleur que le précédent, si il en avait qu’un a mettre en avant, ce serait le septième, The Chrismukk-huh ?, épisode complètement barré où Ryan et Taylor tombent dans le coma et visitent un Newport alternatif où ils n’existent pas... Quand The O.C. se permet de prendre des risques et de faire, en gros, n’importe quoi, c’est hilarant, c’est touchant, c’est à l’image de la saison.

Le Maillon Faible
Un seul petit regret, Kirsten est vraiment mise à l’écart. C’était déjà le cas l’an dernier, certes, mais c’est quand même un peu dommage. Oh, et Adam Brody ne sait plus jouer. Surprenant.
Ju

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The Office - Saison 3
Je sais, j’ai beaucoup parlé de 30 Rock. Vraiment beaucoup. Et de MadTV. Et de Saturday Night Live. Mais, il n’y a aucune série que j’attends avec plus d’impatience que The Office. Autant j’ai aimé le cliffhanger de la saison 2, autant j’ai eu peur que la série telle que je la connaissais, et telle que je l’aimais, était morte. Loin de là, elle en est revenue meilleure et tous les risques que la série a pris ont porté leurs fruits.

Meilleur Moment
Il y a tellement de moments marquants dans ce début de saison. Des Dwighteries, les moments très Valerie Cherish de Michael, des regards de Pam qui vous déchirent, bref des moment qui représentent tout ce que j’aime dans The Office. Celui que j’ai choisi n’en fait pas partie.
Dans un précédent podcast, notre hors série, nous avions souligné que l’une des forces de la série est son rapport avec la caméra, avec le documentaire. Avec The Office, nous ne sommes pas simples témoins de l’action comme n’importe quelle autre série. Les personnages savent qu’ils sont filmés et tentent souvent de se montrer sous un meilleur jour (Michael) ou l’utilise pour se voiler la face (Pam). Il n’y a pas beaucoup de personnages qui restent vrais face à la caméra dans les moments sérieux de la série. Sauf Karen. Karen en pince pour Jim, elle n’a pas peur de l’avouer, de se l’avouer et le dire à la caméra. C’est rare dans The Office.

Meilleur Michael Scotisme
« I think Angela might be gay. Could Angela and Oscar have a gay affair ? »

Meilleur Episode
3.01 - Gay Witch Hunt

Jim et Pam, c’est bien, mais la série, ce n’est pas que ça. Le finale éclipsait un peu ce qui fait le charme de la série : Michael Scott est un gros boulet. Mais un bon boulet, un boulet positif, un boulet qu’on aime voir se ridiculiser. Dans le season premiere, Michael « out » Oscar par accident auprès de ses collègues. Et commence alors un festival Michael Scott entre bigoterie et sur-affirmation (si, si, c’est un mot, sinon je le décrète) maladroite de son hétérosexualité, Michael se montre aussi touchant. Mais surtout très drôle.
Mais Jim et Pam, c’est aussi pourquoi on regarde la série, et l’ultime plan sur Pam a de quoi vous briser le cœur.

Meilleur Boulet
Il n’y a aucun boulet dans The Office, et c’est vraiment remarquable. Les personnages secondaires restent secondaires aussi populaires qu’ils soient. Les webisodes estivaux nous ont montrés que les comptables n’étaient pas de bons personnages principaux. The Office joue aussi très bien la carte du shipperisme. L’arrivée de Rashida Jones a été bien gérée, et malgré un dénouement dangereux, on aime encore plus Jim, Pam, et Roy.
J.J. a encore beaucoup de choses à apprendre sur les triangles amoureux.
Conundrum

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The Wire - Saison 4
C’est la saison des transitions. Attention, rien à voir avec les « épisodes de transition », connus aussi sous les termes moins politiquement corrects d’« épisodes bouche trou qui font patienter jusqu’aux prochains sweeps ».
Les intrigues principales de la série avaient trouvé leur conclusion à la fin de la saison 3. Celle-ci démarre ainsi avec de nouvelles situations pour les personnages qui restent et qui vont devoir trouver leurs marques. Que ce soit dans la rue ou pour les membre de l’unité « major crimes » après la chute de la maison Barksdale, ou bien à la Mairie et à la tête de la Police avec un Baltimore en pleine période d’élections...
Avec un élargissement de son univers aux adolescents et à l’école, l’apprentissage sous toutes ses formes est le cœur de cette saison de The Wire. Un thème étroitement lié à la notion de durée, avec le temps qui passe qui devient de l’expérience, les instants, anecdotiques sur le moment, qui se révèlent les tournants d’une vie...
Et ne serait-ce que pour la maîtrise de la structuration du temps sur ses treize épisodes, cette saison est un chef d’œuvre exceptionnel.

