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Ma Semaine à Nous - Critique de l'épisode Semaine de la saison Semaine

N°54: Semaine du 21 au 27 janvier 2008

Par la Rédaction, le 27 janvier 2008
Publié le
27 janvier 2008
Saison Semaine
Episode Semaine
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La grève commence à se faire ressentir dans notre rédaction. Il faut réclamer des textes avec plus d’insistance que d’habitude, demander au petit nouveau, Gizz, de combler le vide laissé par le Tigre en écrivant sur d’obscures séries australiennes qu’il a pu voir lors de son voyage, mettre fin aux supplications de Ju pour obtenir l’autorisation d’écrire sur Prison Break... Heureusement, la nouvelle série d’AMC, Breaking Bad, donne de la matière à Blackie, et Frasier en donnera à Drum pour la vie entière. Gizz aurait du parler de Friday Night Lights (d’où un certain Jason Street en vignette) mais il n’a pas encore les épaules assez solides pour supporter la pression incroyable qui règne le dimanche soir dans les bureaux de la rédaction de pErDUSA. Ce sera pour la prochaine fois.
On garde Scott Porter en page d’accueil, quand même : ça faisait longtemps qu’on avait pas eu un homme à la une d’une Ma Semaine à Nous !

Cours de chimie accéléré
Blackie donne son avis sur Breaking Bad

Bryan Cranston en slip blanc vous a manqué ? AMC est là pour exaucer vos souhaits.
A peine quelques mois après avoir été propulsée sur orbite par Mad Men, la petite chaîne des vieux films nous régale avec une nouvelle série de son cru. Que ce soit l’été ou la grève, on peut dire qu’elle sait comment soulager notre ennui avec classe.

Breaking Bad, donc, est son anti-Weeds. Le burlesque est présent, le tout hautement divertissant, mais nous ne sommes pas dans une comédie. Son personnage principal Walter White ne se met pas au trafic de drogue parce qu’il est trop flemmard et snob pour se trouver un boulot banal à la supérette du coin. C’est un homme désespéré au possible, qui a rapidement besoin d’une forte somme d’argent par nécessité bien plus que par vanité : son fils handicapé a besoin de soins particuliers, sa femme est à nouveau enceinte, et il va bientôt mourir d’un cancer des poumons en ne leur laissant pour vivre que son salaire pitoyable de prof de chimie/laveur de voitures.

Il pourrait faire pousser des plantes mais ce serait presque trop facile et donné à n’importe qui, ce qui n’est pas le cas de la fabrication d’amphétamines. Ce marché est plus rare, le boulot à la hauteur de son QI, la récompense plus grosse, et les dégats auprès de ses consommateurs bien plus forts que les cigarettes qui font rire. Non, il n’y a pas de quoi rire avec les amphètes.
Walter ne se lance d’ailleurs pas dans ce commerce par hasard. C’est son beau-frère, qui travaille aux stupéfiants, qui lui en donné indirectement l’idée et l’a mis sur le chemin du jeune dealer Jesse Pinkman. Le vieux prof flirte dès le départ avec la police sous son nez et ne risque pas de se retrouver en train de coucher, comme par hasard et pour mettre du piment à la mixture, avec une fille de la DEA. Il n’est pas idiot, il sait parfaitement dans quoi il s’embarque et considère de toute façon qu’il n’a rien à perdre. Le peu de vie qu’il lui reste, il le voit avec un regard neuf. Bref, rien à voir avec cette neuneu de Nancy Botwin.

Ne nous amusons tout de même pas à comparer cette série en qualité avec sa grande sœur de Madison Avenue. Matthew Weiner avait auparavant bossé pour David Chase, Vince Gilligan, lui, avait bossé sur toutes les séries de Chris Carter. Leurs créateurs ne sortent clairement pas du même moule. Mais Breaking Bad n’en est pas moins une excellente nouveauté, intelligente, touchante, avec un casting et une réalisation à la hauteur… en bref ce Pilote a tout ce qu’il faut pour rester accrochés et mériter qu’on en parle.
Puis damn, Bryan Cranston rules !


