N°121: Sponsorisée par Mark Burnett
15 février 2010
Episode Semaine
Six years, nineteen seasons, one crazy guy
Jéjé, l’histoire d’un fan français de Survivor
Pendant un temps, quand mon téléphone sonnait, c’était Survivor qui retentissait.
Pas la musique du générique. C’était le morceau de la séquence d’introduction du premier épisode de Pearls Islands. (Pour les plus curieux, c’est à partir de 1 minute 50 sur cette vidéo, et je le maintiens, c’est la meilleure intro toutes saisons confondues !)
Et à cette époque, je pouvais ne décrocher qu’au dernier moment juste pour savourer les quelques secondes de musique grandiloquente et entendre Jeff Probst déclamer : "Thirty nine days, Sixteen people, One Survivor" !
Oh ça va, c’est toujours moins ridicule que la sonnerie des téléphones de la CTU ! (Bon, ok, je ne suis pas sûr, mais on se rassure comme on peut !)
Oui, j’ai été bien accro à Survivor. Et là, je suis un petit peu inquiet parce que je ne sais pas où j’ai bien pu mettre mes deux buffs Survivor : Guatemala !
Bref, après un premier épisode particulièrement prometteur de la 20ème saison, j’ai essayé de me rappeler comment avait débuté cette passion.

De façon un peu triviale, tout commence avec Koh-Lanta à l’été 2004.
J’avais vaguement suivi la première saison sans y prêter plus d’attention, mais cette fois-ci, je suis plus intrigué. Je dois voir deux épisodes en quelques jours et j’en viens à me demander ce que le concept peut donner à la télé US.
J’en parle à mon ami américain Pete Dorante, qui, incroyable, a enregistré toute la saison 4 en VHS, et qu’il me prête avec sa bienveillance habituelle.
Je suis au départ un peu gêné par les références permanentes à Dieu de deux concurrents. Cependant, le petit jeune, en rouge, qui bosse sur les chantiers, a un bon potentiel d’ordure. Je suis un peu amusé par son arrogance et ses stratégies déviantes avant de développer une haine viscérale à son encontre et d’enchaîner les épisodes avec l’espoir de le voir partir.
C’est ainsi que je dois voir la saison en quatre jours, mais la victoire de la folle de Dieu me déçoit et je passe à autre chose.
Quelques semaines plus tard, la rentrée séries commence. Avec Desperate Housewives et Lost, mon ami Rupert Nova me ramène des Etats-Unis les premiers épisodes de la neuvième saison de Survivor. Je ne fais pas la fine bouche et j’en regarde quelques-uns. Avoir fait une équipe d’hommes contre une équipe de femmes se révèle une bonne idée, sachant que les bonshommes bien machos en prennent pour leur grade. Et personne ne remercie Dieu toutes les quatre secondes dans ces épisodes. Mon intérêt grandit.
Sur TF6, je tombe sur un épisode de la saison 2 (The Australian Outback), avec un doublage en français abominable en voice-over. Rendez vous compte, Buffy double la moitié des candidates. Le rythme de diffusion quotidien impose une grande rigueur de programmation du magnétoscope et l’impensable arrive alors... J’oublie un jour d’enregistrer Survivor !
Je suis au bord du désespoir.
Pete et Rupert ne peuvent pas m’aider, ils n’ont pas cette saison-là chez eux. Je sors noyer mon chagrin dans l’alcool quand je rencontre mon pote mARC.
Je m’accroche à un lampadaire pour ne pas tomber, il possède tous les épisodes diffisés de Survivor. Je récupère l’intégralité d’Outback, regarde les premiers épisodes que j’avais manqués sur TF6 et me fait l’intégrale en quelques jours.
J’hésite à aller sur Internet pour me renseigner sur les meilleures saisons, je ne veux pas me faire spoiler. Je me souviens d’une couverture d’Entertainment Weekly : c’est Matt LeBlanc avec son sourire niais et en sous-titre "It feels good to kick Survivor’s Ass" et je me précipite dans mes archives ! Manque de chance (je crois), j’y découvre une photo de Richard Hatch dont j’apprends qu’il fut le premier vainqueur du jeu. Et je me souviens avoir entendu quelques années auparavant à la radio français qu’un gros homosexuel faisait les gros titres après avoir des millions à l’émission la plus populaire de la télé. Je décide donc qu’il n’est pas très utile de regarder cette saison-là !!