Meilleur moment
Dans le deuxième épisode, quand, dans leur lit, Rhonda et Cedric imitent Lester !

Meilleur épisode
Le premier. Quand on a vu les treize épisodes de la saison et qu’on le revoit.
A la première vision, on a l’impression que rien ne se passe et que l’action est retenue. Tous les personnages semblent attendre quelque chose. A la seconde, on sait que tout est presque déjà joué. C’est juste génial.

Le Maillon Faible
La rédaction de pErDUSA.
Pour qu’une série apparaisse dans le tableau récapitulatif de l’année, il fallait qu’elle soit regardée par au moins trois rédacteurs. Pour The Wire, il en manquait... deux !!!
Mais puis-je vraiment jeter la pierre à mes collègues ? Surtout en cette période de célébration des valeurs de tolérances chrétiennes (c’est pas un oxymore ?)
Moi aussi, je trouve qu’il est plus facile de regarder un épisode de Heroes, de Ugly Betty ou de The New Adventures of Old Christine (quoique, voilà encore un oubli honteux du tableau !) que de The Wire.
Un vil démon pourrait tenter de me faire écrire que pourtant rien n’excuse l’absence de la meilleure série jamais produite par la télévision dans la grille magique, que c’est pas comme s’il n’y avait pas eu 21 mois entre la fin de la saison 3 et le début de la 4 pour rattraper son retard, mais non... Vive la naissance de Jésus, et surtout la santé et les listes électorales aussi.
Jéjé

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Brothers & Sisters - Saison 1
C’est quoi ça Brothers & Sisters ?
Brothers & Sisters, c’est l’histoire d’une famille à problèmes.
Une famille dysfonctionnelle, une famille déchirée par la politique, l’adultère et la religion, une famille plongée dans la tourmente financière (ils sont obligés de vendre leur maison de campagne dans le 7ème épisode, c’est terrible !), bref, une famille qui a plein de soucis trop tragiques...
Enfin, ça, c’est ce que veulent nous faire croire les scénaristes. Parce qu’il faut bien l’avouer, à pErDUSA, on échange tous notre famille contre la famille Walker quand ils veulent !

Meilleur moment
Dans la vie, parfois, ça fait du bien d’être surpris.
Et parfois, au contraire, ça fait du bien quand tout se passe exactement comme on s’y attendait.
Quand un épisode tourne autour de la vente de la maison de campagne familiale, et que chaque protagoniste se rappelle avec nostalgie comment il y a perdu sa virginité, on attend qu’une chose : qu’ils s’y rendent tous en même temps (et en secret) pour week-end coquin en amoureux !
Heureusement, c’est exactement ce qui se passe, et tous les membres de la famille Walker et leurs fiancés / maris / amants illégitime respectifs se retrouvent coincés ensemble pour le week-end, avec le sperme de Kevin le gay et l’intolérance de Kitty la républicaine pour seuls sujets de conversation.
Le résultat est complètement prévisible, c’est sûr, mais il n’en est pas moins savoureux... A l’image de la série ? Peut-être bien !

Meilleur épisode
La série n’a fait que s’améliorer depuis le début de la saison. Aussi, il n’est pas très étonnant que le neuvième épisode de la saison, Mistakes were made (Part 2), soit pour l’instant le meilleur !
On aurait pu craindre un épisode larmoyant vu le sujet, mais l’équilibre entre drama et comédie est parfait, et les acteurs au top de leur forme. On rit (Brenda qui joue au billard !), Jéjé et Ju pleurent (Nora qui pleure dans sa cuisine !), on rit encore (Kevin gets the guy... and the bed), Jéjé et Ju attrapent un deuxième paquet de Kleenex (Kitty fait sa confession télévisée !)...
Bref, un excellent épisode, parmi bien d’autres, qui exploite pleinement le potentiel de la série. Et franchement, un épisode à flashback sur le thème du 11 septembre et de la guerre en Irak qui réussit à ne pas être navrant (là où JJ Abrams et DEK se plantent à chaque fois), voilà un vrai signe de qualité !

