N°53: Semaine du 14 au 20 janvier 2008
20 janvier 2008
Episode Semaine
Real-Strike
La real-tv m’a tué - Jéjé
C’était annoncé, avec la grève des scénaristes, les émissions de real-tv allaient pulluler. Contre mauvaise fortune, je ferai bon cœur, et pour supporter l’absence de séries révolutionnaires que seraient Chuck, Reaper ou Dirty Sexy Money, je me tournerai vers les nouveaux So You Think You Can Dance et Survivor et trouverai un nouveau Project Runway pour passer cette rude période avec sérénité !
La grève arriva.
Les émissions de real-tv pupullèrent.
Dance War, Make Me A SuperModel, The Apprentice : Celebrity débutèrent.
Tout était censé bien se passer.
Sauf que ce fut l’horreur.
L’enfer sur Terre.
La grosse claque.
Je crois que j’en suis arrivé à comprendre ce que pouvait ressentir Joma devant de la real-tv.
L’incrédulité devant des présentateurs dont l’arrogance n’égale que la lourdeur de leur humour et leur soif de célébrité (oui, Bruno de Dance War, je te vise particulièrement), la consternation face à des candidats au vocabulaire limité et aux aspirations pathétiques ("Devenir un mannequin est ce qui peut arriver de mieux à n’importe qui !") et l’effondrement devant la laideur des images, l’amateurisme du montage et la vulgarité générale (oui, oui, Trump, ça c’est pour toi !)
Le seul truc regardable (et encore), c’est American Gladiators. On retrouve une succession d’épreuves à la Survivor avec des candidats qui tentent de s’assommer à coups de grands coton-tiges, qui font faire des allers et retours sur des passerelles instables en évitant de gros sacs qui leur arrivent dessus ou qui plongent sous des murs de feu… Mais il y a plusieurs gros problèmes : l’esthétique futuro-cheap, la présence de « stars » du catch bodybuildées, des petits films sur le passé forcément édifiants des candidats qui viennent se mettre sur la tronche parce qu’ils aiment leurs enfants, leur Dieu et leur pays. En résumé, si on se contente de regarder les épreuves, on peut passer huit bonnes minutes par épisode.
Bref, il faut absolument que cette grève s’arrête le plus vite possible !
Vraiment…
Canada to the rescue
Joma a planté un érable dans son jardin !
Alors que le pauvre Jéjé s’inflige de la realtv à haute dose, je préfère me concentrer sur les séries scénarisées. Et là j’ai de la chance. Par un drôle de hasard, Radio-Canada, par l’entremise de la chaine CBC, lance quatre nouvelles séries.
The Border est un cop show sur une unité de l’ICS - Immigration and Custom Security - en charge de protéger le Canada contre divers trafics, contre le terrorisme, la corruption, ou bien aider à résoudre des demandes d’asile politique, voire aider les cousins étasuniens avec leurs problèmes, surtout quand ils les font tomber du mauvais côté de la frontière.
Je ne suis pas trop intéressé par le pitch de la série et les deux premiers épisodes ne m’ont guère emballé.
Sophie voyait la vie sereinement : sa propre agence artistique, un mec mignon qui allait l’aider pour sa grossesse et puis patatra, en une journée sa vie s’effondre. Son mec se casse en emportant bon nombre des clients de l’agence, la laissant presque sans boulot et seule pour mettre au monde son marmot. Elle doit en plus de tout cela, gérer ses drôles d’amis et sa famille.
Petite comédie dramatique, plus drôle que drame, Sophie n’apporte rien de nouveau mais le personnage principal est pour l’instant attachant et ses proches suffisamment bizarres pour être intéressante à suivre.
MVP est la réponse canadienne à Footballers’ Wives, d’ailleurs le sous-titre de la série est sans ambiguïté : The Secret Lives of Hockey Wives. Bye bye football, welcome hockey, sport national canadien.
Si, comme moi, vous aimez le soap, les coups bas, des intrigues liant le sexe, la drogue, MVP est pour vous. N’ayant pas vu Footballers’ Wives je ne suis pas capable de comparer, pour ça il faudra attendre que Jeje se décide à regarder un jour MVP. En tout cas, c’est marrant de voir Matthew Bennett en manager cynique, ça ne le change pas trop du cylon Aaron Doval.
jPod est pour moi la réussite des nouvelles séries de CBC, une comédie décalée qui fonctionne vraiment bien. Je n’ai pas lu le bouquin de Douglas Coupland dont est tiré la série, mais les échos que j’en ai eu me donnent à penser que la série propose le même humour.

