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Blackie in the City - Présentation de la web-série Burning Love, avec Ken Marino

N°1: Les Tuyaux de l’Amour

Par Blackie, le 7 juillet 2012
Publié le
7 juillet 2012
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L’univers des séries et la façon dont elles sont produites ont bien changé. Aujourd’hui, beaucoup prolifèrent sur internet plutôt qu’à la télévision. Ce média n’est plus l’apanage des artistes sans le sou cherchant à se faire connaitre, ou des petits bonus servant à promouvoir un produit principal sur une chaine. Depuis le succès de The Guild, il a été prouvé que le Net peut être un vrai succès commercial en proposant des programmes plus courts et moins couteux. Dorénavant, tout le monde s’y met. Même Hollywood.

YouTube propose par exemple sa propre chaine de séries originales, "Wigs", dont les mini-séries dramatiques réunissent des acteurs connus comme Julia Stiles (Blue), Jennifer Garner (Serena) ou encore Stephen Moyer (Jan).
Sur Yahoo, on se prend beaucoup moins au sérieux avec une panoplie de sketchs et comédies, dont Burning Love. Que vous trouverez .

Co-produite par Ken Marino, Ben Stiller, Erica Oyama (et d’autres gens que je ne connais pas), son principe est très simple : parodier The Bachelor.
En plus d’en être aussi le réalisateur, Ken Marino (Veronica Mars, Party Down) incarne le rôle de Mark Orlando, pompier bénévole cherchant à se marier. Ou à sortir avec plein de femmes en même temps sans se prendre la tête, il ne sait pas trop. On se retrouve donc dans un schéma identique à l’émission populaire, en à peine plus condensé et caricatural. Le célibataire convoité élimine les candidates petit à petit dans une maison somptueuse. Et plutôt que de leur donner des roses, Mark leur offre de symboliques petits tuyaux.
Le niveau de romance est fort.

Surtout, c’est très drôle. D’une, parce que les auteurs connaissent très bien leur sujet et reprennent absolument tous ses codes : on a droit aux apartés avec l’Hôte, aux rencards personnels et aux challenges qui font hurler tout le monde. Le moindre détail est travaillé à chaque plan, qu’il s’agisse de refaire une des fameuses marches contemplatives ou d’avoir des décors en carton pâte. C’est complètement con, et ça marche.

Quant aux femmes, elles représentent tous les clichés possibles des candidates : il y a la religieuse, la psychopathe, la névrosée, la couguar... et la plupart travaillent dans l’hygiène dentaire. L’objet de tous les désirs, Mark, est évidemment lui-même un abruti fini.

L’autre énorme bon point, qui amène la série un peu plus haut que la gentille parodie, est que Marino s’entoure d’une incroyable brochette de comédiens. Anciens collègues, visages familiers et autres moins, dans des rôles importants ou des apparitions de trois secondes.

Michael Ian Black (Ted) est l’Hôte de l’émission et Adam Scott (Parks and Recreation) le psy de Mark. Parmi la horde de femmes à ses pieds se trouvent entre autres Kristen Bell, Malin Ackerman (Watchmen) et Carla Gallo (Carnivale). Stiller et sa femme apparaissent aussi comme l’ancien couple gagnant de l’émission, venu éclairer Mark de précieux conseils. Pour le reste, je vous laisse la surprise, d’autant que vous ne devinerez jamais qui se trouve sous le costume de panda. Mais on a franchement l’impression d’être devant un gros délire d’une bande de copains.

Chaque épisode laisse assez entrevoir quelle candidate va se faire éliminer, puisqu’il s’agit de celle sur laquelle l’épisode se concentre principalement. A l’heure ou je tape ces lignes, je ne sais pas encore qui sera la gagnante, mais j’ai ma petite idée depuis un moment et je grimace de bonheur a l’avance.

La seule chose que j’ai à reprocher à la série est son format trop court et le peu de vidéos bonus sur le site, car sept minutes par épisode ne me suffisent pas. Je veux passer plus de temps à connaitre chaque personnage, d’autant que chaque résumé et preview offrent des moments inédits prouvant qu’il y a eu bien plus de matériel tourné. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il y a plus d’improvisation qu’on nous le dit. Mais il faut bien se faire à l’idée qu’un tel système de diffusion, sans aucune coupure publicitaire, n’est possible que grâce a son micro format.

C’est le talent de Ken Marino, qui porte la série sur ses épaules à tous les niveaux, que je retiendrai forcement le plus. Son charme et son timing comique parfait me rappellent beaucoup Nathan Fillion (en espérant que sa carrière mettra moins longtemps à décoller). Si sa capacité à jouer un adorable crétin fini vous a moyennement convaincus jusque là, je vous garantis que sa version du Bachelor provoquera plus d’étincelles. (Ainsi que quelques démangeaisons).

N’hésitez pas à jeter un œil à Burning Love, cela ne vous prendra pas longtemps. Et c’est la websérie idéale pour réconcilier les amateurs de bonnes vieille télé réalité de l’été et ceux qui n’aiment que le scripté.

Blackie