Le boulet de la série
Ron Rifkin n’est pas un mauvais acteur. Sauf quand il tue Nadia à coup de table basse mais là, franchement, c’est la faute de JJ.
Cependant, dans une série où presque tous les personnages sont joués par des têtes connus, et où tous les acteurs (même Balthazar Getty... même la figurante qui sert de femme à Balthazar Getty) ont réussi à s’imposer tôt ou tard et à faire oublier leur ancien rôle, il faut bien reconnaître qu’il fait un peu tâche !
Ce n’est pas sa faute, le pauvre... Son intrigue du début de saison a été abandonnée sans explication (mais peut-on blâmer les scénaristes pour avoir abandonné une intrigue signée Marti Noxon) et sa relation avec Patricia « je me maquille vraiment comme une p... » Wetting (oui oui, comme dans Alias) n’est pas palpitante et ne nous aide pas vraiment à oublier Sloane.
Reste que pour l’instant, talentueux ou pas, Ron Rifkin pourrait disparaître de la série sans que je m’en aperçoive... Et c’est bien le seul !

La scient... La républicaine de la série
Il n’y a pas encore de scientologue dans Brothers & Sisters, mais ce n’est pas très grave, parce que pour compenser il y a Calista Flockhart !
Elle interprète Kitty, la plus jeune sœur Walker, qui anime un talk show et est fâchée avec sa famille à cause de ses idées politiques... Il faut dire, il y a de quoi : Kitty est républicaine. Et elle n’a pas peur de le dire !
Bon, à pErDUSA, on n’a pas encore trop compris la différence entre Kitty et une démocrate : elle est pro-avortement, pro-mariage gay, pro-théorie de l’évolution, elle s’oppose publiquement à la guerre en Irak, elle trompe son petit copain sans arrêt et elle pense qu’il faut aider les pauvres en augmentant les impôts pour financer la sécurité sociale.
Mais bon, il doit quand même y avoir des subtilités qui nous échappent puisque tous les autres personnages passent leur temps à répéter que « Kitty, cette sale républicaine, elle est vraiment pas tolérante et très différente de nous ».
En tous cas, quoi qu’on pense des républicains ou du sourire de grenouille collagènée de Calista Flockart, Kitty est indéniablement, avec son frère Kevin le gay, le personnage le plus drôle et le plus attachant de la série.
Tigrou


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South Park - Saison 10
Avec bientôt dix années et plus de 153 épisodes, on pourrait croire que South Park s’essoufflerait, et pourtant, cette dixième saison a été une des meilleures. Comme à leur habitude, Trey Parker et Matt Stone nous offrent du concentré d’humour scabreux, débile, chtarbé, dégueux, et d’autres qualificatifs encore plus fous. Mais aussi, derrière cet humour sans limite, des réflexions sur, en vrac : les sectes, la censure, les théories conspirationistes, la religion et son antonyme l’athéisme, les MMORPG, l’effet de serre, etc.

Autant dire que peu de sujet ne passe pas au travers du regard au vitriol des créateurs de South Park. Il semble bien que rien ne peut plus les arrêter. Par exemple, Comedy Central leur dit qu’ils ne pourront pas montrer l’image du prophète Mahomet dans un épisode, suite au problème rencontré par les dessins parus au Danemark. Parker et Stone passent outre et parleront dans le double épisode "cartoon wars", d’intégrisme, de fanatisme, de bêtise, de censure (en général et de Viacom le groupe dont fait partie Comedy Central) en utilisant le personnage de Mahomet sans jamais le montrer, et au passage, se foutant largement de la gueule de Family Guy.

South Park n’est donc pas qu’un dessin animé à l’humour parfois graveleux, il est parfois, voire souvent, un peu plus.
Différentes approches, différents degrés de lecture, règles simples pour une grande série.