Je dois voir ensuite la saison 3, en Afrique... Mes souvenirs de cette époque-là se brouillent un peu puisqu’en l’espace de quelques semaines, je vais en regarder six saisons. Je me rappelle cependant être très intrigué par celles dite "All-Stars". Je sais que je ne dois pas la regarder avant d’avoir terminé celles qui la précédent mais l’appel de l’interdit est le plus fort, et j’en regarde l’intro une bonne dizaine de fois. Pour me rendre compte qu’il y a pas mal de candidats de la première. Je reviens sur ma première idée et regarde The Saison, la fondatrice, celle où l’un des candidats vote avec la méthode de l’ordre alphabétique, celle des "Snakes and Rats", celle de Richard ! Une passion est née !
Pour moi, ces neufs saisons vues en l’espace de trois mois représentent les origines de Survivor tandis que les dix suivantes sont situées à une époque différente. Et pour célébrer la 20ème édition, j’aurais bien aimé un Origins vs. Next Generation !
On ne panique pas, je vous épargne la liste des équipes !
C’est la Crise !
Ju est beaucoup trop lucide
Quel bonheur, l’épisode de The Office de cette semaine !
Avec The Office, je peux déjà me projeter dans quelques années, assis la larme à l’œil devant le dernier épisode de la série, très réussi, très drôle, très émouvant, à me rappeler d’un seul coup avec surprise à quel point, à une époque, la série était bonne.
Très clairement, c’est bien vers là qu’on se dirige. Il ne fait plus aucun doute pour moi que The Office est bel et bien entrée dans cette période de la vie des séries où le meilleur est derrière nous, et où elle va tituber difficilement pendant des années vers une annulation bien méritée, et bien trop tardive. Une période à la con où je vais me sentir obligé de m’infliger chaque épisode, uniquement grâce à la bonne volonté accumulée par la série pendant ses cinq premières saisons.
Le fait est que la sixième saison de The Office tourne à vide, se répète, et recycle violemment de vieilles intrigues sans jamais rien apporter de neuf. Une de mes comédies préférées jusqu’à l’an dernier n’est même pas dans mon top 5 cette saison. Et il aura fallu un épisode plutôt réussi, comme celui de cette semaine, pour que je m’en rende enfin compte.
Intrigues recyclées comme intrigues toutes neuves, tout est au mieux bancal, au pire embarrassant. Parce que niveau recyclage, Dunder Mifflin racheté par une société spécialisée dans les imprimantes, ce n’est rien de plus qu’une variation sur un thème habituel qui nous avait déjà proposé Ryan en patron barbu et Stringer Bell poussant Michael à la démission. Un thème qui nous éloigne à chaque fois, et de plus en plus, des petites intrigues de bureau qui ont fait la force de la série pendant longtemps.
Du même acabit, le flirt innocent d’Andy et Erinn est peut-être ce qu’il y a de plus représentatif d’une série qui n’a plus rien à raconter. C’est très forcé, à peine mignon, pas une seule seconde original. Et si Ed Helms a bien mérité sa place au générique (une première pour la série), ce n’était certainement pas pour ça.
Quant à l’arc 100% neuf de la saison, Jim qui devient co-manager, il aura duré une petite douzaine d’épisodes seulement, pour au final avoir comme unique conséquence de rendre Jim complètement antipathique. Bravo.
Car oui, les adorables Jim et Pam, cette année, ils sont bien insupportables, et ils l’ont été pour la plus grande partie de la saison, autant grâce à Jim en patron que grâce à Pam, dans l’arc ahurissant de nullité où Michael sortait avec sa mère. Hein ? Il fallait le trouver, le moyen de détruire le couple vedette et de rendre Michael caricatural après le super boulot fait sur le personnage la saison passée, et les scénaristes ont réussi. Avec brio.