Hey baby, I hear the blues a-calling...
Conundrum est à l’écoute... tout en regardant Frasier

Frasier s’impose de plus en plus dans la rédaction, et j’éspère que l’envie de (re)découvrir la sitcom de NBC (à la qualité supérieure à Friends) se fera ressentir dans vos coeurs. Onze saisons de Frasier donnent un panel d’épisodes important à regarder. Mais il y a quand même quelques petites règles à respecter avant de se lancer à l’aveuglette dans une intégrale. Toujours prioriser les épisodes avec Harriet Samson Harris. Le meilleur rôle récurrent de la série est celui de Bebe, l’agent démoniaque de Frasier. Dans une moindre mesure, si Felicity Huffman apparaît dans un épisode de la saison 10, vous pouvez le regarder sans crainte, contrairement au reste de la saison. Les épisodes sans Kelsey Grammer sont souvent très réusss ; j’admire toujours un premier rôle qui n’a pas peur de céder sa place à ses collègues. Si n’importe quel épisode de la saison 11 fera l’affaire, en revanche, les saisons 8 et 9 ne sont à revoir que si la grève s’éternise de trop. Si la grève n’est pas finie en mai, sachez quand même que les épisodes avec Jean Smart vous décrocheront un bon fou rire. Enfin, règle très importante : un épisode où Roz a plus de deux scènes est toujours 3,6 fois plus hilarant qu’un épisode sur Daphné. C’est prouvé scientifiquement.

Ben voilà, vous êtres prêts à attaquer Frasier. Non, non, pas besoin de me remercier.


Prison Break. Non, vraiment. Sans déconner.
Libérons Ju !

Quand j’ai annoncé à mes collègues il y a quelques jours que mon texte de la semaine serait consacré à la troisième saison de Prison Break, leur réaction fut assez particulière. Disons simplement que la nouvelle a été reçue avec une certaine indifférence, ce qui est plutôt étonnant lorsqu’on connaît les personnes qui composent la rédaction. Ce que je veux dire par là, c’est que lorsque Gizz nous parle de Coupling, sa série préférée du Monde, quelqu’un (souvent Joma) a toujours la décence de lui répondre « on s’en tape de ton truc tout nul, le nouveau ».
Là, rien. Chez pErDUSA, je suis le seul à regarder Prison Break.
Cette introduction laborieuse n’a en fait qu’un seul but : vous annoncer que j’ai quelque chose à dire sur la série préférée des fans de tatouages et de rebondissements débiles, et même si mon ego souffre du fait que ça n’intéressera personne, je le dirais quand même.
Et pour couper court à tout suspens, la chose que j’ai à dire en question c’est que cette troisième saison est quand même un tout petit peu nulle. Ce n’est pas surprenant, ce n’est pas hautement important non plus, mais je tenais quand même à le dire.

Voyez vous, la première saison avait déjà ses défauts, mais pour moi elle reste malgré tout un très bon divertissement qui tient bien la route et ne se fout pas trop de ses téléspectateurs au passage. L’ambiance était bonne, visuellement c’était très soigné, et le suspens était plutôt efficace pour une série qui ne savait pas exactement combien d’épisodes elle avait pour raconter son histoire.
Après une saison entière passée en prison, puis une deuxième saison passée à courir dans tous les sens pour diverses raisons plus bancales les unes que les autres, le cliffhanger de fin de deuxième année annonçait un retour aux sources pour une série qui n’arrivait plus à s’arrêter. Scofield et ses ennemis étaient à nouveau enfermés, cette fois ci au Panama. Même si on doutait déjà à l’époque de la capacité qu’avait la série à se renouveler, l’introduction de la nouvelle prison en elle-même était - il faut bien l’avouer - très réussie. Une paire de minutes glauques au possible, une arrivée lugubre sous la pluie où les travestis côtoyaient les drogués, une longue descente en Enfer qui s’achevait par ce gros con de Bellick en état de choc, battu et en slip, et un combat brutal en pleine nuit sous les hurlements des prisonniers. Une ambiance parfaitement établie en une chouette scène qui concluait la saison sur une forte impression.
Une ambiance complètement inexistante dans la saison 3.