Meilleur moment
C’est vraiment trop dur de choisir un seul moment dans cette saison, disons que la parodie du générique de "Buck Rogers in the 25th Century" que l’on voit au début de "Go God Go part XII" est un de ces moments de pur geekasme(© Ju) qui vous éclate et vous fait bondir de votre siège avec un cri de bonheur.

Meilleur épisode
Désolé, je ne peus pas choisir autre chose que le double épisode "Go God Go part I" et "Go God Go part XII" ! D’une part parce que l’intrigue de l’épisode est une des plus débilement géniale de la série et de l’autre, il y a une réflexion sur les dogmes (religieux ou non) qui peuvent facilement gouverner nos vies.
L’intrigue est simple. Eric Cartman est incapable d’attendre deux semaines la sortie de la nouvelle console Nintendo Wii et décide de se faire congeler durant ce laps de temps. Malheureusement, une avalanche empêche qu’on le retrouve et il sera retrouvé seulement au 25ème siècle. Un monde où il n’y a plus de religion mais où les athées sont répartis en trois grands groupes qui s’affrontent dans une guerre sans merci sur la véritable interprétation des écrits de Richard Dawkins. (Si vous ne savez qui sait, un petit coup de moteur de recherche vous y aidera grandement)
Toute ressemblance avec nos religions serait bien sur purement fortuite.
D’un côté se trouve l’alliance athée unifiée, de l’autre la ligue athée unifiée et enfin l’alliance athée alliée, des loutres qui ont évolué jusqu’à devenir des êtres conscients doués de parole. Après Buck Rogers, un petit hommage à la planète des singes ne fait pas de mal. Finalement en réussissant à changer le passé Eric retournera à son époque.

Est-ce que l’athéisme pourrait être aussi dangereux que la religion ? C’est bien ce que pense Parker et Stone, ou du moins qu’un athéisme intégriste pourrait être aussi dangereux. L’idée, est que nous sommes des êtres trop irrationnels pour croire en quelque chose, même si c’est "rien", sans que cela ne finisse toujours par diviser les gens. Il y a sans doute du vrai dans cette réflexion, même si mon athéisme combattant proche de celui de Dawkins veux croire qu’un monde sans religions serait forcément plus calme.
En tout cas, que vous soyez croyant ou pas, ce double épisode est à voir absolument, chacun y trouvant forcément son compte.

Le Boulet
Aussi incroyable que cela paraisse il n’y a pas de boulet dans South Park. Si, si, j’vous jure, croix de bois, crois de fer, si je mens je vais en...

Le scientologue de la série
Isaac Hayes, scientologue notoire, outré par l’épisode "Trapped in the closet" de la saison dernière (qui attaquait la scientologie) avait décidé de quitter la série. L’épisode 10.01 était alors l’occasion d’en terminer avec Chef.
Sans pour autant se venger d’Isaac Hayes, Stone et Parker arrivent encore à attaquer de front les sectes et offrir une sortie honorable, mais drôle quand même, à un des personnages les plus sympathique de la série. C’est pas fort tout ça ?
Joma


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Heroes - Saison 1
Sujet de moqueries par certains (surtout vous-savez-qui) il y a quelques mois, Heroes a su dépasser en une poignée d’épisodes une entrée un peu grossière dans le panorama télévisuel pour devenir une des meilleures nouveautés de la saison.
Non pas grâce à son incroyable manque de prétention, ni encore son casting impeccable débitant des dialogues pêchus, ni même ses nombreux personnages tous traités à égalité. Et certainement pas parce que quelqu’un ayant pour initiales AC l’a dit. Non, Heroes est tout simplement un comic book en trois dimensions, spectaculaire et sans temps morts, qui réussit à plaire à tous les grands gamins avides de sensations fortes en nous. En simple : du pur fun.
Parmi ses bons points, on ajoutera la découverte de Masi Oka, sa capacité à nous faire oublier qu’un jour Hayden Panettiere a été l’enfant maudit d’Ally McBeal, à rendre des phrases stupides des effets de modes incontournables (combien d’entre vous ont commandé une épée au Père Noël ?), et surtout révéler une ambigüité chez des personnages simplistes de prime abord. Résultat, on ne sait jamais à quoi s’attendre et l’enthousiasme suscité est à peu près égal au gonflement de mon ego depuis que le monde admet que j’ai su voir le potentiel de cette série.
Ce qui serait encore mieux, ce serait que les auteurs nous rassurent un jour sur le fait qu’ils savent où ils vont.