Ethan Jarlewski travaille dans une unité de conception de jeux vidéos, il est en charge des effets spéciaux "gore". Sa vie serait tranquille s’il ne devait pas gérer ses quatre coéquipiers plus ou moins fantasques (dont le nom commence tous par J, d’où le titre). Il y a aussi sa mère, qui jardine de la marie-jeanne, se retrouve embarquée dans une histoire dangereuse ; son frère, qui fait passer de manière clandestine des travailleurs asiatiques ; son père, vieux beau et dragueur, auditionne pour le rôle d’Hermann Göring (dansant) pour le film
Hitler’s Kitten... Et, en vrac, un mort, les triades chinoise, un nouveau patron à gérer qui en pince pour sa mère.
Il y a un humour bizarre que j’adore dans jPod. Ajoutez à cela le fait de retrouver Alan Thicke dans un rôle bien loin du Dr Jason Seaver de Quoi de neuf, Docteur ?/Growing Pains (rhaaa le coup de vieux que je prends) et j’ai beaucoup de plaisir à regarder cette série. Dans les têtes connues, il y a également Sherry Miller qui avait joué le Dr Lona Massingale dans l’adaptation US du Royaume de Lars von Trier, Kingdom Hospital.
Les Canadiens nous en donnent donc pour tous les goûts, du "grosbill" à la midinette, faites votre choix et servez-vous.
Mon guide des séries à regarder pendant la grève
Feyrts fait sa Don Quichotte
Je sais, il n’y a (presque) plus rien à regarder à la télévision. C’est dramatique, c’est insupportable, c’est tragique. Mais je me dis que c’est en ce moment même que nous devons affronter le plus grand défi de notre vie de sériephile : convaincre les gens qui se plaignent de pas avoir de nouveaux épisodes de Grey’s Anatomy, de Heroes ou de How I Met Your Mother, convaincre ces gens qu’on a tous dans notre entourage, et qui nous désespère tous un peu, qu’il y a de meilleures séries que celles-là à découvrir et qu’il n’est jamais trop tard pour le faire. A la question "mais alors, je commence par quoi ?", à laquelle je n’ai jamais pu répondre du tac-au-tac, je vous propose cette liste établie après plusieurs heures passées à réfléchir et à contempler mes coffrets DVD. J’ai divisé la liste en différentes catégories, parce qu’on ne regarde pas toutes les séries de la même façon… Et dans les mêmes conditions.
La sitcom facile à regarder pendant le petit-déj/déjeuner/dîner : en ce moment, moi, je regarde Frasier. Je le conseille chaudement à tout amateur de sitcom qui se respecte. Il faut juste faire attention à ne pas s’étouffer avec sa nourriture en riant.
La comédie qui fait bien digérer : Arrested Development. Trois saisons, c’est moins que Frasier, mais on peut regarder AD en boucle indéfiniment. Moi j’en suis à mon cinquième visionnage et je m’en porte très bien.

Les excellents dramas de 21h : là, il y a du choix. J’ai revu Six Feet Under récemment et en ce moment, je regarde pour la troisième fois Deadwood ; Rome va suivre juste après. Je pense que je vais me refaire une intégrale de The Wire une fois que la saison 5 sera finie. Si je n’avais pas revu Carnivàle cet été, j’aurais probablement enchaîné avec ce petit trésor méconnu. Tiens, je me demande quel est le point commun de toutes ces séries…
Le drama de 22h qui fait réfléchir et beaucoup rire : Boston Legal. Parfait pour se détendre avant d’aller au lit.
Les dramédies attachantes pour les samedi soirs où on déprime un peu : Gilmore Girls, Men In Trees, Northern Exposure, The O.C.
Le drama qui brise le cœur en mille morceaux pour nous rappeler que finalement, le cynisme et le pessimisme ne font pas tout dans la vie : Friday Night Lights. Bonus track : Tim Riggins, l’ami de toutes les femmes hétéros et de tous les hommes homos.
Les séries parfaites pour des marathons : quelques jours de vacances et la ferme intention de rester chez soi, parce que les meilleures vacances sont celles passées à regarder des séries des journées entières depuis le fond de son lit douillet ? Rien de mieux qu’une intégrale de Sex and The City, d’Arrested Development ou de Will & Grace, c’est un conseil amical. Et entre nous, ce sont aussi mes vacances préférées, celles-là.