La nouvelle saison de Prison Break, c’est le Club Med.
Le jour levé, tous les prisonniers vaquent à leurs occupations, tranquilles, sans gardes pour leur pourrir la vie. Il y a de la musique et un chouette parasol multicolore dans la cours ensoleillée. De temps en temps, un petit combat « à mort » pas trop violent, histoire de se divertir. La vie est douce et agréable, complètement frustrante. Sur les dix épisodes diffusés, seules deux petites scènes se passent en pleine nuit. La nuit, apparemment, ça fait trop peur aux téléspectateurs. Les « gueules » qui composaient le cast en première saison étaient peut-être un peu caricaturales, mais elles avaient au moins l’avantage d’être un minimum convaincantes. On en est loin avec les « pires criminels du Panama », des mecs biens propres sur eux et bien gentils, qui parlent tous dans un parfait anglais.

Voilà voilà… c’est ce que j’avais sur le cœur depuis le début de la saison.
Près de trois mois après le début de la grève, j’en suis finalement arrivé au point où je n’avais tellement rien à dire qu’il a bien fallu me résigner à écrire une page sur Prison Break.
Faudrait vraiment que ça s’arrête, là, c’est plus possible.


Hartley Corrosif
Gizz essaye de nous faire croire qu’il travaille

N’écoutez jamais la gronde des envieux. Je n’étais pas parti en vacances de l’autre côté de la planète, là où Noël se passe sur la plage et où les gens parlent anglais bizarrement. J’étais en mission professionnelle. Et comme ce voyage était financé par la Caisse Noire de pErDUSA, j’étais contraint de contribuer à la cause du site sur place. Ce que je fais cette semaine.

Car non, le monde des séries anglophones ne se résume pas aux feuilletons américains et à Coupling. Les Aussies aussi (ahah) savent manier la plume et la caméra. Enfin surtout un : Chris Lilley. Ce charmant jeune homme est le créateur/auteur/multi-interprète d’un mockumentary qui vaut le détour : Summer Heights High. L’histoire de trois personnages (tous joués par Chris) d’un lycée de la banlieue de Sydney, Mr G, professeur de théâtre efféminé et chorégraphe raté ; Jonah Takalua, Tongien rebelle et fan de break-dance, et Ja’mie (J. A. Apostrophe. M. I. E., "it’s weird I know but you’ll get used to it"), cold bitch victime d’un échange entre son lycée privée bourgeois et ce "lycée de ploucs" en question.

Au delà de la performance de Chris Lilley, qui passe d’un personnage à l’autre de façon très impressionnante, cette série comporte beaucoup de qualités, et quelques originalités. L’humour est assez déstabilisant par moment (le professeur de théâtre qui décide d’écrire une comédie musicale sur le décès par overdose d’une élève du lycée), et certains passages sont même assez dérangeants (Jonah qui accuse son père d’attouchements sexuels), mais une impression de réalisme et de justesse flotte sur ce lycée (ce qui n’était pas évident, quand un homme de 30 ans joue une gamine censée en avoir la moitié). Le trio (qui ne se croise pas de toute la série, pour des raisons techniques assez évidentes) est détestable et attachant à la fois, et les personnages satellites très réussis. Et surtout, ça chante ! Ce qui vaut un gros bonus pour n’importe quel perdusien qui se respecte...

Mais comme le dit le vieil adage, un lien YouTube vaut mieux qu’un long discours. Voici donc un extrait centré sur Mr G. qui vient donc de décider d’écrire une comédie musicale sur une élève tout juste décédée d’overdose.

Pour les déjà séduits, vous pouvez commander le coffret DVD directement auprès de la rédaction, les bénéfices serviront à financer mon prochain "déplacement professionnel".

la Rédaction