N°77: Semaine du 06 au 12 octobre 2008
12 octobre 2008
Episode Semaine
Oh, snap
Blackie n’est pas impressionnée par Kath & Kim
Pour le peu que je connaisse de l’humour australien, un remake d’une de leurs sitcoms a le mérite de changer des pompages anglais qui pullulent aux États-Unis. Ce qui ne change pas, c’est que les américains ont toujours autant de mal à adapter à leur sauce le travail des autres.

Kath & Kim est une comédie prenant pour centre une mère et sa fille un peu extravagantes et à la différence d’âge minime. Kim, presque la quarantaine, retourne au bercail lorsqu’elle se rend compte que son mariage tout neuf lui demande trop d’efforts à son goût. Kath, à peine la quarantaine, n’est pas ravie de la voir débarquer alors qu’elle refait sa vie avec le gentil Phil. Alors, Kath et Kim se mettent à faire des grimaces, à rouler des yeux en permanence et faire un maximum de références à une pop culture se résumant à Britney-Lindsay-Paris, tout cela dans des tenues à souhaiter se prendre de l’acide dans les yeux. Et... ben c’est tout.
Histoire de rajouter une couche de souffrance à ce tableau, la réalisation faite caméra à l’épaule ne sert strictement à rien si ce n’est donner la nausée, et on nous impose de la voix off inutile. Pas celle d’une des filles, oh non, chacune d’elle y va de ses précieux commentaires tout aussi intéressants que ceux faits à voix haute.
Je ne sais pas ce que ce concept plutôt banal de mère-fille obligées de se supporter donnait en Australie (une grosse bouse à gros succès d’après notre expert en Aussies Gizz), mais le problème ici est clairement dans l’exécution, car My Name is Earl prouve une demi-heure plus tôt qu’une approche plus réussie de personnages "white trash" est possible. Tout n’est pas à jeter, Molly Shannon se fond plutôt bien dans son rôle et forme avec Michael Higgins un couple pouvant devenir attachant. Mais Selma Blair, que j’apprécie d’habitude, est irritante à surjouer et n’est pas aidée par un script lui demandant de geindre en permanence. L’interprète de Craig le jeune mari est, lui, juste mauvais et transparent.
On ne sait jamais, la série peut se transformer en quelque chose de décent si on lui laisse le temps, comme c’était le cas pour 30 Rock. En attendant, elle donne juste le sentiment qu’NBC est toujours aussi mal barrée puisque même ses jeudis soirs ne ressemblent plus à rien.
Ma Semaine Light à Moi
Gizz fait le tri
Le mois d’octobre est une période importante dans ma vie de sériphile. C’est le moment où la plupart des séries ont été lancées, et commencent à laisser poindre leurs forces et leurs faiblesses, et donc leurs qualités sur le long terme.
C’est donc le moment de faire de l’écrémage, et de remiser au placard celles qui sont plus dignes de la perte de temps que du plaisir, même coupable. Ces décisions tiennent parfois du choix cornélien (voir le Grand Match de Ju la semaine dernière), et l’appréhension d’arrêter de regarder une série qui valait finalement quelques heures de souffrance se fait sentir.
Mais pour moi, pas cette année. Voici un petit résumé de ma semaine :
Le lundi soir, How I Met Your Mother continue de me divertir, malgré mon aversion pour Josh Radnor. Neil Patrick Harris et Cobie Smulders valent bien 20 minutes de ma semaine télévisuelle, et la question de l’abandon ne se pose même pas. Heroes est une autre histoire, si je n’avais pas hérité des reviews, je pense que la première moitié du premier épisode m’aurait suffit pour la remiser au placard. Mais l’appel du devoir est plus fort, et finalement c’est la comédie la plus drôle de cette rentrée. Dernière série du lundi que j’ai pû suivre, Gossip Girl, a complètement perdu sa dimension de guilty pleasure lors du dernier épisode, et le prochain risque dangereusement de ne pas faire partie de ma liste du mardi matin.
Le mardi n’est pas beaucoup plus chargé, 90210 n’a pas passé le cap du pilote et ma curiosité pour Fringe s’est arrêtée lors des 10 premières minutes du deuxième épisode (un manque d’originalité flagrant, des personnages caricaturaux au possible, et des acteurs plus que limites...). Le dernier survivant de cette soirée est pour le moment Privileged, qui m’a complètement déçu cette semaine et qui n’aura pas beaucoup le droit à l’erreur.