Meilleur moment
Mon préféré est indéniablement l’image finale de One Giant Leap lorsque Claire se réveille à la morgue, la cage thoracique grande ouverte. Un choc émotionnel et visuel en conclusion d’une nuit infernale, laissant les yeux grands ouverts et la langue pendante.

Meilleur épisode
Homecoming marque les esprits, puisqu’il apporte l’évènement tant attendu de l’attaque de Sylar à l’encontre de Claire et offre toutes ses promesses, malgré l’absence d’Hiro. Mais c’est pourtant l’épisode suivant qui me paraît le plus aboutit.
Suivant Hiro dans son voyage dans le passé, Six Months Ago offre l’occasion de découvrir des éléments importants étant survenus dans la vie des héros avant la fameuse éclipse solaire réveillant leurs pouvoirs. Alors que la majorité d’entre eux vit des instants déterminants sans s’en rendre compte, Hiro connaît une histoire d’amour déchirante, tandis que l’on assiste à la naissance du monstre qu’est Sylar en découvrant l’homme se cachant derrière. Avec en cerise sur le gâteau un double cliffhanger impliquant la mort d’une héroïne et une conspiration du silence, cet épisode réussi à conclure en beauté la première partie de cette saison et à rendre suffisamment impatient le spectateur durant une longue période de pause.

Le boulet de la série
On peut toujours trouver à redire sur le Professeur X du pauvre, Mr Il-faut-me-croireuh-je-dois-sauver-le-monde ou la Vilaine aux Yeux Globuleux. Chacun sa bête noire, tout le monde ne peut être Lorelai Gilmore. Mais la pire de tous, celle qui accumule les erreurs impardonnables, est sans conteste et à l’unanimité Nikki.
Déjà, parce qu’elle nous a fait miroiter un pouvoir peu ordinaire qui s’est révélé n’être qu’une arnaque. Ce qui amène à sa plus grosse boulette : elle n’a aucun pouvoir. Jusqu’ici, nous n’avons vu qu’une schizophrène se prenant pour sa sœur morte et possédant plus ou moins la force d’une adepte de bodybuilding. Notre psycho n’est qui plus est mêlée qu’à des histoires mafieuses bas de gamme, dans lesquelles elle entraîne sa famille au potentiel ainsi freiné. Le pire là-dedans, c’est que j’apprécie Ali Larter et cela m’empêche de souhaiter qu’elle se fasse pomper la cervelle par Sylar (d’ailleurs, qu’aurait-il à grignoter là-dedans ?).
Nikki, c’est le personnage sans absolument aucun intérêt. Même pour les amateurs de striptease.
Blackie


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Ugly Betty - Saison 1
Il y a du luxe, il y a du caviar, il y a de la San Pellegrino, il y a des vêtements hors de prix partout, il y a la décoration la plus cool de toutes les décorations. Et au milieu de tout ça, il y a Betty. L’allégorie de l’adolescence. Un brin nous, quand on avait quatorze ans : des lunettes, un appareil dentaire, quelques kilos en trop et une naïveté trop sincère pour être détestable.
Lorsque Betty est recrutée en tant qu’assistante du rédac’chef (terriblement sexy, c’est un facteur très important de la série) du magazine Mode, elle se retrouve catapultée dans un univers cruel, sans merci et moqueur. Un pitch on ne peut plus banal, je vous l’accorde. Mais après tout, c’est avec les vieux pots qu’on fait le moins déborder le vase.
On assiste alors à la découverte de ce monde, à l’inévitable perte de la naïveté et aux dilemmes entre vie privée et vie professionnelle de Betty, interprétée à la perfection par America Ferrara. La candeur du personnage ne l’empêche pas vraiment de juger les employés de Mode, du moins autant que ces derniers la jugent. Aucune leçon de morale donc, ni sur la beauté qui se trouve à l’intérieur ou sur le fait que seul Dieu peut juger les gens.
Si Ugly Betty ne paye pas de mine, elle a une esthétique réfléchie et une histoire forte, qui lui permettent de jouer du rapport fond/forme avec une agilité et un humour enviables.