Les séries pour faire son repassage / cuisiner / corriger ses copies / jouer à Tetris sur DS : d’accord, ce ne sont pas de grandes séries, je m’éloigne donc un peu de mon propos, mais il faut des séries pour ce genre d’activités aussi, c’est important. Ca permet de garder une idée assez précise de ce que "médiocrité" veut dire.
J’avais l’habitude de cuisiner en regardant Lost et Smallville l’année dernière, vivement que ça reprenne ! Mais Brothers and Sisters et Desperate Housewives remplacent très bien Lost pour les activités sus-citées. A regarder du coin de l’œil, ces séries ne demandent pas trop de concentration mais divertissent suffisamment pour faire passer le temps pendant des tâches un peu rébarbatives.
Pour finir, tout le reste : Buffy Contre les Vampires, Twin Peaks, Firefly, The West Wing (A La Maison Blanche), My So-Called Life (Angela, 15 ans), Veronica Mars, The Shield, les deux premières saisons de Battlestar Galactica… Je crois que j’ai à peu près fait le tour.
A vous d’adapter cette liste à vos goûts et à ceux de votre entourage et de faire le nécessaire pour diffuser la bonne parole, qui est, je le rappelle : "chacun est libre de regarder ce qu’il veut à condition de conserver un ratio de 1 série médiocre pour 2 bonnes séries." Voilà c’est tout.
Et j’y mettrai mon père, ma mère...
Conundrum aime la famille, mais faut pas pousser.
Après une saison et demie, Brothers and Sisters devrait avoir réussi à trouver son rythme de croisière. Ce n’est malheureusement pas le cas. De graves conflits derrière la caméra empêchent ma série de trouver sa voix. Le pilote fut entièrement retourné, un épisode ne fut pas diffusé, Marti Noxon fut renvoyé et récemment Jon Robin Baitz, le créateur de la série, a quitté le navire.
L’un des principaux problème que j’ai avec la série est son casting. Il y a une floppée d’acteurs sympathiques mais seule une poignée monopolise l’antenne. Je comprends que lorsqu’on a Rob Lowe dans sa distribution, on cherche à l’utiliser le plus possible (sauf quand on s’appelle Aaron Sorkin), mais les intrigues politiques de la série plombent trop son équilibre. Et encore, si c’était de la politique intéressante, ça ne me gênerait pas. Il y a matière, grâce au principe de la série, à soulever des débats intéressants, mais elle se contente de faire de la politique "light", lourdement idéaliste et qui ne froisse personne.
Le souci est qu’on ne regarde pas Brothers and Sisters pour Rob Lowe, on ne regarde même pas Brothers and Sisters pour un acteur en particulier mais pour une dynamique familiale drôle, dramatique et rythmée. On regarde Brothers and Sisters pour les scènes à table, pas pour la campagne politique. Surtout une campagne politique dont on connaît pertinemment la résolution. Kitty ne sera pas première dame sans changer profondément le principe de la série.
Malheureusement, les scénarii de la série ne sont ni du niveau de ses ambitions, ni du talent de sa distribution. J’espère que la grève permettra aux producteurs de revoir leur copie.
Les brunes comptent pas pour des prunes
Joma et Blair Waldorf, BFF
Je suis plutôt content de voir que la confiance que j’avais placé en Josh Schwartz et Stephanie Savage n’a pas été trahie. Gossip Girl a été pour moi une des bonnes surprises de cette année. Sans entrer dans les détails, car la semaine dernière Blackie a expliqué de manière magistrale les qualités et les défauts de la série, je constate quand même que le personnage féminin le plus intéressant, chez les ados, est une brune.
Dans The O.C. Summer avait très tôt volé la vedette à la blonde et geignarde Marissa. Dans Gossip Girl, Blair Waldorf est très vite devenue bien plus complexe, et donc intéressante, que Serena van der Woodsen.
Je ne suis pas là pour juger du talent de Blake Lively – S – ou de Leighton Meester – B – j’en serais de toute façon incapable, mais au vu des 13 épisodes, une des deux actrice à quand même plus de matériel à jouer.
C’est à se demander si Josh (ou Stephanie) ne font pas de la discrimination capillaire. Menfin je n’irai pas jusque là, puisque Kelly Rutherford a quand même un personnage qui sauve l’honneur des blondes. Tient d’ailleurs c’est marrant, mais dans Chuck le personnage féminin le plus fade est une brune (dommage pour toi Sarah), Josh voudrait-il se faire pardonner ?