Mercredi ! Désormais ma soirée préférée, d’abord grâce à Old Christine. La comédie américaine la plus drôle depuis deux ans n’est jamais décevante et Julia Louis-Dreyfus est merveilleuse. Ensuite, le retour en grande forme de Friday Night Lights, qui même si elle redescendait au dangereux niveau de qualité de la saison 2, ne me verrait certainement pas partir. Dernière série que je regarde encore : Pushing Daisies. J’avais abandonné Bryan Fuller et ses amis assez tôt l’an dernier, et Drum m’avait convaincu de reprendre pour occuper mon été. Finalement la série se laisse suivre, sans grand intérêt, mais sans grandes faiblesses non plus. Pour les séries recalées, Do Not Disturb a tenu 3 épisodes sans grande raison apparente, la série n’étant pas drôle pour un sou. Dirty Sexy Money a perdu la moitié de son intérêt sans Samaire Armstrong, et l’autre moitié n’est pas bien épaisse. C’est un soap pas bien assumé, et le season premiere aura suffit à me le rappeler.
Jeudi. Mon ancienne soirée préférée, du temps où The Office et Scrubs étaient drôles, et où Ugly Betty était une bonne série. Ce temps est révolu, The Office a disparu de ma liste de visionnage après que la rédaction de pErDUSA se soit enthousiasmée sur un season premiere pas glorieux, et que mon dégoût profond pour ce que la série est devenue m’ait frappé en pleine figure. J’ai tout simplement oublié de regarder Ugly Betty lors du season premiere, et ait donc interprété cet oubli comme un signe d’abandon de mon cerveau. Même chose pour le troisième épisode de My Name Is Earl, même si je n’ai finalement rien à reprocher à la série. Quant à Kath & Kim, la pauvreté de la version Australienne, représentant le niveau zéro de l’humour populaire, ne me donne guère envie d’y jeter un oeil. Restent It’s Always Sunny In Philadelphia, décevant depuis quelques épisodes, mais toujours dans mon coeur, et 30 Rock dont l’arrivée se fait tarder, mais qui sera forcément géniale.
Le weekend est pauvre, puisqu’aucune série n’est dans ma liste du vendredi tant que la délectable Psych est en hiatus. Que le samedi n’est que le jour du Saturday Night Live dont je ne regarde que l’introduction et le Weekend Update. Et que le dimanche est mon jour des séries que je n’ai pas encore eu le courage de regarder, avec Dexter et Mad Men. Oublions True Blood, que seul Tigrou peut apprécier (et je le soupçonne de ne pas regarder la série à jeun).
Cette petite sélection s’est finalement faite un peu trop facilement, et tandis que les années précédentes, j’ai toujours eu peur de ne pas avoir assez de temps pour regarder mes séries plus ou moins favorites, cette saison j’ai peur d’avoir beaucoup trop peu de séries à me mettre sous la dent. Heureusement que mes collègues me forcent à rattraper mon retard sur des séries qu’ils prétendent géniales comme Boston Legal, Mad Men ou Farscape, et que les Australiens, les Néo-Zélandais et les Britanniques sont là pour combler mes soirées de désespoir télévisuel, sinon j’en viendrais presque à rallumer TF1.
Procrastinatoire… Quoi ça ?
Tomemoria ne remet pas les choses au lendemain
J’achète souvent le magazine Génériques. Ses dossiers sont pertinents, bien qu’ils trouvent parfois du sens où il n’y en a pas. Analyser du Nip/Tuck comme on analyserait du Resnais, c’est un peu abusé. Dans le dernier numéro, je suis tombé sur une critique de Damages étonnante de mauvaise foi. Sylvain Gourgeon y qualifie le scénario de "procrastinatoire". Outre le fait que je n’aime pas beaucoup qu’un journaliste se donne des airs supérieurs à choisir un mot que je ne vais pas comprendre du premier coup, j’ai vite réalisé que mon confrère n’avait pas vraiment compris la série.