Meilleur moment
Je l’ai lue et entendue si souvent qu’il faut bien remettre cette phrase ici : « Ugly Betty est la seule série à savoir me faire rire dès les deux premières secondes. ». C’est pourquoi le meilleur moment restera à mon goût le « Holaaaaa ! » de Marc, déguisé en Betty pour Halloween. L’adjectif « culte » me paraît approprié.

Meilleur épisode
Débarquée après la vague The Devil Wears Prada, Ugly Betty a réussi à innover et à attacher dès le premier épisode. Le pilote est drôle, frais, il joue avec les clichés et avec ce qui a déjà été fait dans le registre en y apportant sa dose d’auto-dérision et d’originalité.

Le Maillon Faible
A quatorze ans, on était moches et on avait très mauvais goût : on marquait des phrases de Offspring sur nos sacs Creeks au tipex et nos petit(e)s ami(e)s étaient des gros boulets. Le maillon faible de la série, sans trop de surprise, est donc celui de Betty. Lourd, dénué de tout humour et de compassion, égoïste, il bride Betty dans sa découverte du monde extérieur et, l’air de rien, ralentit terriblement les intrigues.
Lyssa


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Friday Night Lights - Saison 1
Friday Night Lights n’est pas une série sur le football américain, la glorification du sport ou de l’esprit de compétition. Cette série parle du désespoir latent qui règne dans ces petites villes du Texas, autrefois riches, aujourd’hui pauvres, sans grand espoir d’un avenir meilleur. Cette série parle de ce qu’il reste à ses habitants : le football, ou plus exactement, leurs joueurs, leur équipe, l’espoir de gagner un championnat et voir l’un des leurs partir en NFL, le dernier rêve américain qu’il leur reste.
A Dillon, Texas, le football est la seule chose qui rende les gens vivants, qui les fasse sortir d’un ordinaire et d’un quotidien désespérant. Mais on ne sombre pas dans le misérabilisme. Les personnages touchent souvent au sublime, comme Tim par exemple, qui ne peut retenir ses larmes devant le lit d’hôpital où gît son meilleur ami. Ou Lyla, qui, voyant ses rêves s’effriter peu à peu, doit retrouver sa place parmi une communauté qui n’accepte que des stéréotypes. Ou encore Matt, la générosité et la bonté incarnées, qui s’occupe de sa grand-mère comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Tous les personnages de FNL sont animés par une passion qui est bien plus grande que celle du sport. Ils sont animés par la volonté de rêver, d’espérer, et de faire partie d’une grande et (idéale) famille qui serait indestructible. Cette famille qui vibrerait, retiendrait sa respiration, et exulterait en parfaite harmonie avec son équipe.

Meilleur moment :
La série ne manque pas d’humour, et est entrecoupée de moments extrêmement drôles. Lorsque la fille du coach commence à sortir avec Matt Saracen, le nouveau quaterback, le père ultra-protecteur et l’adolescent ont de courtes scènes hilarantes, comme celle-ci, qui est ma préférée :
“You want a beer son ?
- No thanks, I’m driving.
- I WAS KIDDING.”

Meilleur episode :
1.05 - Git ’Er Done
Un match électrique, un nouveau quaterback qui donne du fil à retordre au coach Taylor, un échange poignant à l’hôpital entre Tim et Jason et je passe l’épisode complètement survoltée par l’adrénaline et accablée par les larmes.

Le Maillon Faible : Dieu
Oui, je sais bien, la religion est une donnée essentielle à n’importe quel récit qui se baserait sur une petite ville des Etats-Unis. Il faudrait que je me résigne à faire avec, à comprendre que Dieu et les prières sont une partie intégrante de la vie de ces personnages, que d’ignorer cet état de fait reviendrait à nier toute une partie de la réalité de ces mêmes personnages. Je sais tout ça. Pourtant, dès que ça parle de Dieu, des épreuves qu’il envoie, des prières que l’on doit lui consacrer, c’est plus fort que moi, j’ai le poil tout hérissé. Pourtant, FNL traite le sujet de la religion de façon plutôt subtile, et l’on sent bien que Dieu est aussi important que le match du vendredi soir. Ce qui, si on y pense, est assez païen au final.
Feyrtys

la Rédaction