Donc, pour résumer, une saison sans une seule intrigue un peu originale ou drôle, des personnages ternes qui ont subit une ablation de la personnalité, et une série qui a perdu tout ce qui faisait son charme, en même temps qu’elle a perdu Mike Schur, parti diriger avec talent toute la petite troupe de Parks and Recreation. Coïncidence ?
Non.
Bye-bye West-Dillon
Gizz fait le point sur FNL
Promis, c’est la dernière fois de la saison que je vous parle de Friday Night Lights.
Après ce season finale, et mes doutes naissants sur la série depuis quelques épisodes, je peux enfin regarder un peu en arrière, et juger de ce qui m’a dérangé (et de ce qui m’a enchanté) dans cette quatrième saison.
Comme je l’avais déjà dit sur le forum, ce que je reproche particulièrement à cette saison est le manque de conséquences des divers agissements des personnages sur l’intrigue. Je préciserais un peu ma pensée en disant que finalement, tous ces gestes ont des répercussions, mais bien plus maladroites et décalées que ce qu’on pouvait attendre de la série. Si les actions illégales de Tim et son frère s’avèrent punies en fin de saison, c’est seulement pour tenter de nous faire décrocher une larme par un sacrifice absolument illogique. Pire, avant de partir, Tim dit à Becky qu’elle pourra toujours compter sur sa famille en cas de besoin, comme pour lier de force un personnage à un groupe qu’elle n’a plus aucune raison de fréquenter.
J’avoue aussi mon désintérêt pour le triangle amoureux Landry/Vince/Jess, malgré toute ma sympathie pour Landry, l’issue était courue d’avance, et la série commence à avoir fait le tour de ce petit jeu géométrique fétiche des scénaristes.
Vince, qui avait pourtant un intérêt fort en début de saison, se retrouve piégé dans le jeu des gangs, et s’en sort grâce aux sentiments qu’il a pour Jess. C’est dommage quand on a passé le début de saison à nous faire miroiter le fait que ce soit le football et le personnage du Coach Taylor qui étaient en mesure de lui faire retrouver un chemin un peu plus droit.
Luke, lui, a certainement eu la meilleure introduction de cette saison. Ce transfuge de West Dillon qui ne demandait qu’à jouer au foot avec les meilleurs et qui se retrouve à mener une équipe de bras cassés. On pouvait là aussi attendre autre chose qu’une blessure bêtement cachée (et couverte par Tim, encore plus bêtement), qui ne lui vaudra qu’une petite réprimande. Pire, quand Coach Taylor lui annonce qu’il sera assis sur le banc mais qu’il ne jouera pas, on sait pertinemment qu’il finira sur le terrain pour une raison ou pour une autre. Et quand il y est, sa blessure fait mal, mais a là encore bien peu de conséquences.
Je reprocherai donc à la série d’avoir gâché ses nouveaux personnages, ne leur donnant que l’envergure de personnages secondaires qui ne servent qu’à renouveler un peu le paysage autour de cette petite troupe bien installée. Heureusement, nos anciens sont un peu mieux servis cette saison, et nous ont offert quelques très bons moments, à commencer par le ’départ’ de Matt, figurant parmi les rares moments de télévision à m’avoir vu pleurer. Les Taylor ont aussi eu leur dose de bonnes intrigues. Eric n’est jamais aussi bon que quand il est conspué par la ville, comme dans ce final, et Tami est de la même trempe. L’intrigue de fin de saison de Tami est d’ailleurs l’exemple parfait de ce que j’expose plus haut, à savoir le fait que les intrigues des nouveaux personnages (l’avortement de Becky) sont vides de conséquences pour eux, et mises à profit pour les anciens (le ’procès’ de Tami). Cette guerre contre Tami était très bien menée (scénaristiquement parlant), et aurait pu conclure la saison sur une note parfaite, si seulement elle ne s’était pas transformée en un tour de passe-passe pour réunir les Taylor à East Dillon l’an prochain. Pour le coup, j’avoue ne pas l’avoir vu venir, et c’est certainement parce que ça n’a absolument aucune logique. C’est aussi dommage d’oublier ce clivage des deux lycées, et d’abandonner totalement West Dillon, qui aurait mérité un peu plus d’antenne cette saison et qui est voué à disparaître de nos écrans maintenant que Tami en est partie. C’est relativement dommage pour les personnages des McCoy, et j’espère que les scénaristes n’oseront pas les faire venir à East Dillon par un truchement certainement décevant.