Procrastinatoire signifie « remettre au lendemain ». En effet, les flash-forward distillent au compte goutte les informations. Mais c’est pour ça qu’elle est si passionnante. Entre chaque épisode, le spectateur peut cogiter, avancer des hypothèses, essayer de rassembler les pièces du puzzle tout seul. Bien sûr, ce n’est pas The Wire : à la fin, les réponses sont données et on ne se demande pas à quoi on a bien pu assister. Mais quel plaisir de se demander pourquoi une femme dure et impitoyable comme Patty Hewes se retrouve en larmes face à la mer.

La force de Damages, c’est autant sa narration que ses personnages. Celui de Ray Fiske est particulièrement touchant. Tiraillé entre son amour pour Gregory et ses devoirs envers son client, il fait les mauvais choix et y succombe. Sa dernière apparition bouleversant. Je ne croyais Željko Ivanek capable d’apporter autant d’émotion à un rôle qui semblait au départ sans grands reliefs. Là aussi, c’est la force de la série. Les rôles de chacun ont l’air pré-définis : le gentil petit ami, la naïve avocate, la méchante patronne. Tous changent au cours de la série. Arthur Frobisher aurait pu être le cliché du vilain chef d’entreprise. Bien que détestable, il n’en reste pas moins humain. La meilleure performance revient à Rose Byrne. D’abord affables, ses traits se ferment petit à petit tandis que son caractère s’endurcit et que le personnage devient lentement le reflet de Patty.
Le seul reproche que je fais à Damages, ce sont les rêves des personnages. Je les trouve en décalés avec l’esprit de la série. Je n’en aime aucun. Que ce soit Ray qui perd ses dents, David couchant avec Patty ou Tom écoutant sa patronne le pousser à s’émanciper, tous me paraissent hors de propos. J’espère qu’ils ne reviendront pas pour la saison 2. En attendant, je recommande à tout le monde ce petit bijoux et je pousse un coup de gueule contre Génériques qui a osé laisser écrire : « Ne parlons pas des incessants allers-retours temporels, qui interdisent la moindre somnolence devant son écran ». Ça, c’est de l’argument ! Go Sylvain !
The Honeymoon Bliss is over...
Gizz n’est pas prêt à tout pardonner
Je disais la semaine dernière sur le forum que je pardonnais à Friday Night Lights tous les errements de la saison 2 tant le season premiere était excellent. C’est toujours le cas, mais contrairement aux avis que j’ai pu lire, et qui ont trouvé ce deuxième épisode aussi bon (voire meilleur, pour Blackie), j’ai été un tout petit peu déçu.
La notion de déception est relative, comparée à la douche froide de l’an dernier à la même période, mais à mon humble avis, Tami Knows Best manquait un peu de subtilité et de finesse (oui, c’est un peu la même chose, mais plus la phrase est longue, moins les gens sont susceptibles de la contredire, c’est scientifiquement prouvé), ne serait-ce que par rapport à son titre.
Bien évidemment que Tami est la personne la plus clairvoyante et la plus intelligente du Monde, mais le compliment n’est valable que dans la bouche d’un pErDUSien, pas dans le titre d’un épisode. Sa storyline de nouvelle principale pensant au bien des élèves et se mettant à dos toute la communauté des footeux a tendance à ressembler à un clone d’Erin Brockovich (ce qui n’est pas un compliment). Ce qui est quelque peu dérangeant, c’est qu’on sait pertinemment que Tami a raison, et que tous ceux qui s’opposent à elle sur l’histoire du Jumbotron ne sont qu’une grosse bande de demeurés. Buddy Garrity, qui n’est pas personnage facile à aimer, ne passe plus pour un amoureux du sport prêt à se couper un bras pour assister à un match, mais plutôt pour un fanatique écervelé prêt à vendre sa mère pour en gagner un. La frontière est fine, et cet épisode le fait passer du mauvais côté.
Et ce n’est pas la seule intrigue un peu légère. Si dans le fond, les histoires de Tyra et de Tim sont plutôt de bonnes idées, l’écriture et la réalisation beaucoup moins précises et fines que ce que la série a pu nous offrir (même pendant sa deuxième saison). Je n’ai rien contre le fait de voir des jeunes filles à moitié dénudées sur le parvis du lycée (bien au contraire), mais j’en ai un peu plus contre un manque d’alchimie entre Tyra et Tami, ou contre un principal adjoint digne du Coach de l’an dernier dont j’ai déjà oublié le nom (du coach comme du principal adjoint).
Le point le plus positif de cet épisode tournait autour des histoires de Matt, avec sa grand-mère toujours aussi attachante qui sombre lentement dans la démence, son émancipation forcée qui ne sort pas d’une crise d’adolescence poussée, et les retrouvailles timides avec sa mère. Le reste de cet épisode m’a paru beaucoup moins vivant et un peu plus vide d’émotions (shut up, Riggins !).
Je ne dis pas que la série est mauvaise, elle est toujours digne de Friday Night Lights, et est beaucoup mieux écrite et agréable à suivre que 95% des séries dont nous parlons sur le site, mais avec quelques efforts supplémentaires elle peut très facilement retrouver la perfection d’une période de son passé composée de matches sous la pluie et de Tami qui avait toujours raison, mais moins.
Remplissage
Ju trouve toujours quelque chose à dire
Il y a un mois, suite au premier Notre Débat à Vous de l’année, j’ai commencé une intégrale d’Alias, dans le but non dissimulé d’écrire un article prouvant une bonne fois pour toute que j’ai raison (et que tout le monde a tort) lorsque je dis que la première saison est meilleure que la deuxième. Le fait est que je ne suis pas encore arrivé au terme de ce petit projet (laissez-moi deux ou trois semaines). Par contre, j’ai suffisamment avancé pour qu’une révélation surprenante me soit apparue : j’adore Francie.

Jusqu’au milieu de la saison 2 (quand, pour une raison qui m’échappe, elle commence à forcer sur le mascara), les petites histoires de Francie sont un contre-point indispensable à la vie hyper compliquée de Sydney. Et c’est seulement en revoyant la série une nouvelle fois que je suis arrivé à considérer ces scènes comme autre chose que du remplissage, et à ne pas râler en attendant que la vraie histoire reprenne. Après avoir vu comme ce genre de scènes manquait dans les trois dernières saisons, j’ai réussi à les apprécier vraiment, et je me suis rendu compte à quel point elles étaient partie intégrante de ce qui faisait la force de la série.
Il faut dire qu’il lui arrive des choses géniales, à Francie, quand on y prête attention. En compagnie de Sydney, elle espionne son petit ami, Charlie, parce qu’elle croit qu’il la trompe. Mais en fait, non, il rêve juste de faire carrière comme chanteur de bar. Alors elles vont le voir. Il chante bien, ouf. Ensuite arrive la soirée de Thanksgiving où il lui demande sa main, et tout le monde est très ému pour elle. Y compris moi, ils ont l’air si heureux !
Mais en fait, Charlie la trompait, donc ils se séparent après le voyage à Las Vegas où ils ont failli se marier. Du coup, Syd et Francie décident de retirer leur bague de fiançailles en même temps. Parce qu’elles sont BFF. Puis Francie nous fait une petite fixette sur Kobe Bryant, mais ça ne dure qu’un seul épisode. Enfin, Francie croit que Sydney a une aventure avec son patron (qui est Sloane, donc on va faire comme si on n’avait rien entendu), et finalement, comme point d’orgue à toutes ses intrigues de la saison, elle décide d’ouvrir un restaurant dans la fameuse scène du « Syd, j’ouvre un restaurant ! ». Génial.
Toutes ces scènes de la vie quotidienne, ça me rappelle quand Blackie et Joma essayent de faire regarder Farscape à Gizz, qui lui veut simplement renommer le site en pErDAUSSIE. Ou quand la moitié de la rédaction manque de se faire arrêter pour terrorisme après avoir lancé des recherches simultanées sur les armes de la Seconde Guerre mondiale pour rendre servir à Feyrtys. Ou encore quand Jéjé fait semblant de travailler sur des sujets pour Vus d’En Haut alors qu’en fait il regarde Bonne Mais Conne à la Recherche du Bonheur, Saison 12 sur Bravo.
Tout ça pour dire que, tel Francie, le petit texte que vous venez de lire ne tenait pas du remplissage. Non, ce texte n’a pas seulement été écrit parce qu’il fallait que quelqu’un se dévoue pour remplacer Conundrum. Non, comme Francie, ce texte servait en fait à humaniser la rédaction de pErDUSA, et à vous offrir une petite distraction bienvenue pour vous libérer de la folie ambiante.