Voilà. Mais là encore, si je critique la série avec autant d’acharnement, c’est parce que je la vénère profondément, et même dans ses passages à vide comme peut l’être à mes yeux cette fin de quatrième saison, la série est toujours un cran au dessus du reste du paysage audiovisuel américain. Pour l’année prochaine, il faut leur souhaiter d’implanter un peu plus fortement leurs nouveaux personnages (et en trouver d’autres), à virer Taylor Kitsch et Aimee Teegarden qui ont fait leur temps et qui méritent autre chose que cette lente agonie, à profiter du fait que le couple Taylor est un des plus beaux de l’histoire de la télévision et qu’il a encore des choses à raconter, et à jouer au football.
Not now Barb, I just want to enjoy my sundae
La golden week de Feyrtys
J’ai de plus en plus de mal à trouver l’inspiration pour parler de séries. Il me faut soit une série suffisamment bonne, soit particulièrement mauvaise pour me donner envie d’écrire, et la plupart du temps, à la fin d’une semaine passée à en regarder, j’ai l’impression de n’avoir eu droit qu’à des épisodes médiocres. C’est tout juste si j’arrive à retenir un élément mémorable. J’ai parfois l’impression de regarder toujours la même chose.
J’en étais venue à penser que j’avais perdu tout enthousiasme pour les séries. La dépression me guettait. Je m’apprêtais à rejoindre le clan des tristes gens, des croquants, des blasés de la vie.
Heureusement, il y a des semaines où les épisodes formidables s’enchaînent, des semaines où on prend claque sur claque. Comme cette semaine.
Big Love qui traite de façon magistrale des "lost boys", la vieille Christine qui se prend pour une mère, Friday Night Lights qui me fait pleurer, Justin Theroux en sale égoïste dans Parks and Recreation, le meilleur season premiere de Survivor jamais diffusé… J’ai été gâtée. Probablement le meilleur cadeau de St Valentin dont je pouvais rêver.
Si je ne devais retenir qu’un seul épisode cependant, ce serait probablement celui de Big Love. Cette série ne cesse de me surprendre et de m’impressionner. C’est bien simple, à la fin d’un épisode de Big Love, je suis dans le même état qu’à l’époque de The Shield ou de The Wire : sans voix, choquée, abasourdie. C’est vous dire si vous passez à côté d’un petit bijou.
Big Love est probablement la série la plus intense et la mieux écrite à l’antenne actuellement. Elle aurait pu souffrir d’avoir une saison raccourcie à 9 épisodes, mais elle s’en sort encore mieux que la saison dernière. Elle s’attarde moins longtemps sur les personnages secondaires, et va directement à l’essentiel : la lente mais inexorable implosion de la famille polygame.

Il est parfois difficile de suivre tous les enjeux présentés (entre la politique, le casino, le compound, on ne manque pas de rapports de force et de manœuvres sournoises) mais les acteurs et les dialogues sont tellement convaincants qu’on se laisse emporter avec plaisir par les émotions, les tensions et les rapports de force qui se jouent sous nos yeux.
Et puis il y a la formidable Sissi Spacek en lobbyiste… On ne le dit jamais assez, mais les personnages féminins de Big Love sont parmi les plus intéressants et les plus complexes de la télévision actuelle : Barb, Nicki, Margene, Lois, Adaleen, Sarah, Wenda n’ont rien à envoyer aux femmes de Mad Men, ou de The Good Wife. Elles sont le cœur de la série, et la raison pour laquelle il est tout simplement possible de l’aimer.